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DIA...blog !

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DIABLO est mon pseudo pour ce blog. J'ai 58 balais, j'ai des origines corréziennes, j'habite près de Paris mais on peut parfois me rencontrer en Normandie, entre Arromanches et Ouistreham. Je suis cadre administratif, syndiqué à la CGT, dans une multinationale faisant partie du CAC 40.  Je me définis comme un patriote républicain, fervent défenseur de l'indépendance nationale et de la souveraineté populaire. Membre d'aucun parti, j'assume, par ailleurs, ma sensibilité communiste et me définis comme un "rêveur de mieux". Je pratique le dessin et la photo en amateur. J'anime ce blog et vous invite à commenter mes publications. Echangeons, débattons... Salut et fraternité

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Quelques-unes de mes lectures : Outre de nombreux livres, je lis régulièrement LE PARISIEN, L'HUMANITE-DIMANCHE, LE MONDE DIPLOMATIQUE, parfois L'HUMANITE; mais aussi MARIANNE, OUEST-FRANCE et des revues comme SINE-HEBDO, LE SARKOPHAGE, LE PLAN B, CQFD ou encore COMMUNE revue trimestrielle. Je lis très rarement LE MONDE, LE FIGARO ou LIBERATION et je boycotte CHARLIE-HEBDO. Je  suis  également  abonné  à INITIATIVE  COMMUNISTE, le  mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France.

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Précisions de DIABLO:
1-  Mon blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non-commercial et totalement amateur. Les images , les textes dont je ne suis pas l'auteur ainsi que  les musiques et chants seront supprimés de mon blog sur simple demande par courriel.
2- Je publie textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses.Ces publications ne signifient pas que je partage toujours totalement les points de vue exprimés.
3- Je décline toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens.


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- Salut !
- Et fraternité !
- La République ?
- Nous appelle !
- Une ?
- Et indivisible !
- Démocratique ?
- Et sociale
"Quand le gouvernement viole les droits du Peuple,
l'insurrection est pour le Peuple
et pour chaque portion du peuple
 le plus sacré des droits,
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Article 35 de la Déclaration des Droits
de l'Homme et du citoyen du 24 juin 1793

 


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sur le blog EL DIABLO
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"En régime capitaliste,
les Etats-Unis  d'Europe
sont impossibles ou réactionnaires".
(Wladimir Illich Oulianov dit "Lénine")
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"Dans l'idée de résistance,
il y a, au départ, une obligation
de désobéissance
à ce qui paraît insupportable."
(Lucie Aubrac)
*
"Le pouvoir créera des vertiges tant qu'il ne  sera
pas partagé par tous"
(Louise Michel)
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"L'avenir n'est pas une amélioration
du présent, c'est tout autre chose"
(Elsa Triolet)
*

Attention à ne pas mélanger deux choses : supranationalisme et internationalisme. L'union Européenne est une institution supranationale  et non internationale. L'internationale comme son nom l'indique exprime les relations, les échanges fraternels, équitables et anti-impérialistes, entre (internationale) les différentes nations (internationale).

*
Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.







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de Salah Hamouri



 

Débat communiste

Dimanche 1 novembre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

Chers amis, chers camarades,

Notre assemblée se tient après la manifestation exigeant une politique nationale de ré-industrialisation qui a rassemblé des salariés de nombreuses entreprises. Parmi elles, les « Continental » de Clairoix, les « Molex » de Montauban, les « GoodYear » d’Amiens et tant d’autres entreprises en lutte qui ont marqué l’actualité sociale de ces derniers mois.

Cette initiative, voulue et décidée démocratiquement, est déjà une réussite par son existence même.

La participation massive, l’ambiance fortement colorée et les mots d’ordre offensifs de cette manifestation, initiée par la CGT seule, a démontré que les rassemblements sur le plan interprofessionnel doivent toujours être à l’ordre du jour, car porteuses de mobilisations plus larges.

Cette manifestation vient ponctuer une semaine où a eu lieu également la grève à la SNCF qui a rassemblé plus de 30% de grévistes. Ce qui, dans les conditions de sa préparation et de sa conduite (pression managériale, résignation après le mouvement interprofessionnel avorté du début de l’année, désinformation et trucage des chiffres de la direction SNCF, …) démontre là aussi que le monde du travail est loin d’avoir abdiqué et cherche à riposter en unissant ses forces !

Les difficultés et obstacles au développement de ce mouvement sont nombreux mais pas insurmontables. Pour ce qui nous concerne et tout en restant dans notre axe d’activité consistant à contribuer idéologiquement à la compréhension des enjeux et à la définition d’objectifs anticapitalistes, nous devons échanger ce soir sur la situation.

D’abord pour prendre toute notre part dans la bataille idéologique autour des raisons profondes de la crise et du non sens que véhiculent les idéologues du capital en annonçant la sortie de crise « imminente ».

La crise du capitalisme, inhérente au système et niée, pour cette raison, depuis plusieurs décennies, a éclaté au grand jour il y a un peu plus d’un an. C’était plus que prévisible après plus de 25 ans d’orgies spéculatives, encouragées par les politiques successives d’austérité salariale qui ont produit un transfert de 10% des revenus du travail vers ceux du capital dans la répartition des richesses créées. Cela représente plus de 170 milliards d’euros par an.

Baisse des salaires, casse de l’outil industriel, chantage à l’emploi par la multiplication des plans de licenciements, baisse du salaire socialisé (exonérations des « charges patronales »), allongement de la durée de cotisation retraite, décotes, déremboursements, forfait hospitalier en hausse permanente, baisse des prestations sociales (pensions et indemnités), etc…, tout cela a participé à ce transfert à l’échelle du pays, du continent et de la planète toute entière. Le libre échange et la liberté de circulation des capitaux, présentés comme indépassables et promus dans l’union européenne, ont été les outils du capital pour parvenir à ses fins. La mondialisation et la multiplication des échanges commerciaux, présentés comme porteur de prospérité future ont conduit à une confiscation du pouvoir des peuples sur l’économie. Tout cela avec la complicité active des élus de tous bords. Oser parler de nation et de mesures protectionnistes contre le dumping social et vous êtes immédiatement taxé de nationaliste, d’archaïque voulant emprisonner les individus dans des frontières infranchissables. La mode (la pensée unique) a touché même ceux qu’on aurait pu croire imperméables à ces manipulations sur de fausses bonnes intentions comme la liberté d’aller travailler où on veut.

Comme si l’aliénation du travail au capital nous laissait le moindre espace pour décider du contenu du travail, de sa rémunération, de ces conditions et de la liberté d’aller où on veut, quand on veut. Le piège idéologique du capital s’est refermé et il faudra, pour en sortir, d’autres ambitions que celles d’exiger des normes sociales au niveau des 27 pays et de la planète entière, constitutif de la fable de « l’Europe sociale » dans le cadre capitaliste. Qui ose encore parler de coopérations mutuellement avantageuses à part les gouvernements représentant les peuples de l’ALBA en Amérique latine ?

L’effet pervers le plus visible du transfert de richesses, voulu par ces politiques coordonnées, a été l’obligation faite aux ménages de recourir aux crédits pour continuer à consommer ou plutôt simplement subvenir à leurs besoins. Et c’est en spéculant sur les sommes prêtées pour accéder à un toit aux USA, en Grande Bretagne ou encore en Espagne que la bulle financière, désormais plus importante en montant que le total des richesses créées annuellement, a éclaté et que les états, interdits jusqu’ici d’intervenir dans la gestion des entreprises, ont été appelés à renflouer les poches des actionnaires en puisant dans les finances publiques.

Pour venir en aide aux capitalistes, là, il n’était plus question de respecter les critères de Maastricht et les caisses vides de l’Etat se sont soudain trouvées disponibles pour sauver le système.

Un an plus tard, voilà les pyromanes sont à nouveau en situation de nuire. Pire, les capitalistes, cyniques par nature, ont flairé l’aubaine : se servir de leur méfait pour pousser plus encore la restructuration de l’industrie mondiale. C’est là la raison des épisodes « Continental », « Molex », « Alcatel », « Arcelor Mittal », et tant d’autres qui avaient pourtant des carnets de commande pleins pour plusieurs années.

Profiter de la crise pour délocaliser et confisquer les brevets, voilà ce qui est à l’œuvre actuellement. C’est un hold-up sur ce qu’il reste de notre industrie !

Je vous renvoie à lecture du document que nous avons édité au printemps intitulé :

« La crise : L’insoutenable coût du Capital sur le Travail, l'économie et la société », disponible sur notre site, qui reste sous-utilisé par les adhérents de notre association dans leur activité quotidienne.

La réalité de l’aggravation de l’exploitation capitaliste ne peut plus être niée et il y a un lien de cause à effet avec la montée de la souffrance au travail. Les travailleurs qui se donnent la mort sur le lieu de travail, et tous ceux qui le font chez eux dont on n’a pas connaissance sont des victimes dramatiques de l’exploitation du Capital.

Pour faire reculer la pression de ce système inhumain, pour véritablement sortir de la crise, il faut se fixer des objectifs ambitieux et s’attaquer aux causes de celle-ci. Il en va ainsi de la question déjà évoquée du libre échange et de la liberté de circulation des capitaux. Continuons à développer notre argumentation qui aboutit naturellement à l’exigence de sortie de l’UE et de l’euro ! Se libérer de ce carcan est une nécessité. Aucune autre hypothèse ne peut être sérieusement envisagée. L’exemple des Irlandais qui ont dû voter à nouveau sous pression est éclairant. Les mécanismes institutionnels et économiques de l’UE semblent insurmontables. Ils ont été conçus pour cela. On peut retarder les projets mais l’outil du capital, qu’est l’intégration européenne, a les moyens de contourner les obstacles et parvenir à ses fins. La souveraineté des peuples n’est acceptée que si elle se soumet au diktat de l’intégration européenne. Lassés et soumis au chantage des subventions, dans un contexte de faillite de l’Etat, les irlandais se sont finalement résignés à voter OUI. L’espoir né dans toute l’Europe, lors de la consultation de juin 2008 peut s’en trouver amoindri. Mais pouvait-on admettre de déléguer son pouvoir à ce grand peuple par l’esprit mais limité en nombre par rapport à l’ensemble du continent ? En France, les serviteurs du capital, Sarkozy en tête, ont utilisé les institutions, qui leur permettaient formellement de dessaisir le peuple, pour lui imposer contre sa volonté la poursuite de la désintégration de la société française. Rappelons aussi la complicité des parlementaires du PS qui par leur abstention bienveillante lors de la réforme constitutionnelle validant le traité simplifié, ont privé le peuple français d’un autre référendum.

Mais le fond politique reste : le mandat donné en 2007 au Président de la République et aux parlementaires ne pouvait aller au-delà de l’expression directe lors du référendum de mai 2005. Il s’agit d’une forfaiture, acte grave qui n’a d’égale que la « haute trahison » !

Il n’y a pas à chercher plus loin les raisons de l’abstention massive (+ de 60%) lors des élections européennes. Rappelons notre position de l’époque de refus de vote militant publiquement assumé.

Je vous invite à relire ce que nous déclarions fin mai-début juin. Cette abstention est quasi-générale dans les 27 pays de l’UE. Il y a là matière à rester optimistes d’autant que des contacts sur le plan international sont possibles et ont été évoqués lors d’un bureau de notre association.

Mais nous avons aussi un rôle propre à jouer dans notre pays. Pour en revenir à la « crise », nous avons montré comment les piliers du « modèle social français » (salaire socialisé et secteur public nationalisé) ont permis de mieux absorber les conséquences directes de l’explosion financière, de par l’existence d’un système de protection sociale et de services publics, exclus du champ de la spéculation directe. Ce fait majeur est manifestement sous estimé y compris par celles et ceux qui militent pour leur défense. Alors que Patronat et gouvernement font de sa démolition un principe pour faire disparaître l’exemple, nous avons probablement une solution sous les yeux à condition de lui donner toute sa dimension politique dans l’affrontement capital/travail.

C’est ainsi qu’il serait judicieux de prendre le dossier de « la Poste ». Le mouvement autour de la défense de ce service public est contradictoire. D’un côté, ceux qui ont initié le processus à l’œuvre ont pu parader lors de la votation sans l’esquisse de la moindre autocritique. De l’autre, la participation importante démontre que notre peuple n’a pas abdiqué depuis son NON en mai 2005 et exploite toutes les opportunités pour s’exprimer à nouveau. Il est clair que le mot d’ordre de « refus de la privatisation » doit s’accompagner de l’exigence de rejet pur et simple de la directive postale européenne pour être vraiment efficace, pour contribuer à une véritable remise en cause des prétentions du Capital. La Poste doit recouvrer le monopole de l’ensemble de ses activités sur le territoire national. Et cela nous renvoie au débat évoqué plus haut sur le combat contre les institutions européennes. Exiger au grand jour du gouvernement français qu’il renonce à ses engagements européens est non seulement de nature à participer à un rassemblement large, c’est aussi le moyen de provoquer la discorde entre des gouvernements exclusivement au service du capital et de son bras armé, l’Union Européenne.

