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DIABLO est mon pseudo pour ce blog. J'ai 58 balais, j'ai des origines corréziennes, j'habite près de Paris mais on peut parfois me rencontrer en Normandie, entre Arromanches et Ouistreham. Je suis cadre administratif, syndiqué à la CGT, dans une multinationale faisant partie du CAC 40. Je me définis comme un patriote républicain, fervent défenseur de l'indépendance nationale et de la souveraineté populaire. Membre d'aucun parti, j'assume, par ailleurs, ma sensibilité communiste et me définis comme un "rêveur de mieux". Je pratique le dessin et la photo en amateur. J'anime ce blog et vous invite à commenter mes publications. Echangeons, débattons... Salut et fraternité
Quelques-unes de mes lectures :
Outre de nombreux livres, je lis régulièrement LE PARISIEN, L'HUMANITE-DIMANCHE, LE MONDE
DIPLOMATIQUE, parfois L'HUMANITE; mais aussi MARIANNE, OUEST-FRANCE et des revues comme SINE-HEBDO, LE SARKOPHAGE, LE PLAN B, CQFD ou
encore COMMUNE revue trimestrielle. Je lis très rarement LE MONDE, LE FIGARO ou LIBERATION et je boycotte CHARLIE-HEBDO. Je suis également abonné à
INITIATIVE COMMUNISTE, le mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France.






TRIBUNE LIBRE
Le français Pierre Bourdieu (Sur la télévision, Raison d’agir, 1996) et l’américain Noam Chomsky (La fabrication du consentement, Agone, 2008 pour la France) nous ont appris que les médias véhiculent des informations qui ne sont pas choisies au hasard et qu’ils participent d’une démarche qui vise à inculquer aux individus des croyances et des codes comportementaux qui les intégreront dans un système de pensée et que cette intégration nécessite une propagande systématique. Ce que Karl Marx résumait par la formule : « Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante. »
Le Communiste, voilà l’ennemi ! [1]
Comme disait un vieux sage
africain : « Aussi longtemps que les lions n’auront pas leurs historiens, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur ». Et nous pourrions ajouter, l’histoire des
conflits, à la gloire des vainqueurs.
Depuis quelques semaines, allant crescendo ces derniers jours, préparant le vingtième anniversaire de la chute du mur [2] de Berlin (nuit du 9 au 10 novembre 1989), les grands moyens d’information et notamment ARTE (dont la vocation culturelle est trop souvent proche de la propagande, ayant, en la circonstance, battu un record), nous bassinent, avec des articles, des films, des reportages, des débats, sur ce qui aurait constitué une grande victoire de la liberté et exponentiellement la fin du communisme.
Pour ne pas être en reste, le service public de la télévision, France 2, avec «Apocalypse » son documentaire en six épisodes, commémorant le 70e anniversaire du déclenchement de la seconde guerre mondiale, a participé en septembre à la politique de manipulation et de mystification de la vérité historique : la pensée dominante où l’idéologie du mensonge en action. Le Monde diplomatique (de novembre 2009) s’en est fait l’écho avec un article intitulé « Apocalypse, où l’histoire malmenée » qui montre l’irrecevabilité de certaines images et le parti pris du commentaire, en notant dans son avant propos que la même musique idéologique accompagne la chute du mur.
A y regarder de plus près ce bourrage de crâne a commencé bien en amont : « Pendant plus d’un demi-siècle les rouges ont remplacé les ogres et les sorcières dans les bandes dessinées destinées aux enfants. Tintin ou Néro les affrontaient avec courage dans de lointaines républiques de Bordurie ou de Braslavie. Les communistes représentaient alors l’essence du mal quand ils n’incarnaient pas Satan lui-même » constate Philippe Videlier, historien au CNRS, dans son introduction à son article dans « Manière de voir », le supplément du Monde diplomatique d’octobre-novembe 2009.
Par ailleurs, des « experts » peu scrupuleux, aux ordres des politiques, des barons de l’industrie, des directeurs des médias, nous rappellent de temps en temps que le communisme peut être comparé au nazisme et que Hitler et Staline ce serait à peu près la même chose.
Pendant la guerre d’Espagne (1936 – 1939) dont à peu près tout le monde reconnaît qu’elle fut un prélude, un entraînement, pour ce qui allait suivre, l’Union soviétique et l’Allemagne de Hitler étaient dans des camps opposés. L’Union soviétique soutint par des livraisons d’armes les républicains et Adolf Hitler, Francisco Franco, pendant que la France et la Grande Bretagne prônaient la non-intervention.
C’est quand même faire peu de cas de l’histoire et de son calendrier car, en plus de la guerre d’Espagne, c’est bien Londres et Paris qui ont saboté les propositions de l’Union Soviétique de créer un bloc militaire, notamment au printemps 1939, contre l’Allemagne fasciste. Ce sont enfin, les Accords de Munich du 30 septembre 1938 signés entre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentées respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini et c’est le 6 décembre 1938 que Ribbentrop et Bonnet, respectivement ministre des affaires étrangères du Reich allemand et ministre des affaires étrangères de la France, signent dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay une déclaration franco-allemande, ouvrant des relations de bon voisinage qui précédèrent et furent la conséquence du pacte Pacte germano-soviétique (ou Pacte Molotov-Ribbentrop) signé le 23 août 1939 et non l’inverse.
Si on peut se poser des questions sur l’opportunité de ce pacte et de sa signature, de savoir s’il pouvait être évité, aussi sur certaines tergiversations de dirigeants de Partis communistes occidentaux qui s’ensuivirent, il reste néanmoins l’antériorité des accords et rencontres entre les dirigeants et chefs d’industries du Royaume uni et de la France avec le régime fasciste allemand qui donnèrent à ce dernier les assurances militaires qu’il souhaitait. Il reste aussi que, contrairement à ce que nous rabâche la propagande libérale, la résistance communiste commença bien avant l’attaque allemande contre l’Union soviétique (22 juin 1941.) Guy Môquet est arrêté le 13 octobre 1940 et fut fusillé le 22 octobre1941.
Enfin, est-il besoin de rappeler que les statistiques sont cruelles et que c’est environ 20 millions de morts soviétiques qui donnèrent leurs vies en combattant le nazisme contre environ 430 000 Etats-uniens qui perdirent leurs vies dans le même temps et pour la même cause. Comparaison n’est pas raison, une vie en vaut une autre, mais il y a des indécences qui sont à dénoncer [3].
Le passé sombre en Allemagne [4] ne serait plus le fascisme mais la séparation du pays en deux et l’existence du mur de Berlin. Certainement faut-il rappeler que les nazis, des défenseurs intransigeants du capitalisme le plus monstrueux, sont à l’origine de la seconde guerre mondiale et qu’ils ne persécutèrent pas que les Juifs. Il y eu une mosaïque de victimes On retrouve parmi les premières victimes des discriminations nazies en Allemagne des opposants au régime et principalement des communistes et des sociaux-démocrates.
La campagne en cours vise-t-elle à encourager le retour du fascisme dans plusieurs pays d’Europe car ce courant politique bénéficie maintenant d’une réhabilitation dans certains pays [5] du fait de son anticommunisme radical ? On peut se poser légitimement la question puisque c’est l’organisation pour la sécurité en Europe (OSCE) qui a fait de l’anticommunisme son cheval de bataille lors de sa réunion du 3 juillet 2009 à Vilnius.
Cette propagande vise évidemment les jeunes générations, parfois peu au fait de l’histoire, pour leur dire comment c’était plus mal avant et mieux maintenant puisque le mur de Berlin est tombé et cela malgré le chômage, la précarité généralisée, les usines qui ferment, la protection sociale menacée, l’éducation reléguée au rang de marchandise et la laïcité remise en cause avec des écoles qui diminuent et les enseignants de même, le droit de se soigner proportionnel à l’épaisseur du porte-monnaie, en France le travail des femmes la nuit remis au goût du XIXe siècle sous prétexte d’égalité , les suicides liés au travail, les services postaux et les chemins de fer au gré des banquiers, le rétablissement de la peine de mort dans l’Union européenne [6], 1,5 milliards d’êtres humains qui n’ont pas accès à l’eau potable sur la planète où une personne meurt de faim toutes les 4 secondes, les profits faramineux qui battent des records…
Et c’est bien pour les raisons qui viennent d’être citées que la grande bourgeoisie a besoin d’un soi-disant épouvantail pour faire oublier cette situation et sa politique et condamner par avance toutes tentatives anticapitalistes visant à changer la société dans laquelle nous vivons, à penser à une sortie du capitalisme, qui serait censé aboutir sur pire, car bien entendu, il ne s’agit pas aujourd’hui de visiter l’histoire mais bien de gloser sur la défaite du communisme. Il serait pourtant plus juste de dire qu’un camp l’a emporté sur un autre car, par une douloureuse ironie, de société communiste, il n’en existait pas. Il n’y a même pas eu une tentative d’essai. En Europe, ces tâtonnements d’une société plus juste dans leurs généralités échouèrent. La diversité des formes et des fondements théoriques n’y fit rien [7].