Le résumé de cette introduction réside dans notre dernier tract que nous avons distribué, à trop peu, lors de la manifestation de ce jour. Il est à disposition ce soir. Il nous faut prendre des initiatives pour le diffuser le plus largement possible en fonction de nos capacités. Ne nous cachons pas les difficultés d’organisation, de moyens matériels disponibles et d’investissement collectifs qui se sont manifestés ces derniers jours. La perspective possible mais pas inéluctable, combattue avec vigueur et détermination par nos camarades des 1er/2ème, de se voir priver du lieu d’accueil que constitue le 62 rue Montmartre, pourrait davantage compliquer notre activité. Ce combat là aussi doit être de la responsabilité de l’ensemble de nos adhérents.

Lors de nos derniers bureaux, au-delà de l’organisation de l’assemblée de ce soir, qui prolonge les réunions décentralisées qui se sont tenues dans le 1er/2ème, chez les cheminots d’Austerlitz ou encore de Montparnasse, il a été décidé d’organiser un nouveau débat public, dans la suite de nos trois précédents, portant sur les méfaits du libre échange et la supériorité du secteur public et nationalisé pour combattre les prétentions du Capital et les ravages que sa crise provoque. Nous voulons aussi parler des conditions politiques à créer pour que le monde du travail puisse s’exprimer en tant que tel sur le plan politique. La proposition de débat présentée sur le forum par notre camarade Elie Dayan, toujours aussi pertinent, nous invite à explorer et proposer au grand jour une nouvelle organisation des nécessaires débats et prises de décisions par les travailleurs eux-mêmes. Il nous faut en discuter.

D’autres organisations nous ont sollicités pour une initiative commune pour combattre les tentatives de criminalisation du communisme. Celle-ci se tiendra le samedi 7 novembre 2009 à 15 heures devant la station de métro Stalingrad avec le mot d’ordre « fêtons l’anniversaire de la Révolution d’Octobre ». Si nous avons considéré que notre priorité du moment, compte tenu de nos forces, ne nous permettait pas d’être coorganisateurs, nous avons tenu à vous signaler ce rassemblement initié par une des organisations avec qui nous avons signé en juin une déclaration commune sur les élections européennes. C’est là une raison pour ne pas ignorer par dédain ce que d’autres cherchent à développer.

Un dernier mot sur la nécessaire mobilisation contre la répression qui s’abat contre tous ceux qui luttent et qui s’opposent aux prétentions du gouvernement et du patronat, aux ordres du capital. L’histoire le démontre : lorsque les tentatives d’intégration idéologique aux objectifs du capital s’avèrent infructueuses, le masque tombe et la volonté d’écraser toute résistance se déchaine. C’est le sens que prend la condamnation à de la prison avec sursis de 6 camarades sur les 600 manifestants des « Contis » lors de l’épisode médiatisé de la préfecture de Compiègne. Plus proche de nous, s’est tenu ce matin un conseil de discipline traduisant Cédric Liechti, secrétaire général du syndicat CGT Energie Paris, un des intervenants à notre débat du 31/01/09 sur les services publics, qui est menacé de révocation pour avoir animé la lutte exemplaire des énergéticiens pendant 10 semaines entre avril et juin exigeant une augmentation générale de 10% des salaires et le retour dans la maison mère des activités externalisées. La fraicheur de son intervention lors de notre débat nous avait marqué. Mais soyons aussi conscients que nos échanges ont influencé, toute proportion gardée, la définition de ces revendications ambitieuses dans leur lutte. Aujourd’hui, il est, parmi 240 autres en France, la cible des revanchards. Pour nous, cela doit être un devoir d’être présents et solidaires de cette jeunesse qui se révolte et qui porte des exigences de haut niveau.

Nous sommes, en quelque sorte, un peu « responsables » en s’étant montré utiles, par nos réflexions et propositions à l’action revendicative immédiate.

Nous avons donc définitivement raison de persévérer à prolonger, dans le cadre de l’association « Rouges Vifs Ile de France », les conditions de rencontres, de débats, d’échanges et de diffusion de nos idées collectivement élaborées au travers de tracts et de débats publics.

Il nous arrive à tous de douter de l’efficacité de notre engagement dans l’association, de son utilité face aux ravages quotidiens du Capitalisme, considérant parfois que nous ne proposons pas suffisamment de riposte concrète face à l’avalanche de mauvais coups.

Dans cette situation, nous avons fait le choix de ne pas faire de raccourcis idéologiques et de ne pas céder à la pression de l’urgence. Une urgence qui pourrait nous conduire à en rabattre sur nos réflexions idéologiques. Ce qui serait au final un abandon. Précisément, ce qui a fait, que beaucoup d’entre nous ont décidé un jour de s’organiser en toute indépendance pour perpétuer les conditions d’une réflexion contribuant à un point de vue communiste sur la situation du moment.

Cet état d’esprit, il nous faut désormais le transmettre aux nouvelles générations de travailleurs qui militent désormais sans l’expérience de parti que la plupart d’entre nous ont vécu. Nous n’avons pas constitué l’association pour se rassurer entre nous que nous avions raison. S’il y a urgence, c’est dans notre capacité à être disponible et ouvert à de nouvelles générations de salariés qui cherchent des moyens politiques efficaces et utiles dans leur combat quotidien.

C’est indispensable pour la survie de notre association, c’est surtout motivant d’envisager notre avenir sous cet angle.

Sur toutes ces questions, nous avons besoin ce soir de débattre et d’échanger, alors sans plus attendre, à vous la parole !

Cette introduction au débat a été rédigée et prononcée  par Jean Calvary, président de l'association.

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Par DIABLO
Lundi 26 octobre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

Conseil National du PCF, 24 et 25 octobre 2009

intervention de Corinne BECOURT, fédération de l’Aisne

"Depuis 2004, 20 régions sont gérées par la gauche. En quoi cela a-t-il changé la vie ? En quoi les régions ont-elles servi de points d’appui pour s’opposer à la droite au pouvoir ?

En Picardie, aucune mesure forte n’a été prise mais les cadeaux aux grandes entreprises ont été maintenues, de nouvelles taxes crées. Au total, un bilan à minima de l’exécutif social-démocrate, le choix du « moins pire ».

Partant de ces bilans, le Conseil national devait lancer le débat dans le parti lors de sa réunion prévue les 25 et 26 septembre. Elle a été annulée empêchant les communistes de disposer du temps et des éléments pour se prononcer à partir d’un contenu sur les différentes stratégies pour les élections : union avec le PS dès le 1er tour, listes présentées par le PCF de rassemblement sur des bases de lutte. Le débat a été confisqué.

Aujourd’hui, une « offre nationale » à sens unique nous est proposée : le « Front de gauche » au premier tour pour rassembler derrière le PS au second tour. Toujours après des rencontres d’appareil, on continue la même stratégie, celle des collectifs antilibéraux, celle de l’effacement du point de vue communiste, au nom d’alliances avec des groupuscules qui n’existent que sur internet, d’élus socialistes dissidents.

Depuis 1997, on connaît le résultat, notamment aux présidentielles de 2007.

Où les avez-vous vus les ouvriers, les salariés, ceux des quartiers populaires dans les « ateliers de la gauche » ?

Au nom de quoi devrions-nous faire la part belle à Mélenchon et à son « Parti de Gauche » ? A Saint-Quentin, il n’y a pas un seul « Parti de Gauche » à l’horizon ? Faut-il inventer le « Parti de Gauche » partout où il n’existe pas ou bien faire vivre et renforcer le PCF ?

Cessons l’effacement du Parti, de l’organisation qui concrètement est dans les luttes avec ses militants qui savent ce que sait que pratiquer le rassemblement dans l’action.

Nous n’avons jamais décidé, encore au congrès, de nous fondre dans une nouvelle structure, d’arrêter de nous présenter aux élections comme communistes, de cesser de permettre aux salariés, aux électeurs d’utiliser le vote communiste.

En 2004, en Picardie, les listes présentées par le PCF, ouvertes au monde du travail, ont obtenu le meilleur résultat du PCF en France, 12%. Notre démarche a prouvé que partir sous son drapeau, avec notre projet, n’est pas suicidaire, si on l’assume.

Des positions claires, de défense des services publics contre la concurrence « libre et non faussée », de maintien et de développement du potentiel industriel, etc… seuls les communistes les défendent de manière conséquente.

Le succès de 2004, nous le devons à une campagne collective de terrain, menée par les militants communistes, dont Maxime Gremetz, notre tête de liste. Cette année de nouveau il serait irresponsable de se passer de l’atout que représentent Maxime, notamment dans le monde ouvrier et chez les syndicalistes, comme les 300 communistes de Somme écartés de leurs droits dans le parti, de façon injustifiable.

Sur ce point, j’interpelle aujourd’hui toute la direction du Parti, pour avoir une réponse qui puisse être identifiée par les communistes comme un signe fort de rassemblement.

Chercher des alliances avec des groupuscules insignifiants mais tenir à l’écart des centaines de militants et de sympathisants communistes : personne ne le comprendrait dans le Parti, dans son électorat, en Picardie et ailleurs."

 


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Par DIABLO
Vendredi 23 octobre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes
Participez au débat ouvert sur le blog
" çà n'empêche pas Nicolas "

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Par DIABLO
Vendredi 23 octobre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

« Anti-totalitarisme »… totalitaire !

Ce serait comique si ce n’était si grave pour la liberté de pensée : c’est en effet au nom de « l’anti-totalitarisme » (!) que, sans presque jamais disposer du moindre droit de réponse, les défenseurs du communisme historique, et plus généralement, tous ceux qui continuent le combat de Babeuf et de Varlin, de Marx et de Lénine, de Manouchian et de Guevara, sont inlassablement cloués au pilori par les médias du Parti Unique Maastrichtien, très « laïquement » relayés par l’histoire officielle de l’école « républicaine » : concélébrée par les pontifes de la droite dure et de la fausse gauche, benoîtement servie par le chœur jamais las des « communistes repentis », la grand-messe bleue-rose-brune de l’anticommunisme à jet continu a déjà battu tous les records d’anathèmes et d’excommunications dont furent respectivement abreuvés par les contre-révolutionnaires de leur temps, Spartacus et les Gracques, Robespierre et Marat, Varlin et Louise Michel…

Parachevant ce harcèlement médiatique, une batterie législative de textes européens et/ou hexagonaux prétend criminaliser l’histoire du communisme : « élu » par 40% d’ « Européens », le « Parlement » de Strasbourg prétend ainsi amalgamer le IIIème Reich génocidaire de Krupp et Thyssen à l’URSS ouvrière et paysanne de Lénine, la Wehrmacht des Einsatzgruppen aux héros de Stalingrad, les tortionnaires nazis aux « terroristes rouges » de Chateaubriant et de la Citadelle d’Arras qui tombèrent pour nous, Marseillaise et Internationale aux lèvres, sous les balles allemandes.

Le but de ces textes scélérats est de doter d’une base juridique l’euro-maccarthysme qui se développe dans toute l’Union européenne ; une UE dont les dirigeants veulent, au moyen de l’anticommunisme et de l’antisoviétisme à retardement, faire diversion au rejet populaire profond qui, de Lisbonne à Bucarest, hante la « construction européenne » capitaliste (1).

CNR connais pas !

D’ailleurs, combien de lycéens, dressés dès l’enfance à confondre dans un même opprobre « anti-totalitaire » l’Allemagne nazie et l’URSS de Stalingrad, Mussolini et Lénine, connaissent-il la phrase prononcée par De Gaulle à Moscou en 1966 : « les Français savent (2)que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération » ? Et combien de manuels d’histoire rappellent-ils à leurs jeunes lecteurs que les principaux acquis sociaux de notre pays, -ceux-là même que M. Denis Kessler a cyniquement félicité Sarkozy de casser en « démantelant le programme du CNR » (3) -, ont pour l’essentiel été mis en place de 1945 à 1947 par le gouvernement à participation communiste présidé par Charles De Gaulle ? Dans ce gouvernement d’unité patriotique, l’ex-déporté communiste Marcel Paul nationalisait EDF et Renault ; Maurice Thorez rédigeait le statut des fonctionnaires et celui des mineurs ; H. Wallon et Joliot-Curie reconstruisaient l’Education nationale, le CNRS et le CEA sur des bases démocratiques ; Ambroise Croizat (PCF) instituait, excusez du peu, les retraites par répartition, les conventions collectives, les comités d’entreprise… et la « Sécu » : bref, tous ces acquis de civilisation que la « rupture » sarkozyste, applaudie par l’UE et par le MEDEF, s’efforce d’araser, en imposant à notre pays un suicidaire plan d’alignement structurel.