Avec des Partis communistes au pouvoir, avec un micmac de vocabulaire pour se définir, une ambiguïté exista dont la propagande capitaliste sut tirer profit, ce fut de profiter de l’appellation « communiste », pour faire un amalgame avec une confusion idéologique permanente et dénaturer ainsi le concept et la pensée communiste.
En Russie, l’ampleur des difficultés économiques, résultant de la guerre civile alimentée par les puissances occidentales, amena le pouvoir politique, sous l’impulsion de Staline, à recourir à la violence politique comme méthode de gouvernement où les communistes, autant que les partisans de l’ancien régime, en furent les premières victimes politiques.
Plus généralement, en Europe, on peut reconnaître aux républiques, qui se définissaient comme socialistes ou de démocraties populaires, qu’elles eurent en commun l’absence de confiance aux peuples qui les composaient, le culte de la personnalité, l’absence de débats démocratiques, une verticalité des prises de décision allant toujours du haut vers le bas, une forme autoritaire, l’arrivée d’une nouvelle classe sociale arrimée aux dirigeants plus connu sous le nom de nomenklatura, adversaire des changements et donc peu révolutionnaire, une croissance agricole et industrielle copiée sur celle de l’Ouest (une course) dont résultait des catastrophes environnementales symbolisées en URSS par l’assèchement de la mer d’Aral.
On peut leur reconnaître aussi à ces tentatives un héritage égalitariste avec une structure sociale [8] protégeant les populations des lois dites du marché et c’est bien pour cela qu’elles furent théorisées dans les sociétés où le capitalisme dominait, pour être l’essence même du mal. Lorsqu’ un dirigeant politique français, britannique ou états-unien dénonçait l’absence de liberté dans l’espace soviétique, il ne dénonçait pas les difficultés pour le peuple à s’exprimer ou à voyager à l’étranger mais bien à pouvoir y installer ses multinationales pour y faire des profits.
Aujourd’hui, nous y sommes, la mise en concurrence des travailleurs se fait à une échelle sans précédent et les profits se font aussi en Europe de l’Est. Les entreprises françaises délocalisent pour la Roumanie, la Pologne, la Bulgarie, la Slovénie … [9] alors que les usines de ces pays d’avant la chute du mur ont été, pour la plupart, fermées.
Et que dire du rapport de force, de la concurrence, sociale et politique celle-là, que représentait l’espace soviétique qui permettait aux salariés de l’ouest en luttant d’obtenir quelques acquis sociaux (on les leur accordait souvent de peur qu’ils tombent dans les bras des partis communistes locaux auréolés par leur part prise dans la résistance au nazisme.) Vraisemblablement, les dirigeants occidentaux croyaient, pour une part, à leur propagande et avaient peur de l’avènement du communisme qui aurait sonné le glas, pour la bourgeoisie industrielle et bancaire, de leurs espérances de profits ad vitam æternam, ce qui les obligeait, à cour terme, à limiter leur appétit d’exploitation et de profits. La chute du mur de Berlin a constitué la fin de cette concurrence, la peur du communisme a disparu pour le court terme, le capitalisme n’a plus de frein et les acquis sociaux disparaissent les uns après les autres.
La paix tant promise, n’est pas non plus au rendez-vous. L’OTAN qui avait été créée - c’est du moins ce qu’on nous avait dit - dans le but de protéger l’Europe Occidentale contre une invasion Soviétique est toujours là, plus grande que jamais et devenant de plus en plus grande et de plus en plus forte de jour en jour. Une OTAN investie d’une mission globale. Depuis la chute de mur, les guerres se sont succédées. L’Occident n’ayant plus d’adversaires à sa mesure peut décider militairement et unilatéralement ce qu’il veut. La preuve par le bombardement du Panama (décembre 1989, quelques semaines après la chute du mur de Berlin), l’Irak, le démembrement de la Yougoslavie, l’Afghanistan, le conflit israélo-libanais de 2006, la Somalie, le Darfour, la guerre de la Georgie à l’Ossétie du sud, etc.… Les lobbies d’armement recherchent de nouvelles cibles potentielles. Actuellement, l’accent est mis sur l’Iran [10] dont les services Etats-uniens, britanniques et israéliens ont déjà annoncé qu’il aurait l’arme nucléaire en 1994, 2002, 2004, et maintenant 2012 ! Même si on est en droit de s’interroger sur Mahmoud Ahmadinejad et le régime des mollahs, on peut craindre pour le peuple iranien car la même stratégie communicative que pour l’Irak visant à convaincre l’opinion publique se met en place. Le coup médiatique autour de la découverte d’une usine clandestine d’enrichissement de l’uranium dans la région de Qom n’en est qu’un dernier avatar.