Au reste, pourquoi l’oligarchie capitaliste se retiendrait-elle de prendre enfin sa revanche sur la « France rouge », maintenant que la victoire de la contre-révolution de Berlin à Vladivostok a re-mondialisé l’exploitation capitaliste, que l’Europe socialiste et la RDA ont été re-colonisées par l’Europe du capital pilotée par Berlin, et que, concernant la France, la mutation-reniement du PCF et l’euro-formatage de l’état-major CGT laissent les salariés à la merci d’une « french’ telecomisation » générale de leurs conditions de vie ? Car les nouveaux Metternich de l’Europe contre-révolutionnaire ont peu à redouter d’une semi-critique « alter-capitaliste » et « alter-européiste » qui partage sur le fond ces fondamentaux de la pensée unique que sont l’anticommunisme, l’antisoviétisme, l’anti-marxisme et leurs sous-produits hexagonaux, l’anti-jacobinisme primaire et la sordide autophobie nationale que distille l’oligarchie financière « française » dirigée par « Sarko l’Américain »...

Les héros au banc d’infamie, les héritiers des bourreaux dans le rôle de l’Inquisiteur !

Dans le climat néo-vichyste actuel, on ne s’étonne même plus que les résistants communistes de France qui, des maquis de Corrèze à la guérilla urbaine des FTP-MOI en passant par l’insurrection parisienne de 1944, furent le fer de lance de notre Résistance armée (4), soient odieusement traînés sur la sellette : à l’inverse, les héritiers des partis qui investirent Pétain en livrant à l’Allemand les juifs et les résistants, reprochent aujourd’hui aux combattants communistes de ne pas avoir risqué leur peau assez tôt ! Qu’importe à ces faussaires que, de l’héroïque manif communiste organisée à l’Etoile le 11 novembre 40 par l’Union des Etudiants Communistes (5) (interdite depuis 39 !) aux premiers sabotages effectués dans le Var dès 1940 par le communiste Roger Landini, en passant par la grève minière du Pas-de-Calais dirigée en mai-juin 41 par Michel Brûlé et par le prisonnier ukrainien évadé, le bolchevik Vasil Porik, les communistes et les cégétistes aient assumé le gros de la lutte armée et du combat de masse antifasciste (6) ? Qu’importe qu’ils soient tombés en nombre sous les fusillades nazies, des maquis de Corse aux poteaux d’exécution du Mont Valérien, au double cri de Vive la France ! et de Vive le communisme ! ?

L’anticommunisme, ombre portée de la crise capitaliste

Il serait pourtant naïf de croire que le but principal des Inquisiteurs est seulement de noircir le passé communiste pour rompre l’ancrage révolutionnaire du mouvement ouvrier. Si le spectre de l’anticommunisme hante plus que jamais la crépusculaire Europe de Maastricht, c’est que, bien que devenu mondialement hégémonique, le capitalisme en crise est sur la défensive. Il n’en finit pas de précariser la classe travailleuse et de ruiner les paysans, de secréter du même pas la misère la plus poignante et les fortunes les plus scandaleuses, de multiplier les guerres néo-coloniales (hier l’Irak, demain l’Iran ?), tandis que le commerce des armes et de la drogue règne sur le « libre-échange mondial » organisé par l’OMC et par le FMI des P. Lamy (PS) et autres Strauss-Kahn (PS) à coups de privatisations, de délocalisations et de crise alimentaires organisées. Pendant ce temps, rythmée par le double envol de la Bourse et des licenciements, la « sortie de crise » annoncée promet d’être aussi insupportable que la crise elle-même. Dès lors, les honnêtes gens s’interrogent : l’humanité survivra-t-elle à ce système fou et cruel, où le profit privé de quelques-uns prive de tout sens humain l’histoire des peuples et la vie des individus, alors que, sous le masque « libéral », se profile une dictature euro-atlantique porteuse d’une pensée, d’une économie, d’une langue et d’une politique uniques, dont les pires despotes d’hier n’osèrent jamais former le projet « globalitaire » !

Renaissance de l’idée communiste

D’autant que l’idée communiste refait son chemin : relayée jusqu’à nous par Cuba, qui a tenu bon alors que Gorby et Eltsine croyaient l’avoir livrée toute crue à l’Oncle Sam, l’aspiration à un « socialisme du 21ème siècle » renaît sous des formes diverses, notamment en Amérique latine. Cette aspiration s’articule au principe anti-impérialiste du droit des peuples à créer eux-mêmes leur propre destin. Car enfin, n’est-il pas irrationnel que des nations, des langues, des cultures séculaires, soient broyées par les incultes mercantis de Mac Do et d’Eurodisney ? N’est-il pas suicidaire qu’à notre époque de socialisation planétaire des échanges, l’anachronique propriété privée des grands moyens de production confère « démocratiquement » à quelques milliardaires un droit de vie et de mort sur la vie des peuples ? A l’inverse, n’est-il pas vital que, planifiant leur coopération internationale dans le respect de leur souveraineté, les peuples s’assurent de la maîtrise publique des grands moyens de production et que le monde du travail occupe enfin dans la vie politique la place centrale qui revient de droit aux producteurs de richesses ? Oui, il urge que la solidarité internationale des nouveaux prolétaires en cols bleu ou blanc, s’allie au patriotisme républicain pour résister à la barbare mondialisation capitaliste ainsi qu’à ses sanglants complices, le racisme, l’intégrisme et le communautarisme. Car s’il est vrai que l’exploitation de l’homme par l’homme a historiquement perdu toute force propulsive, si l’exterminisme est bien la phase suprême d’un système impérialiste qui mène l’humanité à la mort par délitement sociétal, déprédation écologique ou extermination nucléaire, alors la construction d’un communisme de seconde génération, dans lequel le « développement de chacun (7) sera la clé du développement de tous » (Marx), devient objectivement une question de vie ou de mort pour tous les hommes qui veulent construire rationnellement leurs rapports avec l’autre homme… et avec la nature.

Pour une assimilation critique de l’héritage communiste

Cela n’exige nullement d’idéaliser la première expérience socialiste de l’histoire. L’expérience issue d’Octobre 1917 n’eût pas connu la défaite si, pour des raisons que l’outillage théorique marxiste permet largement d’éclairer, les travailleurs de ces pays s’étaient toujours, comme à Cuba, sentis les maîtres effectifs de leur pays. Cette autocritique exclusive de toute auto-flagellation, les révolutionnaires doivent la mener sans céder à la diabolisation de leur histoire par un système capitaliste dont les crimes ne mériteraient pas un « livre noir » mais… des dizaines de bibliothèques brunes ! Cela n’exclut pas moins d’avaler l’eau sale des déviations politiques passées sous prétexte de sauver l’enfant socialiste que de renier l’enfant socialiste sous couleur de vidanger l’eau du bain ; il faut plutôt partir de l’arriération initiale dans lesquelles une expérience historiquement inédite dut se construire en distrayant une part considérable de ses ressources pour faire face à la course aux armements, à la guerre idéologique et aux invasions exterminatrices inlassablement venues de l’Ouest. Il convient en un mot de saisir les conditions profondément contradictoires dans lesquelles s’est édifiée ce premier effort de l’humanité travailleuse pour bâtir durant des décennies une société débarrassée de la Bourse et du capital. Il importe aussi de refuser catégoriquement la déshonorante équation communisme=nazisme, qui criminalise la révolution sociale tout en banalisant le fascisme.

Les peuples de l’Est ont fait une expérience historique de masse : écoutons-les !

Et tout d’abord, prenons conseil auprès des peuples de l’Est ; non pas auprès de ces anticommunistes professionnels qui osent parler au nom de leurs peuples respectifs après les avoir grugés et ruinés, mais auprès des ouvriers, des paysans, des retraités de Russie, de RDA, de Hongrie, de Roumanie, etc., qui ont vécu et évalué dans leur vécu quotidien la restauration capitaliste travestie en « démocratisation » : car, expérience faite, et sans avoir le moins du monde oublié les répressions arbitraires et les aspects bureaucratiques qui caractérisèrent à des degrés très divers l’époque précédente, les peuples font leurs comptes ; ils comparent les « mérites » de l’euro-capitalisme (paupérisation galopante des masses, enrichissement fabuleux des maffias) à ces acquis bien réels du socialisme qui avaient nom plein emploi, éducation de bon niveau, culture, sport, vacances et soins médicaux accessibles à tous, logement assuré à bas prix, faible criminalité, sécurité de l’existence, esprit de solidarité dans la vie quotidienne. C’est ce retour raisonné du socialisme dans les mémoires qu’attestent tous les sondages réalisés en RDA, en Hongrie ou en Russie, et mieux encore, ce sondage continental grandeur nature qui a récemment vu les peuples de l’Est boycotter encore plus massivement que les peuples de l’Ouest ces élections européennes à l’occasion desquelles le Parti Maastrichtien Unique somme périodiquement le bon peuple de « choisir librement » entre la version droite et la variante de « gauche » de la casse sociale et du déclin national...

Sortir de l’anticommunisme pour engager une rupture progressiste !

Sortir de l’anticommunisme permettrait enfin aux progressistes de penser de manière conséquente la rupture révolutionnaire indispensable pour triompher de la sarko-« rupture » thatchéro-fascisante ; libérés du complexe contre-révolutionnaire qui plombe leur pensée, bride leur action et plombe leur réorganisation, les vrais progressistes pourraient enfin comprendre et clamer qu’il faut sortir la France du broyeur européen qui la tue et qui la dénature, qu’il faut extraire à 100% l’humanité d’un système capitaliste qui ne crée la richesse « qu’en épuisant la Terre et le travailleur » (Marx). Pour toute l’humanité travailleuse, l’enjeu est d’émerger à temps de cette « fin de l’histoire universelle » que la mondialisation contre-révolutionnaire peut à chaque instant transformer, si de nouvelles révolutions ne viennent pas la briser à temps, en histoire universelle de la fin.

« 1989 ! », clame la réaction célébrant la contre-révolution anticommuniste et anti-jacobine qu’elle croit éternelle : « 17 et 89 ! », répondront les héritiers de Gavroche et de Guy Moquet, bien résolus à triompher ensemble des Blancs et des Bruns de tous les pays, vainement coalisés pour emmurer les Lumières !

Georges Gastaud

Philosophe, militant franchement communiste. Auteur notamment de « Mondialisation capitaliste et projet communiste » (Temps des cerises 1997), « Sur la dialectique de la nature » (numéro spécial d’Etincelles), « Ressourcer l’économie marxiste » (numéro spécial d’Etincelles), « Lettre ouverte aux bons Français qui assassinent la France » (Temps des cerises, 2005), « Sagesse de la révolution » (Temps des cerises, 2009), « Essai sur la renaissance communiste ». .

Notes :

1-Ces textes scélérats émanent tantôt des régimes anticommunistes discrédités des pays de l’Est, tantôt par des ultras de l’UMP, tantôt du tandem néo-mussolinien Fini/Berlusconi, tantôt par un cartel d’eurodéputés allant de V. Peillon à Cohn-Bendit en passant par… Gollnisch…

2-Savaient, faudrait-il dire tant l’histoire officielle censure l’héroïsme de masse consenti par l’URSS, bolcheviks en tête, pour battre Hitler.

3-« Challenges » novembre 2007, éditorial de Denis Kessler, PDG et conseiller du MEDEF.

4-après avoir été l’âme des Brigades d’Espagne organisées par le Komintern

5-A laquelle participa G.Moquet.

6-Et ce, malgré l’interdiction du parti dès 39 et malgré la peine de mort que le « socialiste » Sérol avait instituée contre eux dès cette période.

7- (peuple ou individu, NDGG.)

 

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Par DIABLO
Mercredi 14 octobre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

Avec la crise, le capitalisme montre au grand jour toute sa nocivité. Gouvernement et Patronat prétendent l’avoir moralisé et nous jouent désormais la carte de la sortie imminente de la « crise ».

Mais l’accélération des licenciements et des délocalisations, la mise à mort des sous-traitants dans tout le secteur industriel, le blocage des salaires, la casse du service public et la privatisation de ce qui peut encore l’être, se poursuivent.

Pour sortir de la crise du capitalisme, il faut en finir avec ce système économique barbare et défricher ensemble les chemins d’une autre société où les producteurs de richesses décideront de leur répartition.

Dans l’immédiat, le moyen le plus efficace pour faire reculer la domination du Capital sur la société, c’est l’augmentation générale des salaires et l’extension du secteur public et nationalisé !

LA CRISE, C’EST EUX

Depuis 25 ans, les politiques d’austérité se succèdent. Résultat : la part des salaires dans le PIB (total des richesses créées par le seul travail) a reculé de 10% dans la répartition au profit du Capital. Cela représente 170 milliards d’euros par an qui ont rempli les poches des actionnaires.

Ce transfert organisé par les gouvernements successifs a alimenté la sphère financière qui a d’abord fait exploser la « bulle Internet » avant d’infester les crédits immobiliers pour finir par envahir l’économie toute entière.

Ce sont les gains de productivité sur le dos des travailleurs (salaires gelés, suppressions d’emplois, remise en cause des 35h,…) qui ont fourni aux serviteurs du Capital les moyens de spéculer sur l’ensemble de la planète.

Libre-échange et liberté de circulation des capitaux, promus par l’union européenne et l’Organisation Mondiale du Commerce, ont servi d’outils (c’est leur raison d’être) pour organiser ce pillage des richesses créées par le seul travail. Il faut en tirer toutes les leçons et oser la remise en cause d’un dogme qui n’a en rien la valeur d’une vérité scientifique en matière économique.

LA SOLUTION, C’EST NOUS !

Les USA, la Grande Bretagne, l’Irlande, l’Espagne et de nombreux pays au développement comparable au nôtre ont promu ce modèle économique au service exclusif du Capital prédateur. La crise est particulièrement violente pour ces peuples. Cette situation a pesé sur le choix des Irlandais qui ont voté oui sous la pression d’un odieux chantage aux subventions européennes.

En France, les dispositifs sociaux, imposés par les luttes, - sécurité sociale, système de retraite par répartition, assurance chômage, basés sur le salaire socialisé, et services publics assurés par des entreprises nationalisées - ont limité, pour un temps, les conséquences de cette violence.

Précisément, ce sont les fondements du « modèle social français », qui de par leur nature anticapitaliste, ont permis de mieux résister. Ce fait même est insupportable pour les idéologues du capital qui font de sa démolition une question de principe, pour faire disparaître un exemple prouvant la possibilité d’un autre modèle économique viable.

La crise du capitalisme, que plus personne ne peut nier, aiguise la lutte des classes. Cela donne des responsabilités nouvelles au monde du travail qui dépasse la seule défense des acquis. L’heure est à l’exigence d’une augmentation générale des salaires et à l’extension du secteur public et nationalisé comme solutions efficaces et utiles à l’ensemble de la société.

NATIONALISER N’EST PAS FORCEMENT ETATISER

Bien sûr, NATIONALISATION n’est le mot magique qui solutionne tout. L’expérience passée mais aussi la gestion actuelle des entreprises publiques démontrent que si le statut public des services publics est une nécessité, ce n’est pas suffisant.

A chaque étape de développement d’une société, l’Etat est organisé pour être au service du système en place. L’Etat-providence est un mythe. A l’heure actuelle, il est plus adapté de parler d’Etat prédateur qui facilite, quand il n’en prend pas l’initiative, de nouveaux transferts des revenus du travail vers ceux du capital. Il en va ainsi de tous les projets néfastes annoncés en cette rentrée (travail du dimanche, taxe professionnelle, fiscalisation des accidents de travail, taxe carbone, …).

Revendiquer des nationalisations, c’est d’abord exiger un retour de la maîtrise publique des grands moyens de production et d’échange dans le cadre national à l’inverse de l’intégration européenne qui pousse au libre échange interdisant toute intervention des gouvernements. Un système dont les peuples ne veulent plus majoritairement comme en témoigne l’abstention massive aux élections européennes dans la quasi-totalité des pays. La sortie de ce carcan européen est posée.

CONQUERIR DE NOUVEAUX POUVOIRS DANS LES ENTREPRISES ET LES INSTITUTIONS

Pour justifier le démantèlement du secteur public, le pouvoir politique prétend avoir reçu sa légitimité des urnes, principalement par l’élection présidentielle. Nul besoin de grande démonstration pour définir le caractère antidémocratique d’un système qui interdit au monde du travail d’être représenté dans les institutions pour y promouvoir les intérêts de toute la société.

Parce que le droit de propriété du capitaliste prime sur le droit du salarié dont le « contrat de travail implique subordination », il n'y a nulle part, de structures politiques élues où les travailleurs, seuls créateurs de richesses, peuvent débattre et surtout faire valoir leur aspiration à une autre répartition de celles-ci.

Diverses formations politiques au discours social nous proposent de leur déléguer notre pouvoir d’intervention sur les plans politique et économique dans un calendrier décidé par les serviteurs du capital. L’expérience a déjà eu lieu plusieurs fois.

Nous avons d’autres exigences que celle de se cantonner à appeler au rassemblement de la gauche pour stopper Sarkozy et ses sbires. Les propositions de ces formations, quand il y en a, sont suffisamment floues pour ne pas être contraignantes si d’aventure l’alternance se faisait. Le libre-échange, fondement de l’intégration européenne, ou la revalorisation des cadres nationaux, seule base possible de coopérations entre les peuples, restent des questions taboues.

L’exemple de La Poste est éclairant puisque même ceux qui ont initié le processus à l’œuvre ont pu parader lors de la votation sans l’esquisse de la moindre autocritique. De même, le mot d’ordre de « refus de la privatisation » doit s’accompagner de l’exigence de rejet pur et simple de la directive postale européenne. Point positif : la participation importante démontre que notre peuple n’a pas abdiqué depuis son NON en mai 2005 et exploite toutes les opportunités pour s’exprimer à nouveau.

Les luttes qui se multiplient depuis le début de l’année et qui cherchent à converger peuvent trouver de nouveaux développements si ces questions sont débattues en grand. L’action des cheminots du 20 octobre pour mettre un coup d’arrêt au démantèlement de la SNCF comme la manifestation nationale du 22 pour exiger une politique de ré-industrialisation dans notre pays sont autant d’occasions d’avancer dans ce sens.

Rouges Vifs  Ile-de-France le 13 octobre 2009

 

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Par DIABLO
Jeudi 10 septembre 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

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Par DIABLO
Dimanche 2 août 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

Le PRCF  propose une journée commune à tous les communistes : le 7 novembre, contre la criminalisation du communisme et pour le socialisme.

Vous lirez, ci-dessous, la lettre adressé par le PRCF aux organisations suivants :Gauche communiste , URCF, Jean-Luc Sallé, Rouges vifs Ile-de-France, Rouge Midi, Charles Hoareau, André Gerin, PCF Vénissieux, PCF Paris 15 ème, « Communistes », Rolande Perlican, Henri Alleg, Henri Martin, Arras, Collectif Aude, Coordination Communiste du Nord, Cellule PCF Simonet Lille, PCF Saint-Martin-d’Hères Isère, JC Marseille, Section PCF Béziers, Cercle Communiste d’Alsace.

 

PÔLE  DE  RENAISSANCE  COMMUNISTE  EN  FRANCE

Chers camarades,

Après le résultat des élections européennes qui a vu notre peuple, et en particulier la classe ouvrière, les couches populaires et la jeunesse, s’abstenir massivement, nous avons jugé indispensable de nous adresser à tous les communistes.

D’autant que ces « Europénnes » ont été l’occasion d’actions communes de certains d’entre nous : appel d’Argenteuil, texte commun des Rouges Vifs (Ile de France)-PRCF- RCC, meetings communs PRCF-RCC dans le Nord, succès auprés des communistes de l’Appel –Pétition de P.Pranchère contre la criminalisation du communisme…. C’est bien une nouvelle période de l’unité communiste qui peut et doit s’ouvrir face à la crise du capitalisme, la crise de l’opposition bourgeoise et le mensonge de « l’Europe sociale ». Cette abstention massive est un socle qui prouve que le combat pour la sortie de l’UE du capital, pour reconquérir le progès social, l’emploi industriel, l’indépendance nationale et les libertés démocratiques dans la perspective du socialisme et du communisme est une urgence politique.

La responsabilité des communistes est d’offrir aux travailleurs, plongés dans les conséquences terribles de la crise du capitalisme, une perspective politique. Aussi pensons nous que nous pouvons, que nous devons nous adresser, ensemble, à notre peuple pour le féliciter de son abstention et lui proposer, ensemble, le chemin de son émancipation.

C’est dans le concret de la lutte des classes que nous construirons les conditions de l’unité d’action des communistes tout en répondant aux attentes populaires.

D’autre part le projet d’une journée européenne des victimes du « stalinisme et du nazisme » proposée par des députés au « Parlement-croupion européen » tels que V.Peillon, D.Cohn-Bendit, JM.Cavada, des UMP et…..B.Gollnich du FN, vise à criminaliser le communisme pour interdire toute alternative au capitalisme à l’heure où les masses de plus en plus nombreuses constatent dans leur quotidien les méfaits du système, écoutent nos critiques et cherchent une issue.

Aussi proposons­­-nous,  à tous les communistes,  une journée commune, le 7 novembre, contre la criminalisation du communisme et pour le socialisme.

Journée qui pourrait avoir pour thème : Le capitalisme mène la classe ouvrière, la Ré-publique et l’humanité à la catastrophe, l’avenir c’est la sortie de l’UE et le socialisme ! (A titre d’information vous trouverez la pétition de P.Pranchère ci-jointe)

Notre proposition n’est pas à prendre ou à laisser.

Elle est à discuter pour parvenir, enfin, à l’action commune des communistes autour de thèmes essentiels et visant à tracer pour les travailleurs et notre peuple un chemin de combat, d’union et d’espoir. Ne pas agir pour l’unité communiste dans le contexte actuel serait prendre une lourde responsabilité car cela peut aboutir à la criminalisation de notre activité et à un pas de plus dans la fascisation.

Plus que jamais pour le PRCF le mot d’ordre est « Unissons-nous ! ».

Recevez, chers camarades, nos plus fratenelles salutations.

 

 

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Par DIABLO
Vendredi 31 juillet 2009
- Communauté : les anti-capitalistes

Vive la Nation !

C'est sous ce titre qu'un numéro spécial du magazine communiste "Avancées scientifiques et techniques" est paru en septembre 1992 à l'occasion du référendum sur la traité de Maastricht. En faisant du rangement, je suis tombé dessus et me suis rendu compte quel trésor politique ce numéro spécial représentait encore aujourd'hui : si je n'en ai conservé qu'un de toute la collection, il semble bien à posteriori que j'avais eu la main heureuse (aidée par un brin de conscience ?). Les articles, tous de signatures prestigieuses, nous démontrent combien la Nation est un point d'appui contre le Capital et le sésame de nos libertés, alors que l'Union européenne a réintroduit le principe de subsidiarité qui avait cours à l'époque féodale et que la révolution française avait rejeté.

L'article que j'ai choisi de vous soumettre est le premier de la revue, celui d'un historien, Antoine Casanova, alors membre du bureau politique. Pour les communistes, ce texte est d'une portée considérable, fondamentale. Et pourtant, cette analyse représente tout ce que la direction actuelle du PCF rejette : une démarche intellectuelle rigoureuse qui plonge dans les racines de notre peuple, une démarche basée sur l'Histoire avec un grand H aussi bien dans son raisonnement que par rapport à la date à laquelle il a été écrit (il y a 17 ans !), une démarche marxiste, de classe, enfin une démarche qui exclut toute intégration supranationale contrairement à la politique de renoncement prônée aujourd'hui avec le PGE.

Cet article est assez long. Mais à l'heure des vacances, ce n'est pas le temps qui nous manquera. Sa lecture ne peut que permettre de se ressourcer avant la reprise inéluctable des luttes...

Pascal 

 

La Nation,

Réalité vivante et évolutive

Antoine Casanova,

Historien, membre du bureau politique du PCF (en 1992)

Avancées scientifiques et techniques, dossier "Vive la nation", supplément au n°44, septembre 1992

La nation est une réalité vivante, en mouvement. Elle représente le type de portée universelle le plus récent et le plus neuf des communautés ethno-historiques. Les faits nationaux, leur portée régressive ou libératrice ne peuvent s'envisager de façon statique, ignorante ou porteuse d'amnésie.

Les élaborations idéologiques des partisans de Maastricht laissent apparaître quelques thèmes et schémas qui concourent tous à fonder en nécessité irrésistible et positive l'acceptation du traité.

C'est ainsi, nous dit-on, que tout, de l'Est à l'Ouest, montrerait la nécessité de dépasser par l'intégration politique, les Etats nationaux devenus obsolètes et qui "ont marqué l'histoire de leur violence" (1). Deux accusations majeures jamais prouvées mais souvent répétées et proférées comme évidentes.