Et que penser pour l’avenir lorsqu’on sait que les réserves énergétiques sur la planète diminuent et que les besoins de l’Inde, de la Russie et de la Chine augmentent. Les Etats-Unis sont-ils prêts à accepter de partager leur leadership sur cette question énergétique sans vouloir s’imposer par la force ?
Enfin, face à la diminution des ressources en eau souterraine, comment éviter des guerres de l’eau dans le cadre du capitalisme puisque les multinationales de l'eau ont commencé à faire accepter l'idée qu'exporter et commercialiser l'eau selon les règles du libre commerce et dans le cadre de la concurrence libre et non faussée permettrait de faire beaucoup de profits ?
De nombreux partis communistes ou de partis se réclamant du communisme ou proches de ce concept rassemblent encore des millions de militants de par le monde.
Dans ces conditions, si le communisme est le nom du possible qui s’ouvre chaque fois ou l’appropriation privée des grands moyens de production et d’échange échoue, il reste une source d’inspiration plus que jamais d’actualité.
Le communisme n’est pas seulement une affaire d’hypothèse, d’idée ou d’utopie, mais une question pratique et les communistes, quelquefois organisés, quelquefois seuls, sans organisation et sans parti, quelquefois avec d’autres, dénoncent le capitalisme pour ce qu’il est, un système injuste qui conduit à une impasse, voire au suicide collectif et proposent des solutions pour passer d’une société inégalitaire à une société plus égalitaire, démocratique [11] et respectueuse de l’environnement et sans guide auto désigné, où le partage des richesses serait la règle et la protection de la planète un devoir. Protection de la planète, qui soit dit en passant, ne dépend pas d’une somme de comportements individuels comme on voudrait nous le faire croire et loin de l’apocalypse dont des écologistes héliportés par les plus riches nous rebattent les oreilles [12], mais bien des choix politiques respectueux des hommes et de leur environnement.
C’est pourquoi, les communistes, et plus généralement les militants anticapitalistes, dans une société qui se dégrade un peu plus de jour en jour, sont à combattre par nos dirigeants politiques, leurs supplétifs et notamment par l’Union Européenne. Le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, en raccourcissant l’histoire, leur en donne les moyens. Pour les faiseurs d’opinion aux ordres, tout est bon pour décourager les gens, nourrir l’esprit de fatalité et, ce faisant, détruire l'espérance humaine d'émancipation, puisque, si on les écoute cette société dans laquelle nous vivons serait la meilleure possible, indépassable. Eventuellement, seules à la marge, quelques réformettes pouvant se réaliser.
Dans cette affaire, si l’idée communiste est visée, le militant l’est plus encore. Le militant, communiste ou non, anticapitaliste, pris dans son individualité, engagé à se battre pour un avenir meilleur, à qui l’on passe un message ou la loi du marché et de la concurrence est inéluctable. La fin de l’histoire chère à Fukuyama en quelque sorte ! En même temps, cette propagande est bien la preuve vivante de la vitalité du marxisme et de l’idée communiste dont les serviteurs du capitalisme ont peur. Et si les peuples, encore mieux que les lions d’Afrique, rugissaient suffisamment fort pour qu’enfin les historiens fassent du capitalisme une parenthèse de l’histoire !!!
Serge Portejoie
notes :
[1] Ce titre est emprunté à Albert Sarraut alors ministre de l’intérieur qui, de passage à Constantine, le 22 avril 1927, s’exclame « Le communisme, voilà l’ennemi ! », alors qu’une crise financière s’est abattue sur la France et plus généralement sur l’Europe et annonce le krach de 1929. Il s’agissait de faire oublier l’origine de cette crise et dans les conditions d’alors de s’appuyer sur l’esprit colonialiste auquel les communistes s’opposaient. Une similitude avec la situation d’aujourd’hui.
[2] Il ne s’agit pas de faire l’apologie d’un mur séparant des populations mais d’essayer d’en comprendre le pourquoi. Dans les années cinquante, dans le cadre de la guerre froide, l’Allemagne de l’Ouest, avec l’aide de la CIA, entrepris une déstabilisation de l’Allemagne de l’Est, notamment par une campagne anticommuniste hystérique. Enfin, en les payant très cher, l’Allemagne de l’Ouest attira chez elle les travailleurs de l’Est les plus qualifiés. En 1961, l’Allemagne de l’Est décida de construire un mur séparant les deux allemagnes. Aujourd’hui, les articles, les reportages ne manquent pas sur la chute du mur de Berlin mais pas un mot sur le mur marocain de 2700 km dans le désert qui sépare les familles sahraouies et guère plus sur celui d’Israël construit sur le territoire occupé palestinien qui sont eux d’actualité.
[3] Si la comparaison est faite avec les Etats-Unis, c’est que l’ordre de grandeur des pays se ressemblent et qu’ils étaient l’un et l’autre la force dominante de deux systèmes politiques antagonistes.
[4] L’Allemagne telle qu’on la considère aujourd’hui en tant qu’Etat nation est récente, la guerre austro-prussienne de 1866 et de la défaite napoléonienne de 1871 constituèrent les bases du processus de l’unification. Auparavant, elle était divisée et composée de Royaumes, Grands duchés, Duchés, Principautés et villes libres.
[5] Un révisionniste historique pro-nazi virulent, avec discrimination ethniques, est à l’œuvre, en Estonie et en Lettonie notamment. Plus généralement, dans l’Union européenne, des tentatives visent à inscrire les communistes dans un mouvement de criminalisation de l’opposition au système capitaliste mondial.
[6] En cas d’application du traité de Lisbonne, voici ce que prévoit la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH), telle qu'amendée par le Protocole n° 11,
Article 2 – Droit à la vie :
« Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi.
La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
(a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
(b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
(c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »
[7] En Europe, les régimes tant honnis du capitalisme reposaient pour certains sur des approches différentes. Si plusieurs pays avaient l’URSS comme modèle, d’autres nations comme la Yougoslavie, La Roumanie et l’Albanie avaient chacune des politiques distinctes.
[8] L’Union soviétique, et d’autres pays de l’Europe de l’Est, garantissaient à leurs populations de nombreux droits qu’elle ont perdu aujourd’hui. Par exemple, le fait de vivre en Sibérie du nord, sous des conditions atmosphériques difficiles, en plus d’un salaire plus important que dans des régions plus clémentes, donnait droit à 6 mois de congés annuel avec billets d’avion gratuits pour les familles pour, si elles le désiraient, changer de région pendant les congés. – source : La Croix n° 38404 du 9 juillet 2009, pages 24 et 25.
[9] Citons pour l’exemple (la liste n’est pas exhaustive) pour la Roumanie : Renault-Dacia, Continental, Dim, pour la Pologne : Saint Gobain, Lafarge, Thomson, pour le Bulgarie : Alcatel, Alstom, Aventis, pour la Slovénie ; Peugeot, Renault, Danone…
[10] L’Iran reste le seul état musulman riche en ressources énergétiques, pétrole (3ème réserve mondiale), gaz (2ème réserve mondiale), à échapper au contrôle US et le contrôle des champs pétroliers de la mer Caspienne, région géostratégique s’il en est, est aussi en jeu.
[11] la démocratie possède aujourd’hui de nombreuses définitions, certaines se complétant, d’autres antagonistes. Le plus souvent dans nos sociétés occidentales la démocratie se confond avec le libéralisme économique et un système représentatif consacré par des votes (délégation de pouvoir.) Dans cet article le mot « démocratie » est utilisé dans le sens d’une démocratie directe et participative, avec un concept autogestionnaire.
[12] « Home » le film de Yann Arthus Bertrand fut financé à 90% par François-Henri Pinault , le patron de PPR (Pinault-Printemps-Redoute) à la tête de la sixième fortune française. Dans les sponsors de Nicolas Hulot, on trouve l’Oréal et Liliane Bettancourt, troisième fortune de France et TF1 avec Martin Bouygues, 21e fortune de France (source : Challenges), les Autoroutes du Sud de la France (groupe Vinci), Orange (la filiale de France Télécom.). On appréciera. Des sponsors qui pour le moins se sont peu inquiétés de l’impact de leurs biseness sur l’environnement. Enfin, Nicolas Hulot, avec d’autres, est le promoteur de la taxe carbone. Celles et ceux qui ont des logements ou des maisons mal isolés ou qui habitent loin de leur travail, les salariés, les familles les plus pauvres, paieront la plus forte taxe. Elle viendra s’ajouter aux taxes sur la consommation. Les grandes entreprises les plus polluantes ne seront pas taxées. Cette taxe est le début d’une importante modification de la fiscalité qui vise à reporter sur les ménages les exonérations de cotisations des entreprises.