L'édification d'une Communauté européenne dotée de pouvoirs politiques supranationaux serait ainsi le moyen d'éviter la crue de folies nationalistes archaïques parmi les peuples d'Europe, folies "tribales" auxquelles renvoie le thème d'un récent colloque officiel ("l'Europe contre les tribus"). Pareille évolution de la C.E.E. serait (c'est là un autre thème différent mais complémentaire du précédent) au demeurant seule adéquate aux exigences d'interdépendance et de coopérations organiques de plus en plus étroites (entre nations, zones, continents…) que fonde et rend nécessaire (sauf à choisir déclin et archaïsme) la modernité du monde en cette fin du XXème siècle (2). Aller en ce sens n'impliquerait au demeurant en rien pour les travailleurs, pour la France, le passage d'un seuil qualitatif inédit et aux risques et enjeux considérables : ratifier Maastricht, ce serait continuer à cheminer au long des mêmes voies, voies devenues depuis longtemps (avec le marché commun, le marché unique) familières et banales.

"La défiance (politique) est la vertu d'un peuple libre" disait l'abbé Grégoire en 1792. Lucidité critique, intervention personnelle comme citoyens de tous les travailleurs, sont plus que jamais nécessaires dans la croisée des chemins où nous sommes en ces semaines que nous vivons. N'est-il pas, tout d'abord, nécessaire, dans l'examen des nations et du fait national aujourd'hui, de se garder de toute manière unilatérale, courte, oublieuse des réalités, afin d'examiner les données et complexités dégagées par le mouvement de l'expérience et de la recherche historique et ethnologique ?

Une très longue histoire

1 – Les nations s'enracinent dans une très longue histoire qu'elles ont prolongée de façon inédite depuis deux cents à trois cents ans. Cette histoire, c'est celle des différents types de communauté ethno-historiques.

Depuis des centaines de milliers d'années, le mouvement historique de l'humanité est caractérisé par l'existence de processus (au niveau de l'évolution des outillages, des capacités, au niveau de la genèse et évolution des grands types de rapports sociaux que constituent les différents modes de production…) de portée plus ou moins (selon les périodes) universelle.

Le mouvement de l'histoire de l'humanité est en même temps, contradictoirement et complémentairement marqué par le fait que ces traits et processus de portée (plus ou moins fortement) universelle n'existent que dans le cadre de communautés humaines au territoire propre, et dotées de caractéristiques spécifiques, singulières en ce qui fait leur consistance sociale et culturelle. Ces communautés à l'identité originale et singulière constituent ce que j'appellerai (en reprenant et prolongeant des analyses comme celle d'André Leroi-Gourhan) (3) des communautés ethno-historiques.

2 – Ces deux forces du mouvement historique (processus de portée universelle, traits et voies singulières) sont toujours présentes, inséparables. En même temps et par ailleurs, les rapports entre ces deux aspects fondamentaux prennent des formes et des contenus de nature profondément différents aux différentes étapes de l'histoire sociale de l'humanité.

En fonction du champ des contraintes et des possibilités ouvertes par le mouvement des forces productives, la nature des rapports de production, et par les formes de division du travail et de rapports de coopération-conflits qui s'y rattachent, c'est lentement (et selon des voies diversifiées et complexes) que des types historiquement différents de communautés ethno-historiques deviennent dominants : clans et tribus, cités-Etats antiques, principautés féodales, représentent certains des principaux types de communautés ethniques de nature historique qualitativement différente. Ces différents types historiques de communautés ethno-historiques n'apparaissent et ne se transforment ni soudainement, ni de manière simple et uniforme sur l'ensemble de la planète, ni même sur des ensembles continentaux comme celui de l'Europe.

Les périodes de dominance (ce qui ne signifie point présence exclusive de toute autre) des différents types historiques de communautés ethno-historiques, sont périodes de longue et multiséculaire durée : les communautés ethno-historiques du type de la cité-Etat antique en leur mouvement de genèse, puis de permanence-transformation, sont prédominantes en Méditerrannée sur plusieurs centaines d'années. Les communautés ethno-historiques du type des principautés féodales, dans leur mouvement d'apparition, d'élargissement, de transformations (aux voies d'ailleurs diverses et originales selon les zones) marquent l'Europe sur plus de mille ans.

3 – Comment, dans ce cadre, oublier que loin d'être obsolètes, les nations représentent le type de portée universelle le plus récent et le plus neuf des communautés ethno-historiques ? Leur constitution et leur affirmation (4) sont notamment inséparables des transformations des forces productives, du développement intensifié et universalisé des rapports marchands, des exigences et possibilités humaines neuves et des transformations des formes de conscience de l'identité culturelle qui s'y rattachent.

Ces processus de constitution et d'affirmation des nations sont apparus au XVIIème et au XVIIIème siècle. Ils se sont considérablement élargis en Europe et sur la planète, au XIXème et, plus amplement encore, au XXème siècle. Disons même que les toutes dernières décennies, celles de la seconde moitié du XXème siècle, sont celles où jamais on n'a vu se constituer autant de nations.

Identité nationale, une expérience commune

Ce sont aussi celles où les transformations des forces productives et des savoirs, les aspirations nées de luttes contre les dominations impérialistes ont vu (on y reviendra) les exigences d'indépendance nationale et de constitution d'un nouvel ordre international égalitaire de coopération entre les peuples devenir (tout particulièrement sous l'impulsion des pays non alignés) (5) une caractéristique puissante et radicalement inédite du mouvement historique des relations internationales.

Pas plus hier qu'aujourd'hui, les faits et les problèmes nationaux, leur portée régressive ou libératrice ne peuvent être envisagés de façon simple, statique, sincèrement ignorante ou sournoisement porteuse d'amnésie comme le font tous ceux qui croient ou feignent de croire que les nations sont en elles-mêmes et par elles-mêmes responsables des guerres (telles celles de 1870, 1914-1918, 1939-45…), ou encore des violences et des tensions sociales et ethniques. Phénomènes que la lecture de toute histoire sérieuse des relations internationales, montrent comme étant à tout le moins très difficilement séparables de la politique des classes dirigeantes maîtresses des Etats et tout particulièrement aux effets profonds des systèmes de domination impériale (tels par exemple l'Empire austro-hongrois ou l'Empire russe) et/ou impérialiste du XIXème siècle à nos jours !

Le véritable problème, c'est celui des relations du fait national avec les structures sociales et les rapports de classe qui le sous-tendent comme avec les traits et les enjeux de la conjoncture historique profonde où il s'insère et qui le surdétermine.

1 – Dans le processus de constitution des nations, puis dans la vie sociale des nations constituées (par exemple la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne aux XIXème et XXème siècles), la conscience d'identité nationale (plus ou moins claire) représente, dans ce cadre, une donnée d'expérience commune aux différentes classes et groupes sociaux (bourgeoisie, paysannerie, couches populaires, classe ouvrière, techniciens).

2 – Inversement, la référence à la nation, à l'identité nationale, à sa symbolique, ont pu et peuvent, au cours de l'évolution historique, constituer un outillage idéologique que les diverse classes sociales ont pu mettre en œuvre en leur conférant des contenus sociaux et politiques de manière politiquement différente, divergente, voire radicalement opposée. La question nationale (comme, de manière autre, la question régionale), aux diverses époques, prend des contenus et orientations différents ou opposés : ceci en fonction de la classe qui la pose et du moment où elle la pose. Et ces moments diffèrent profondément selon qu'il s'agit d'une conjoncture de développement économique, social, national relativement peu heurté, ou d'une conjoncture de crise large et durable du système social touchant l'ensemble des rapports sociaux (6).

La portée émancipatrice des mouvements nationaux

3 – C'est ainsi qu'en des temps de profonde crise sociale (comme celle du système capitaliste dans les années 1890 ou, de manière autre, les années 1930), les références à la nation, à l'identité nationale ou même à l'identité régionale (7) ont pu servir de justification idéologique nationaliste aux politiques impérialistes des bourgeoisies dirigeantes dans les grands pays capitalistes. Ces références ont pu et peuvent, en même temps, être utilisées (c'est le cas en France en ces années 1980 et 1990 par la droite et l'extrême-droite) pour nourrir la xénophobie et/ou le racisme, c'est-à-dire présenter des réponses d'obscurité face au chômage, à l'austérité, aux souffrances et colères des travailleurs.

4 – Mais ce n'est là qu'un aspect des choses : il ne peut faire oublier l'autre aspect, celui de la portée le plus souvent largement émancipatrice des mouvements nationaux depuis deux siècles.

Pensons ici au lien (exprimé avec une force radicalement neuve et exceptionnelle il y a deux cents ans en 1792) entre exigence d'unité et d'indépendance nationale, exigence de souveraineté populaire et luttes pour de profondes transformations démocratiques des structures sociales et politiques. C'est même dans la mesure où d'un côté, affirmation (au-dedans et au-dehors) de la nation contre l'ancien monde aristocratique des monarchies ou empires dominateurs de peuples-sujets de la nation, et d'un autre côté, transformations socio-politiques démocratiques, se sont trouvées fortement liées dans la Révolution française, qu'ont pu se construire des rapports profondément renouvelés entre les peuples de communautés ethno-historiques régionales (comme par exemple celle d'Alsace ou de Corse) et l'ensemble du peuple français. C'est ainsi, dans ce processus révolutionnaire, que s'est affirmée la nation française. C'est avec lui qu'au niveau des principes se trouvent définitivement refusés les pratiques et axiomes idéologiques que du Haut Moyen-âge au XVIIIème siècle (et au fil de modifications complexes et contradictoires et mises à jour) avaient élaboré et imposé les aristocrates laïques et ecclésiastiques.

Ces axiomes et règles du monde de l'Europe nobiliaire trouvent par exemple leur expression forte et condensée dans le principe (féodal) de "subsidiarité". Principe que Jacques Delors, après d'autres idéologues du grand capitalisme contemporain (8), a repris à frais nouveaux, mais à une échelle plus vaste, puisqu'il veut en faire l'axe et l'âme du fonctionnement des rapports entre pouvoir (politique) de la Communauté, et pouvoirs des nations dans l'Europe de Maastricht.

Ces règles et ce principe étaient ceux d'un ordre social et politique conçu par les idéologues et dirigeants de l'Europe féodale comme fait de communautés humaines bâties pour l'éternité de classes hiérarchisées, organisées en principautés. Un ordre où en chaque pays (dans les rapports, noblesse, clergé, Tiers Etat), comme à l'échelle d'ensemble de l'Europe, les niveaux inférieurs ont leur consistance propre et autonome d'activité complémentaire de celle des niveaux supérieurs. Des niveaux supérieurs (avec au sommet l'Empereur du Saint Empire romain germanique et surtout et d'autre façon, le Pape) (9) auxquels ils sont subordonnés, qui les orientent et les dirigent quant aux buts et finalités décisives et fondamentales.

La Révolution française a rejeté la subsidiarité

C'est le refus global de ce système d'inégalité et de sujétion entre les humains et entre les peuples qui se dessine avec la Révolution française.

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, commencent alors de s'affirmer tout à la fois le fondement inaliénable de la souveraineté nationale dans les droits de citoyens égaux et l'exigence d'un ordre civilisé entre les peuples, ordre qui ne peut être tel, s'il n'est fait de libres rapports d'association et de concertation entre nations souveraines (10).

Pensons enfin, au-delà de la France et dans un contexte tout autre, à la portée de libération des potentiels humains, des luttes qui, en de rudes conditions, ont été menées et se mènent sur la planète, notamment en Asie, Afrique, Moyen Orient, Amérique latine, depuis quarante à quarante-cinq ans : luttes pour cette liberté des libertés qu'est l'indépendance nationale ; mais aussi luttes contre l'exploitation sociale de racines locales, mais plus centralement encore contre le pillage des ressources et du travail par les sociétés et les multinationales étrangères.

Il est en tout cela une réalité massive, éclairante et significative : les luttes et combats de libération sociale et politique menés depuis deux cents ans, depuis cinquante ans, et dans les dernières décennies à l'Est, à l'Ouest et plus encore dans cet immense Sud où vivent les deux tiers de l'humanité, n'ont jamais vu les travailleurs et les peuples réclamer le maintien ou l'édification de systèmes d'autorité politique, économique et culturelle supranationale qui confisqueraient des parties essentielles de la souveraineté des nations de telle ou telle zone de la planète. Ces combats des peuples et tout particulièrement de ceux du Tiers monde, hier colonisés, aujourd'hui exploités et écrasés, n'ont de même jamais eu pour objectif l'établissement d'un "gouvernement mondial" où les grandes puissances (et aujourd'hui les Etats-Unis) imposeraient leurs directives à tous (et notamment aux plus pauvres) en plaçant en posture de "subsidiarité" organique les citoyens et la souveraineté de chaque nation.