49e Congrès de la CGT
Critique du document d’orientation
Dans son texte d’orientation pour le 49e Congrès de la CGT, la direction confédérale définit son objectif général, pour la France et pour le monde, comme la promotion d’un « développement humain durable ». On le sait, la notion de développement durable est très à la mode, ces temps-ci. Les auteurs du document de la CGT ont certainement pensé que l’insertion du mot « humain » pouvait rendre cette notion encore plus sympathique. Mais qu’est-ce que cela veut dire, au juste ? Qu’on souhaite « longue vie » à l’espèce humaine ? A vrai dire, même la droite et les capitalistes ne défendent pas l’idée contraire – la déchéance à court terme de notre espèce.
Désirer le bonheur de tous est un sentiment très noble. Le problème, c’est qu’à ce jour, les « humains » sont profondément divisés. L’immense majorité de la population mondiale est exploitée et opprimée pour assurer le « développement durable » d’une minorité de parasites capitalistes. Et à défaut d’un programme sérieux pour éradiquer la source de cette oppression – le système capitaliste –, l’expression de sentiments nobles n’y changera rien. Or, justement, le défaut majeur du texte d’orientation du 49e Congrès de la CGT, c’est que les quelques objectifs présentés ne trouvent aucune expression concrète en matière d’action militante, de programme ou de stratégie.
Cette carence ne doit rien au hasard. Elle découle directement du fait que les instances confédérales de la CGT ont renoncé à la lutte contre le système capitaliste. Leur adaptation de plus en plus flagrante aux « réalités » du capitalisme a réduit leurs objectifs à la promotion de divers concepts et recommandations qui visent à atténuer la régression sociale. Par exemple, il est dit qu’il faudrait une « juste répartition des richesses ». Pour y parvenir, une « profonde réforme de la fiscalité » est recommandée. Evidemment, nous serions favorables à une politique fiscale qui, à l’inverse de celle de Sarkozy, viserait à imposer davantage les riches et à alléger la charge fiscale qui pèse sur les foyers modestes. Mais si par « juste répartition », on entend un rapprochement majeur entre le niveau de vie des capitalistes et celui de la masse de la population, disons d’emblée que c’est tout simplement impossible, sous le capitalisme. Prétendre le contraire, c’est faire abstraction du mode de fonctionnement du capitalisme.
L’amputation d’une portion importante des revenus des riches serait une mesure progressiste, dans certaines limites. Mais les conséquences qui en découleraient ne doivent pas être perdues de vue. Qu’il s’agisse de l’imposition des bénéfices des entreprises, ou des opérations spéculatives, des valeurs immobilières, etc., une réforme fiscale d’une ampleur susceptible de nous amener vers une « juste répartition des revenus » se traduirait inévitablement par une diminution correspondante de la rentabilité du capital. Or, sous le capitalisme, c’est la course aux profits qui constitue le moteur central des investissements et de l’activité économique en général. Le résultat immédiat n’en serait pas la « relance économique » souhaitée par la direction confédérale, mais au contraire une accélération du déclin économique. Les capitalistes sont en train de détruire l’industrie. Ils ont le pouvoir de le faire parce que, comme propriétaires des entreprises, ils décident des investissements qui sont à faire ou à ne pas faire, les usines qui sont à fermer ou à délocaliser, et ce en fonction de la seule chose qui les intéresse : le profit. Si tel est le cas, aujourd’hui, alors que les réformes fiscales menées par le gouvernement leur sont favorables, qu’en serait-il dans le cas d’une baisse drastique de la rentabilité de leur capital ?
Curieusement, alors que les auteurs du texte réclament une augmentation massive de l’imposition des riches, ils proposent en même temps de « faire de l’impôt sur les sociétés un outil de promotion de l’emploi et de l’investissement productif ». Mais comment est-ce possible ? En augmentant leurs impôts ? Bien évidemment pas. Ce qui est proposé ici, c’est la méthode maintes fois discréditée qui consiste à récompenser, par une baisse des impôts, les capitalistes que la recherche de profits incite à exploiter davantage de salariés, ou à réaliser des investissements. Pour aider les pauvres, il apparaît donc qu’il faudrait d’abord enrichir les riches. Mais que devient, dans ce cas, la « juste répartition des revenus » ?
A chaque pas, les mesures de « relance » ou de « justice sociale » proposées dans le texte se heurtent aux réalités du fonctionnement de l’économie capitaliste. Le problème de fond, c’est que la direction actuelle de la CGT refuse de poser le problème fondamental : qui doit posséder et contrôler l’économie ? Plutôt que de lutter contre le système, elle s’efforce de faire des suggestions prétendument « pratiques » et « réalistes » – mais qui, en fait, ne règleraient absolument rien, du point de vue des travailleurs.
Les causes et la nature de la crise
Il est vrai que, par endroits, et notamment dans la partie du texte qui parle des causes de la crise économique, les auteurs donnent l’impression de contester le système capitaliste lui-même. Mais à y regarder de plus près, ce n’est malheureusement qu’une impression. « Un an après son déclenchement, écrivent-ils, il y a toujours bataille pour caractériser la crise à laquelle nous sommes confrontés. Comme d’habitude, les dirigeants cherchent à accréditer l’idée de "causes externes" ou de simples "dérapages". […] En réalité, la crise est structurelle. »
En lisant que la crise actuelle du capitalisme est « structurelle », nous sommes tentés de penser que, pour la direction de la CGT, ce qui est en cause ici n’est pas telle ou telle dérive du capitalisme – mais le système capitaliste lui-même. Cependant, qu’entend-elle par crise structurelle ? Le terme est ambigu. Cela peut signifier que la crise est due à la « structure » capitaliste de la société – c’est-à-dire à la propriété privée des moyens de production et d’échange. Mais cela peut aussi signifier que la crise est due à certaines caractéristiques de la « structure » du capitalisme actuel, comme par exemple l’expansion incontrôlée du crédit. La différence entre ces deux appréciations est très importante. Selon la première, il s’ensuivrait que le programme de la CGT devrait proposer d’en finir avec le capitalisme. Selon la deuxième, il suffirait de corriger une ou plusieurs caractéristiques particulières du capitalisme pour sortir de la crise – et, suppose-t-on, prévenir toute crise, à l’avenir. Comme le montre la suite du texte, c’est cette deuxième variante que professent ses auteurs.
Ils écrivent : « a trois racines profondes : une nouvelle phase de la mondialisation qui a provoqué la mise en concurrence des travailleurs à une échelle sans précédent ; une augmentation de la rentabilité du capital qui a accru la pression sur les salariés, développé la précarité et réduit l’investissement dans la sphère productive ; l’existence d’un volume impressionnant de liquidités qui a permis une inflation des actifs financiers et immobiliers. Patronat et gouvernements veulent ignorer le fait que c’est globalement le mode de croissance financier et libéral, qui s’est imposé depuis vingt-cinq ans à partir des États-Unis, qui est en crise. C’est celui-ci qu’il faut mettre en cause en mesurant la place nouvelle à accorder au travail, à l’environnement, aux biens publics et aux activités productives. Le "retour au réel", présenté comme l’alternative à la "financiarisation", passe par la mise en cause de la logique de la rentabilité financière et la reconnaissance de ces priorités sociales et économiques. »
Le développement de la technologie et de la division internationale du travail a effectivement débouché sur « la mise en concurrence des travailleurs à une échelle sans précédent ». Ceci explique la pression accrue sur les salariés, qu’évoque le texte. Mais c’est une erreur grave de considérer que la cause fondamentale de la crise actuelle réside dans la « financiarisation » de l’économie. Il s’agit d’une crise classique de surproduction capitaliste. Il y a trop d’usines, trop d’avions, trop de voitures, trop de navires, trop de biens électroménagers, trop de téléphones portables, trop de produits agroalimentaires et trop de production en général par rapport à la demande.
De telles crises sont inévitables, sous le capitalisme. Comme nous l’apprend la théorie économique de Marx, le profit n’est rien d’autre que la part des richesses créées que les capitalistes ne restituent pas aux travailleurs, sous forme de salaire. Les salariés ne sont payés qu’une fraction de la valeur qu’ils ont créée. En conséquence, ils ne peuvent jamais acheter l’intégralité des valeurs mises sur le marché. D’où les crises périodiques de surproduction. La « financiarisation » à outrance ou, pour être plus précis, l’injection d’une quantité toujours plus importante de crédits dans l’économie, a certes joué un rôle dans la crise. Mais elle n’en est pas la cause fondamentale. Le rôle du crédit – autrement dit, de l’endettement –, c’est d’augmenter artificiellement la demande – pour des biens de consommation comme pour la technique et l es moyens de production. Mais ce faisant, les capitalistes n’ont fait que reporter à plus tard l’avènement de la crise de surproduction. Sans l’endettement massif – des consommateurs, de l’Etat et des entreprises – et sans l’expansion artificielle de la demande qu’il a engendrée, cette crise de surproduction aurait tout de même eu lieu. Simplement, elle serait intervenue plus tôt.