Ce qui (avec de considérables inégalités, disparités, contradictions) se cherche et s'exprime avec une force accrue depuis cinquante ans, c'est un ordre nouveau et civilisé de rapports fondés en chaque peuple comme entre les peuples, sur la démocratie sociale et politique. Un ordre bâti au plan international tout à la fois sur le droit à l'indépendance et à la souveraineté de chacun et sur le développement (zonal, continental, mondial) de coopérations fondées sur l'égalité et la liberté des nations qui s'associent. Ce sont ces exigences qu'avaient exprimées la Charte des Nations unies en consacrant les peuples comme les seuls bénéficiaires, mais aussi comme les acteurs et les titulaires de la société mondiale. Elles ont été depuis tout à la fois plus fortement affirmées et largement contrecarrées.

De nos jours, en ce début des années 1990, les débats et combats sur la manière d'entendre et de mettre en œuvre coopération, interdépendance et nouvel ordre entre les nations à l'échelle de l'Europe et/ou du monde, se trouvent prolongés, amplifiés et transformés dans le cadre du nouveau seuil de portée historique et anthropologique immense atteint au cours des toutes dernières décennies par les forces productives humaines, ainsi que dans le cadre des crises, bouleversements, stratégies de classe et de civilisation qui se rattachent aux mutations et ébranlements liés à l'entrée dans ce seuil.

Revenons un moment sur cette question de la modernité de notre époque et de la nature de l'interdépendance qui peut s'y rattacher. Avec le mouvement des savoirs, les biotechnologies, l'énergie nucléaire et, plus centralement encore, la révolution technologique et informationnelle, s'est ouvert, je crois, un changement historique de nature qualitative au moins comparable à celui de la révolution industrielle des XVIIIème et XIXème siècles et peut-être d'aussi ample portée que celui qui, il y a environ dix mille ans, a été constitutif de la "révolution néolithique". C'est un changement d'une telle portée qui caractérise la modernité de notre époque.

Mais ce changement ne fonde en rien la légitimité des politiques de précarité, d'austérité ou l'irrésistibilité des systèmes d'impérialité supranationale. Il donne même, au contraire, bases et racines à des exigences inédites (11) de développement plénier des êtres humains, des exigences de démocratie, d'autogestion, de paix, de coopération équitable, de communication scientifique et artistique créatives, enrichissantes entre les hommes et les peuples.

Tous les sujets humains, tous les peuples sont désormais (selon des traits et voies très diversifiés et complexes), acteurs et spectateurs de l'entrée dans un seuil qualitatif immensément nouveau de l'histoire de la planète. Dans les périodes historiques antérieures, les rapports entre les communautés humaines concrètes et singulières des différents pays, zones, continents, ont été longtemps d'un niveau d'universalité faible (12). Cela est le cas à l'époque des modes de production qui (tels le système impérialo-esclavagiste romain ou le féodalisme dans la plus grande partie de son histoire) ne touchent qu'une partie de l'univers. Avec le développement et l'extension à l'échelle de la planète du capitalisme, des rapports entre communautés historiques et humaines concrètes se sont trouvés fortement universalisés et (de façon certes très complexe) étendus à l'échelle du globe.

Mais, du XVIème au XXème siècle, cette universalisation a été et demeure fondée sur le maintien, l'approfondissement, la transformation qualitative des inégalités et des dominations. Aujourd'hui, avec les mutations qui se rattachent à l'entrée de l'humanité dans le seuil nouveau évoqué ci-dessus, est posée avec force la nature de l'essence et du contenu social et politique de rapports (entre peuples sur chaque continent et sur la planète) d'universalité et d'interdépendance plus larges et plus denses.

Un seuil qualitatif nouveau

Ces changements et la modernité contemporaine ne sont en rien ici porteurs en eux-mêmes de transformations positives. C'est en effet en fonction de l'ampleur et du niveau de conscience des luttes sociales et politiques, en fonction des choix politiques dominants qui s'expriment dans le cadre de ces luttes, que les possibilités liées à la transformation des forces productives de l'humanité d'aujourd'hui conduisent et conduiront les travailleurs citoyens dans le monde et sur un continent comme l'Europe à une modernité et à des types d'interdépendance épanouissants ou, au contraire, à une marche régressive vers l'avenir.

Les formes d'interdépendance entre nations de portée épanouissante sont celles qui sont adéquates aux exigences de développement des êtres humains, des citoyens-travailleurs par l'extension (inséparable de luttes, étapes et processus contradictoires) de la libre maîtrise de la gestion de leur vie dans l'entreprise, les collectivités territoriales, la nation.

Dans les domaines scientifique, technologique, culturel, ce qui, à l'expérience, est efficace et enrichissant pour tous, c'est le développement puissant, audacieux en Europe (et d'autre façon en d'autres zones de la planète), d'institutions et perspectives de coopérations fondées conjointement sur l'essor des bases nationales et des échanges, confrontations, construction de programmes mettant en commun les ressources et les problématiques de partenaires libres, associés, souverains. C'est là ce qui s'est fait avec Airbus avant que la C.E.E. ne s'en mêle. C'est là ce qui, à un niveau européen, est tout à la fois plus large que la C.E.E. et (jusqu'ici libre par rapport à ses contraintes de technocratie et d'étroite pesée des critères du profit financier) s'est développé entre nations au niveau du Centre d'études et de recherches nucléaires (C.E.R.N.) de Genève.

Développer le patrimoine commun de l'Europe

Ces besoins de développement de la démocratie autogestionnaire qui se rattachent à l'actuelle révolution technologique et informationnelle rendent plus que jamais indispensable, efficace, le développement du patrimoine commun d'un ensemble comme l'Europe à partir de la pleine mise en œuvre des ressources intellectuelles, symboliques, artistiques, techniques, économiques que chaque peuple tire de son histoire propre, des traits originaux de sa culture (13).

C'est en s'orientant dans ce sens qu'il est aujourd'hui possible de faire advenir par les luttes des formes d'interdépendance et un type d'universalité de qualité historique radicalement neuve. Un type d'universalité qui par étapes, processus mixtes, contradictoires (mais fondés de façon prédominante sur les besoins et l'inaliénabilité des nations qui s'associent), chemine vers un ordre de rapports (entre pays d'une zone comme l'Europe ; entre pays d'autres continents (14) ; entre l'Europe et les pays des autres continents ; entre l'ensemble de la planète) bâtis sans cesse davantage selon des voies neuves. Des voies qui en chaque pays soient prioritairement celles du plein développement des travailleurs par l'emploi, la formation, la démocratie, celles du développement et de la coopération de toutes les régions en chaque nation. Cela en travaillant en même temps à l'essor de la construction (entre nations souveraines associées dans l'égalité des droits) d'institutions et de programmes de coopérations mutuellement avantageuses et fondées sur l'épanouissement des potentialités et des atouts de chaque peuple.

Que dire des pratiques jusqu'ici réalisées et surtout de la conception pour l'avenir de l'interdépendance qui est celle des grandes bourgeoisies au niveau du monde et plus particulièrement de la C.E.E. ?

Rappelons-en ici les traits d'ensemble : les principaux groupes de maîtres du capital financier veulent apporter réponse aux défis du monde moderne en remodelant les sociétés capitalistes développées dans le sens de la précarité, de l'inégalité, tout en travaillant au maintien consolidé de la dette et du pillage des ressources matérielles et humaines du Tiers monde.

Cela implique aujourd'hui pour eux, l'organisation de l'interdépendance (économique, technologique, scientifique, culturelle) entre pays et continents dans le cadre d'une restructuration profonde des rapports internationaux selon deux processus complémentaires (qui sont aussi par ailleurs source de contradictions). D'un côté, affirmation et affermissement de l'hégémonie (avec un rôle crucial des moyens militaires de pesée politique) mondiale (ce qui passe par une minoration et/ou une dénaturation accentuée de l'O.N.U.) américaine. D'un autre côté, construction et/ou restructuration neuve de la mise des peuples en dépendance au sein de vastes zones régies (selon des modes et structures politiques diverses d'un continent à l'autre) par des puissances capitalistes comme le Japon, l'Allemagne ou les Etats-Unis eux-mêmes pour l'Amérique latine (15).

Les perspectives et difficultés (au niveau des contradictions entre impérialisme américain et intérêts des bourgeoisies dirigeantes d'Allemagne ou du Japon) de cette stratégie sont exposées avec rudesse, clarté et pertinence en quelques textes forts peu éclairés et commentés dans les moyens de communication de masse.

Un très récent document du Pentagone (16) présente ainsi les traits de l'ordre international d'un monde américain, son allure d'ensemble, ses perspectives de pôles zonaux et/ou continentaux, les remèdes envisagés par Washington face au développement des résistances des peuples ou des contradictions avec les "alliés" comme l'Allemagne ou le Japon (17).

Le traité de Maastricht transforme la C.E.E. en système supranational

La mutation qualitative que le traité de Maastricht veut faire subir à la C.E.E pour la transformer pleinement en système politique de domination supranationale, s'inscrit de manière spécifique dans ce mouvement d'ensemble des élaborations stratégiques capitalistes de la fin des années 1980 et de la décennie 1990 (18).

Le souci de tenir compte des contradictions entre bourgeoisies dirigeantes de la C.E.E. et, plus encore, la volonté d'empêcher les travailleurs (surtout en France) de percevoir l'ampleur de la perspective nocive où on veut les enfermer, ont conduit les promoteurs du traité à développer une marche par dissimulation d'objectifs.

Marche par étapes (1993, 1996, 1999…) faites de mixités contradictoires, mais au cours desquelles chemine et domine l'instauration croissante d'un système politique supranational d'allure impériale plus encore que fédérale.

C'est ce système qui rendrait possible le remodelage considérablement accentué et accéléré de tout ce qui est constitutif des droits et de l'identité des travailleurs, de chaque peuple, et tout particulièrement du peuple français. Cela en imposant, de manière brutalement encore élargie, pour esprit des lois de toutes les sphères de la vie et de l'activité humaine des travailleurs, les critères et les contraintes qui sont ceux de la croissance des profits financiers pour les grands groupes multinationaux européens (eux-mêmes à dominance allemande) et américains. Très éclairante est ici l'étroite et croissante osmose qui a existé et qui existe (dans l'élaboration du traité de Maastricht et dans l'élaboration des directives de Bruxelles) entre les instances politiques et technocratiques de la Commission et la "Table ronde", association des plus hauts représentants du grand patronat.

La marche qui commencerait avec la ratification du traité de Maastricht ne constitue pas seulement un fort prolongement de la politique régressive.

Cette marche serait en effet d'autant plus réductible et nocive qu'elle serait désormais fondée sur une transformation inédite et d'ample portée : celle de l'entrée dans un mécanisme qui verrait s'instaurer un pouvoir politique supranational devenant sans cesse davantage maître souverain des décisions dans le domaine de la monnaie (devenue monnaie unique sous l'hégémonie du mark) et de la politique économique et sociale, dans celui de la politique étrangère et de la défense (en tutelle étroite, on l'a vu, de l'O.T.A.N. et des Etats-Unis). En toutes ces matières vitales et jusqu'au niveau suprême et global (le passage dans la C.E.E. de la prise des décisions à l'unanimité à la prise des décisions à la majorité qualifiée ou simple, jouant ici un rôle croissant et décisif), la nation française perdrait cette liberté des libertés qu'est la souveraineté nationale, c'est-à-dire le droit pour chaque peuple à disposer sans cesse lui-même de son destin. Il y aurait ici une modification politique cruciale, essentielle, profonde qui constituerait le centre et le cœur de la transformation qualitative qui marquerait la C.E.E. avec la ratification du traité de Maastricht.

La souveraineté nationale, liberté des libertés

C'est cette modification essentielle que les promoteurs du traité tentent le plus d'obscurcir. C'est de la réalité et de la gravité de la subordination de la souveraineté nationale à un pouvoir supranational d'allure impériale qu'attestent pourtant leurs décisions, leurs actes et même leurs métaphores.

On peut l'apercevoir en songeant par exemple que c'est le président de la Commission de Bruxelles et ses adjoints qui depuis quelque temps (et bien avant les adversaires du traité de Maastricht) déclarent qu'il s'agit de mettre à la place de l'actuelle C.E.E. un système politique où les Etats-nations aujourd'hui souverains en viendraient (dans les matières décisives, comme les transports) (19) à être placés, par rapport aux pouvoirs centraux de la nouvelle Union européenne, en une situation de complémentarité et de subordination de même ordre que celle qui est le propre des différents Etats des Etats-Unis.

Ce n'est par ailleurs pas sur les principes (issus de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et sans le respect desquels il n'y a ni Etat de droit, ni société des nations, petites ou grandes, légitimes) de libre association entre nations égales et sans cesse inaliénablement souveraines que le traité de Maastricht fonde les relations entre pouvoir supranational et pouvoirs nationaux. Ce principe régulateur placé par Jacques Delors "au fronton du traité" (20), c'est, on l'a vu, le principe médiéval de "subsidiarité". Le réemploi en 1991-1992 de ce principe, va considérablement au-delà des rapports de complémentarité et de hiérarchie qu'il exprimait à l'époque féodale. La subsidiarité, selon le traité de Maastricht, assure en fait au pouvoir central de la Communauté européenne, le droit intégral (et par là même un pouvoir absolu supérieur à celui des parlements, expressions pourtant de la souveraineté populaire de chaque pays) de se substituer aux Etats nationaux en tous les domaines, y compris ceux qui ne sont pas de sa compétence directe (21).

Tout confirme qu'avec un pareil cheminement, on s'en irait, comme l'annonce Jacques Delors lui-même, vers une situation où dans un proche avenir, 80% des décisions qui concernent la vie des citoyens ne relèveraient plus de la nation française mais des instances centrales de Bruxelles (le Conseil, la Commission, la future Banque centrale). Tout montre en même temps que ce ne sont point les institutions nécessaires (en cette fin de siècle d'exigences autogestionnaires) à la coordination des coopérations entre nations libres, associées et inaliénablement souveraines que le traité instaurerait. Il mettrait au contraire en place un système centralisateur, tout puissant par rapport aux droits et pouvoirs des citoyens-travailleurs titulaires de la souveraineté nationale. Système dont les instances, libres de tout contrôle populaire, régissant la vie des nations, des régions et des communes, vivant elles-mêmes en osmose avec le grand capital financier constitueraient une véritable structure impériale de type par ailleurs profondément inégalitaire.

Tout laissait prévoir, si le traité était ratifié, la mise en place d'un gouvernement central fondé sur l'association où se trouveraient en position prépondérante les représentants politiques des grandes bourgeoisies allemandes (elles-mêmes en posture maîtresse), françaises, britanniques (laquelle impose par ailleurs en partie la sauvegarde de ses visées propres) ; association à deux ou trois tenant à l'avenir en étroite tutelle les pays les plus petits et/ou les plus pauvres de la C.E.E., tout en travaillant à plier les travailleurs de tous les pays aux contraintes des exigences du capital financier.

Le document de travail de la Commission de Bruxelles révélé par le quotidien danois Extra Bladet (et qui malgré la colère du premier ministre danois n'a été jusqu'ici ni démenti ni dénoncé par J. Delors) a fait tout récemment connaître un plan qui donne corps à cette structure impériale. Il s'agirait d'instaurer un gouvernement central communautaire avec à sa tête un président aux pouvoirs élargis et d'aller vers la suppression de la présidence tournante au détriment des petits pays comme le Danemark. La C.E.E. se transformerait ainsi assez vite en un système de pouvoir impérial où l'on verrait les hauts dirigeants de quelques-uns des principaux pays capitalistes s'associer (sous la tutelle allemande) pour dominer les peuples et les travailleurs d'une "Communauté européenne", c'est-à-dire en fait d'un vaste ensemble qui représenterait (à frais nouveaux, sur des bases tout autres et dans la différence des sociétés et des époques) une construction cousine de ce que fut jusqu'en 1914, l'Empire des Habsbourg. Depuis les années 1860, aristocratie et bourgeoisies autrichiennes (en position dominante) et hongroises, s'étaient associées ici en une double monarchie pour mieux dominer, contenir, écraser les travailleurs et les autres nationalités de cette vaste partie de l'Europe centrale et danubienne.

Des risques graves d'uniformisation des cultures

Libre développement de l'identité de chaque peuple et libres échanges entre les peuples sont inséparablement à la source du renouvellement et de l'enrichissement du patrimoine culturel, des ressources, des capacités productives, du mouvement de plus haute libération de l'humanité. Cela est plus que jamais vrai à notre époque où jamais n'ont été aussi fortes les possibilités d'intervention, de création, de formation, de communication et où jamais n'ont été aussi grandes les exigences de participation personnelle des citoyens à la maîtrise politique de la vie économique, sociale et culturelle, à celle de leurs communes, de leurs régions, de la nation.

C'est dire combien est aujourd'hui nocif et régressif tout ce qui conduit à l'uniformisation et à l'aplatissement des cultures, à l'intégration en des ensembles porteurs d'inégalités et de domination, tout ce qui ampute le droit souverain et inaliénable de chaque peuple à coopérer plus fortement avec les autres à partir du libre développement de ses atouts et de ses différences.

De tels graves risques de régression existent. Les puissances nationales et multinationales de l'argent mettent tout en œuvre pour enfermer la vie économique, sociale et culturelle des nations d'Europe en des normes et des contraintes qui ne sont en rien celles de la coopération entre peuples libres.

Les fruits et les effets produits jusqu'ici dans notre pays par la prédominance d'une telle orientation sont visibles. Le potentiel agricole, industriel et technologique, la recherche fondamentale, le droit de tous à une formation de qualité sont très sévèrement mis en cause. Le production cinématographique et audiovisuelle, la création littéraire, la vie théâtrale risquent de s'étioler alors qu'elles ne manquent ni de talents, ni d'efforts inventifs.

C'est un seuil nouveau et sans précédent qui menace d'être franchi aujourd'hui. La ratification des accords de Maastricht conduirait en effet à des abandons qui touchent aux fondements même de la souveraineté nationale.

Deux cents ans après Valmy, deux cents ans après la proclamation de la République, la nation française perdrait alors le droit de décider de son destin présent et à venir, un droit, pour elle-même et pour tous les peuples, qu'elle a alors imposé à l'Europe aristocratique. Elle perdrait par là même la possibilité d'être partenaire et libre acteur d'une nouvelle étape du développement de la coopération européenne, c'est-à-dire des échanges et des partages entre peuples associés, souverains et différents.

Nous croyons à cette Europe du partage, et à cette coopération riche de l'essor des atouts et de la personnalité de chaque peuple. La France ne peut y prendre place que si elle continue à être elle-même une nation libre, une nation souveraine.

Antoine Casanova

Historien, membre du Bureau politique du PCF

Notes :

(1) "Nous construisons l'Europe. "Acte Unique", Grand Marché, union monétaire, ensuite politique, telle était la perspective au sein du groupe des Douze. En ce sens, il n'y a pas lieu de nous arrêter. Une amorce de dépassement des Etats nationaux qui ont marqué l'histoire de leur violence, a et gardera valeur, de toute manière. Aujourd'hui, c'est la communauté européenne qui attire. Mais il faut retailler le vêtement. L'impression règne actuellement en Europe du centre et de l'Est que nous tenons encore les peuples frères derrière un mur. Ils se veulent de la même maison".

Y. Calvez in "Pas seulement spectateurs", Etudes, octobre 1991, pp.305-308.

(2) Cf. notamment l'article de Jérôme Vignon (qui signe son article en mentionnant son titre de "conseiller de Jacques Delors") "l'Europe après Maastricht" in Etudes, mars 1992, pp.149-160. Selon cet auteur : "Le progrès de l'interdépendance mondiale depuis deux décennies, les transformations majeures qui ont lieu dans d'autres parties du monde industrialisé, ne laissaient à ces nations (comme la France) ouvertes depuis des siècles sur l'extérieur, d'autres choix qu'entre le déclin et l'union" (p.156). Cela dans une dynamique qui depuis 1985 a conduit, en contrepartie de responsabilités économiques accrues, à élargir les institutions de la Communauté dans un sens "qui les rapproche d'un Etat fédéral" (p.150), une extension appelée selon Vignon à croître plus résolument. Mais déjà, ajoute-t-il, avec le traité de Maastricht, "même pour un observateur averti des réalités communautaires, pareille extension des responsabilités confiées à la Communauté européenne a quelque chose de spectaculaire" (p.151).

(3) Sur les problèmes des rapports constants et mouvants dans l'histoire entre tendances de portée universelle (plus ou moins fortes) et traits d'évolution singulières des ensembles humains spatialement et culturellement spécifiques (dont les caractères propres sont eux-mêmes variables en fonction de l'histoire des modes de production), cf. A. Leroi-Gourhan, "Milieu et techniques", Albin Michel, Paris 1980, pp.356-373, "L'expérience ethnologique", in Ethnologie générale, éd. Gallimard, encyclopédie de la Pléiade, Paris 1968, pp.1816-1830. Cf. aussi Charles Parain, "Ethnologie et histoire", in Ethnologie et histoire, Editions sociales, Paris 1975. Cf. aussi A. Casanova, "Les outils et les hommes. Transitions et Révolution", Paris, S.E.P.I.R.M., 1989, notamment chapitres 1 et 6.

(4) Pour une réflexion d'ensemble sur ces processus, du XVIIème siècle à la moitié du XXème siècle, que je ne peux ici qu'évoquer, cf. notamment l'éclairante étude (de portée théorique majeure) de Pierre Vilar, in "La Catalogne dans l'Espagne moderne", éd. Flammarion, Paris 1977, notamment pp.12-30 et 132-165. Cf. aussi les synthèses d'A. Soboul, in volume "Région et régionalisme en France du XVIIIème siècle à nos jours", P.U.F., Paris 1977, ou encore in "Comprendre la Révolution", éd. Maspéro, 1981, notamment pp. 247-285. Et aussi R. Martelli, "Comprendre la nation", Editions sociales, Paris 1979 (199 pages). Edward Kardelj, "La nation et les relations internationales, Belgrade 1975 (226 pages).

(5) Cf. notamment Martin Verlet, "Questions d'un nouvel ordre mondial. Quelle crise ?" La Pensée, novembre-décembre 1983, pp.27-42.

(6) Cf. notamment les études d'A. Soboul et surtout de P. Vilar cités en note (4).

(7) Cf. notamment Francis Arzalier, "Les perdants. La dérive fasciste des mouvements autonomistes et indépendantistes au XXème siècle", éditions La Découverte, Paris 1990.

(8) Dans les années 1960, diverse élaborations définissent la grande entreprise monopoliste comme un ensemble communautaire où capitalistes, hauts cadres, salariés de différentes catégories, sont des personnes qui travaillent et peuvent s'épanouir en des "collectifs" subsidiaires et hiérarchisés entre lesquels existent et peuvent se développer des relations de collaboration et de participation dans la complémentarité et la subordination. Cf. notamment François Bloch Laîné, "Pour une réforme de l'entreprise", éd. Du Seuil 1967. Sur un mode propre, ces thèmes se retrouveront dans la Doctrine sociale de l'Eglise telle que la mettent à jour PaulVI et la Constitution conciliaire Gaudium et Spes.

(9) Les pratiques et idées qui se rattachent à ces conceptions deviennent dominantes à partir du XIème siècle. Leur mise en œuvre et leur évolution sont marquées de profondes contradictions. Tôt avec Philippe Auguste et plus encore avec Philippe Le Bel, les rois de France s'affirment comme souverains. Ils refusent les prétentions de la papauté et du Saint Empire romain germanique à faire de la monarchie française un pouvoir ayant certes ses pouvoirs propres, mais placé en position de complémentarité et de subordination par rapport à l'Empire ou à Rome.

(10) C'est à partir des transformations dont il prolonge la perspective que Kant envisage une "union civile" de l'espèce humaine, faite de rapports civilisés entre nations égales et libres ou "alors tous, même les plus petits, pourront attendre leur sécurité et leur droit non de leur propre force et de leur propre appréciation de leur droit, mais seulement de cette grande société des nations". Cf. Kant, "Idée d'une histoire universelle ou point de vue cosmopolitique", éd. Bordas, Paris 1981.

(11) Sur ces réalités, cf. notamment Richard Gispert, "La coopération scientifique internationale", in La Pensée n°264, juillet-août 1988, pp.31 à 43.

(12) "L'histoire universelle n'a pas toujours existé ; l'histoire considérée comme universelle est un résultat" notait K. Marx dans la Contribution à la critique de l'économie politique, Editions sociales 1957, p.173. Sur ces problèmes cf. notamment les études présentées dans le numéro spécial de La Pensée ("Y a-t-il, y a-t-il eu des modèles de voies de passage d'un type de société à un autre ?") n°196, décembre 1977.

(13) Ces exigences se retrouvent au niveau des coopérations sur d'autres continents, au niveau des rapports entre continents, au niveau mondial, cf. notamment Martin Verlet, "L'O.N.U. à la lumière de la crise du Golfe" in Cahiers du communisme, novembre 1990, pp.79-87. Cf. du même auteur, "L'O.N.U. et les métaphores de l'ordre international", à paraître prochainement in La Pensée.

(14) Notamment à l'encontre des rapports d'exploitation et d'écrasement existants actuellement entre les puissances dominantes de la C.E.E. et les pays du Sud, notamment le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Amérique latine. Le caractère de ces rapports entre la "Nouvelle Europe" et les pays du Sud s'est manifesté avec force avec la guerre du Golfe, cf. "Jon Sobrino", "La négation de l'autre mémoire des victimes. Réflexion prophético-utopique", in "La Nouvelle Europe", n°spécial de Concilium (revue internationale de théologie) n°240, 1992, pp.15-25.

(15) Cf. le récent document des conseillers de G. Bush, "Stratégie envers l'Amérique latine dans les années quatre-vingt-dix". On trouvera l'intégralité de cet éclairant texte in D.I.A.L., n°1369. Des extraits essentiels en ont été présentés et publiés in La Pensée, n°274, mars-avril 1990, pp. 90 à 105.

(16) Un article de Patrick E. Tyler in New York Times, 8 mars 1992, publié sous le titre "Le projet de stratégie des Etats-Unis exige qu'aucun rival ne se manifeste. Un monde avec une seule superpuissance", a présenté l'esprit et les extraits essentiels d'un rapport conduisant les orientations des plus hauts niveaux du Pentagone. A l'exception de l'Humanité (article de Georges Marchais, 10 mars 1992), la presse française en a assourdi et minimisé le sens. Pour une analyse et une présentation de ces textes, cf. l'étude de Jean George "L'ordre d'un monde américain" à paraître in La Pensée, mars-avril 1992.

(17) Le document du Pentagone envisage que l'on entre en des périodes de "crise intense" où les gouvernements de Cuba, Corée du Nord, ou éventuellement aussi de Chine, aient des "actions qui en d'autres circonstances paraîtraient irrationnelles". Il veut développer des "relations militaires constructives avec le Pakistan" et "décourager les aspirations hégémoniques" en Asie du Sud.

(18) C'est cette connexion, non exempte de contradictions, que précise avec clarté le document du Pentagone. Le traité de Maastricht explicite encore davantage cette dépendance de "l'Union européenne" vis-à-vis du système politico-militaro-américain. La future "défense commune" relèvera de l'U.E.O. à qui, dit le traité, "l'Union demande d'élaborer et de mettre en œuvre les décisions et les actions de l'Union qui ont des implications dans le domaine de la défense". Et l'U.E.O. qui depuis 1954 dépend étroitement de l'O.T.A.N. "agira en conformité avec les positions adoptées dans l'Alliance atlantique". Il y aura "étroite coopération entre le secrétariat de l'U.E.O. et l'O.T.A.N.".

(19) Cf. notamment "1992. Le Défi. Nouvelles données économiques de l'Europe sans frontières", préface de Jacques Delors, Flammarion, 1988 (247 pages), pp.61-63. Jérôme Vignon (article cité p.152) utilise aussi cette significative métaphore et estime que "l'Union européenne connaît comme autrefois l'américaine, un affrontement entre partisans de l'Union et partisans des Etats". C'est au travers même des erreurs dont elle témoigne que la comparaison est éclairante sur les intentions des promoteurs de Maastricht : les Etats-Unis ne résultent en rien d'un regroupement avec perte de souveraineté des Etats. La Révolution américaine, la Déclaration des droits de 1776 et plus tard la Constitution de 1787, proclament l'existence d'une nation américaine souveraine dont les Etats sont parties constitutives. Avec la constitution d'un pouvoir supranational européen, il s'agit de tout autre chose. C'est-à-dire de la réduction au rang de pouvoirs locaux subordonnés, des assemblées et gouvernements porteurs aujourd'hui de la souveraineté nationale, populaire, inaliénable et indivisible.

(20) J. Vignon, art. cit., pp.151-152.

(21) L'article 3B du traité indique: "La communauté agit dans les limites des compétences qui lui sont conférées et des objectifs qui lui sont assignés par le présent traité. Dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la Communauté n'intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être réalisés par les Etats membres et peuvent donc, en raison des dimensions et des effets de l'action envisagée, être mieux réalisées au niveau communautaire". On ne voit guère (entre les compétences exclusives de la Communauté et son droit d'intervention à la carte, hors de ses compétences exclusives), ce qui reste de pouvoir souverain aux nations.

 

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Par DIABLO
Mercredi 25 mars 2009
- Communauté : les anti-capitalistes
CONSTITUTION DU RESEAU
« Faire vivre et renforcer le PCF »
( Malakoff, 21 mars 2009)
Le 21 mars 2009, 155 militants, responsables de cellules, de sections, de fédérations du PCF, venant de 29 départements se sont réunis à Malakoff à l'in­vitation de 17 membres du Conseil national du PCF, signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ».
L'immense succès de la journée nationale de grève et de manifestation du 19 mars a été au cœur des dis­cussions. Pour tous les participants, il a souligné à nouveau la nécessité du PCF, outil politique indispensable pour dégager une perspective politique de rupture avec la politique au service du capital, au moment où la crise met en évidence la nocivité et les limites du système capitaliste.
Après son 34ème congrès, le PCF reste à la croisée des chemins.
Un mouvement de fond s'est manifesté parmi les communistes. Ils ont exprimé sans ambiguïté leur volonté de défendre l'existence de leur parti. Ils ont mis en échec, une nouvelle fois après l'Assemblée extraordinaire de décembre 2007, le projet de « métamorphose ». L'opposition à la poursuite de la stratégie d'abandon de l'identité communiste du PCF que des militants et des organisations du parti ont portée avec le texte alternatif y a fortement contribué. Lors du vote d'octobre, il est arrivé en tête dans cinq fédérations : Pas-de-Calais, Nord, Tarn, Haute-Saône, Ardennes, dans de nombreuses sec­tions. Dans le même temps, malgré les désaveux successifs, la direction sortante est parvenue à rester à la tête de l'appareil du Parti. Le Comité exécutif national est presque intégralement composé de parti­sans de la « métamorphose » ou du dépassement du PCF.
On doit constater que cette stratégie est toujours à l'œuvre.
Loin d'être une simple alliance électorale, le Front de gauche, accord de sommet imposé unilatérale­ment pour les élections européennes, poursuit l'effa­cement du PCF et tente une recomposition politique « à gauche » éliminant, dans les faits, le Parti com­muniste, suivant l'exemple du Parti de la gauche eu­ropéenne (PGE) et de plusieurs de ses composantes.
A peine le congrès passé, la direction remet à l'ordre du jour les « transformations » du Parti qui viennent d'être rejetées. La ligne de la direction du Parti tourne le dos à l'exigence d'alternative politique im­médiate qu'expriment les luttes en France. Elle res­treint la perspective politique à des enjeux stricte­ment institutionnels et électoralistes, en fin de compte, à une simple alternance en 2012.
Le mirage de la « réorientation de l'UE » sert à faire passer une ligne réformiste, de résignation, d'adapta­tion à l'intégration capitaliste européenne. Cette si­tuation place les militants qui ont porté le texte alter­natif devant de nouvelles responsabilités. La prépa­ration du congrès a permis de marquer des points lo­calement, de nouer de nouveaux liens nationalement entre des organisations du PCF déterminées à ne plus laisser faire. 19 signataires du texte ont été élus, malgré les entraves, au Conseil national.
La situation du Parti comme la situation du pays rendent nécessaire de passer à un autre stade de co­ordination et d'organisation nationales.Il doit appa­raître beaucoup plus visiblement, dans le PCF comme dans le monde du travail, que le Parti com­muniste français ne se réduit pas à la ligne d'aban­don de sa direction actuelle. Les communistes, leurs organisations ont besoin de moyens nouveaux pour revitaliser et reconquérir leur parti.
A cette fin, les participants à la rencontre de Mala­koff prennent la décision de constituer officiellement un réseau national dénommé « Faire vivre et renfor­cer le PCF », comme les statuts du Parti le prévoient. Son expression, son action s'adressent à tous les membres du PCF, à tous les communistes. Dans la suite du texte alternatif du congrès, elles entendent réaffirmer l'actualité des fondamentaux théoriques, marxistes, du PCF, l'importance cruciale de l'or­ganisation communistes dans la lutte des classes, proposer de redonner un nom, enfin, à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.
Le Réseau se fixe comme objectif de rendre visible nationalement cette option, qu'il juge indissociable de la raison d'être du PCF.En cohérence, il se fixe comme objectif de favoriser l'échange d'expériences et de matériel militants entre organisations du PCF, d'aider à leur renforcement, à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l'entreprise, de faire adhérer au PCF, de permettre aux communistes de sortir de leur isolement. Il se propose aussi d'impulser des actions nationales conformes à l'en­gagement communiste. A cette fin, il se dote d'un collectif national de coordination de 21 membres, responsables d'organisations du PCF dans dif­férentes régions (*).
Dans la période qui s'ouvre, les participants à la réunion estiment que la priorité politique est de contribuer, par la proposition et l'action, à une perspective de rupture immédiate avec la politique au service du MEDEF, basée notamment sur la dé­fense des salaires et l'exigence de leur revalorisa­tion, l'interdiction des plans de licenciement, la dé­fense et la reconquête de la protection sociale, celles des services publics nationalisés, l'appropriation pu­blique du secteur financier, des principaux moyens de production... pour un développement écono­mique partant de la satisfaction des besoins des tra­vailleurs et de l'ensemble de la population.
Dans le contexte des élections européennes, refusant tout effacement du Parti, le Réseau contribuera à ali­menter une campagne communiste revendiquée comme telle dans la suite de la campagne des com­munistes lors des référendums de 2005 et de 1992, contre « le projet de constitution européenne », le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne et l'intégration dans l'UE du capital qu'ils tentent d'imposer aux peuples.
Le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » fait une priorité de l'action des communistes pour la paix, notamment pour le retrait unilatéral de la France de l'OTAN, de la solidarité avec les partis communistes et ouvriers du monde, contre l'impéria­lisme, pour l'internationalisme.

Les participants à la rencontre de Malakoff, 21 mars 2009.

(*) Composition du Collectif national de coordina­tion : Corinne Bécourt (Aisne), Jean-Louis Rolland (Charente-Maritime), Paul Barbazange (Hérault), Floriane Benoît (Isère), Dominique Negri (Isère), Christian Tabaglio (Meurthe-et-Moselle), Jean-Claude Korde (Bas-Rhin), Marie-Christine Burricand (Rhône), André Gerin (Rhône), Frédéric Bernabé (Haute-Saône), Emmanuel Dang Tran (Paris), Claude Fainzang (Paris), Pasquale Noizet (Paris), Fabienne Debeauvais (Somme), Eric Jalade (Tarn), Jean-Pierre Meyer (Var), Michel Perrin (Haute-Vienne), Caroline Andréani (Seine-Saint-Denis), Jean-Jacques Karman (Seine-Saint-Denis), Laurent Santoire (Seine-Saint-Denis), Alain de Poilly (Val-de-Marne)
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Par DIABLO
Lundi 9 mars 2009
- Communauté : les anti-capitalistes


Mais qu'est cette "gauche" qu'on nous promet dans le "front de gauche", le "parti de gauche", le "parti de gauche européen" ?

Allons-voir ce qu'elle dit là ou elle s'exprime sans contrainte, dans les textes du PGE auquel adhère la direction du PCF.

Les choses sont claires. Alors que jamais l'affrontement entre capital et travail n'a été aussi violent et aiguisé qu'aujourd'hui, la déclaration politique du PGE nous dit :

« La "vieille" contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de l'interrelation entre l'humanité et l'environnement »

Bien sûr, si l'histoire n'est plus celle des luttes de classe, les peuples n'ont pas besoin de souveraineté populaire ! Pire, les peuples sont suspects de "populisme".

C'est ainsi que le PGE analyse les tensions de plus en plus grande entre les peuples qui disent NON et l'Union Européenne qui impose toujours plus ses directives :

« Les choix néolibéraux définis par Maastricht ont provoqué une érosion des conditions matérielles de vie de larges secteurs de la population, conduisant à une crise de rejet de l'intégration Européenne. Cette crise est due à la non-viabilité d'un modèle économique, écologique, patriarcal et social qui produit des inégalités intolérables, un désastre environnemental, la précarité au travail et dans la vie. Elle n'est pas en mesure de dénouer les nœuds politiques qui se trouvent à la base de la crise de cohésion sociale et politique sur le Vieux Continent. Cela crée un vide politique. Les vieux pouvoirs politiques ne peuvent résoudre ces problèmes parce qu'ils continuent à mettre en pratique les politiques de Maastricht. Cela est en train de créer un vide politique. Ce vide et l'absence de perspectives de changement pourrait engendrer la victoire de projets néo-populistes basés sur un mélange d'éléments xénophobes et racistes avec le néo-libéralisme. »

Résumons-nous :

« Le processus de l'intégration Européenne devient plus lent et plus contradictoire. La crise de légitimité des politiques met en danger le processus d'intégration Européenne ».

L'Union Européenne a trouvé son fidèle soutien... le PGE combattra tout ce qui met en danger l'intégration européenne. Il a bien mérité de sa forte subvention !


Texte publié initialement sur le site des Communistes de Vénissieux

source: "pcf vénissieux"


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Par DIABLO
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