La crise des subprimes, aux Etats-Unis, est survenue en raison d’une surproduction de biens immobiliers. Mais la surproduction ne se limitait pas à ce seul secteur. Sur une année, la contraction du volume des échanges commerciaux, à l’échelle internationale et tous secteurs confondus, a été de l’ordre de 30%. Toutes les régions et tous les pays du monde ne sont pas en récession. Mais partout, y compris en Chine et en Inde, la production se ralentit très nettement, faute de débouchés. L’investissement productif s’effondre avant tout parce qu’il ne sert à rien de produire davantage lorsqu’on n’arrive pas à vendre ce qui est déjà produit. Ce n’est pas tant le « mode de croissance financier » qui est responsable de la crise, en dernière analyse, mais le mode de production capitaliste lui-même, fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, et donc sur la p roduction pour le profit privé. C’est ce système que nous devons abolir et remplacer par le socialisme. Cet objectif doit être placé au cœur du programme de la CGT, renouant ainsi avec ses grandes traditions militantes et révolutionnaires.
A la faiblesse de l’analyse de la crise correspond la faiblesse des propositions pour la combattre. Le texte explique, en substance, que les capitalistes abandonnent le secteur productif – qui ne serait pas assez rentable – pour se tourner vers des investissements financiers. Pour remédier à ce problème, il faudrait rendre le secteur productif plus rentable, et donc plus attractif pour les capitalistes. Comment ? Grâce, nous dit-on, à des subventions publiques et des concessions fiscales. Mais l’expérience nous prouve que ce genre d’« aides » aux capitalistes n’est d’aucune efficacité. Le fait de donner de l’argent public aux capitalistes ne règle en rien le problème de la surproduction. Parmi les milliers d’entreprises qui ont été liquidées par les capitalistes ou qui suppriment des emplois, une proportion considérable a bénéficié de telles subventions publiques.
Absence de stratégie sérieuse
Le texte fait un certain nombre de propositions pour améliorer les conditions de vie des travailleurs : une revalorisation des salaires et des pensions, un « nouveau statut pour le travail salarié », un « socle commun de garanties collectives », une « sécurité sociale professionnelle », etc. Abstraction faite de la viabilité – douteuse – de ces propositions, sur la base du capitalisme, le rôle d’une confédération syndicale ne devrait pas se limiter à la seule émission d’idées. Elle doit surtout contribuer à l’organisation, au soutien et à la généralisation des luttes. A l’heure où des millions de salariés font face à une dégradation sévère de leurs conditions de travail et de vie en général, la CGT doit indiquer aussi clairement que possible les méthodes qu’elle préconise pour lutter contre cette dégradation. La carence la plus flagrante de ce texte est qu’il ne donne absolument aucune consigne et aucune indication sur la conduite des luttes en cours ou à venir. Les salariés dont l’entreprise est menacée de fermeture ou de délocalisation n’y trouveront rien pour appuyer et renforcer leur combat. Le texte d’orientation ne s’occupe pas de leur cas – pas plus que la direction confédérale ne s’en occupe, dans la pratique. On les laisse pratiquement se débrouiller seuls. Ce fut le cas pour les travailleurs de Continental, comme pour tant d’autres salariés de sites menacés.
Face à l’attitude implacable du patronat, la CGT devrait promouvoir une stratégie offensive qui frappe à la racine du problème, c’est-à-dire qui s’en prenne à la propriété des capitalistes, au pouvoir qu’ils ont de décider du sort des travailleurs. Se contenter d’attendre un repreneur capitaliste, ou lutter pour des primes de licenciement, n’est pas la solution. Les salariés devraient passer à l’occupation des entreprises menacées. Usine fermée, usine occupée – jusqu’à la nationalisation de l’entreprise, sous le contrôle et la direction des salariés eux-mêmes. La CGT devrait organiser des campagnes de solidarité pour apporter l’argent et le soutien dont les travailleurs auront besoin pour maintenir l’occupation et sauver leurs emplois.
En matière de stratégie syndicale, le texte vante les mérites de ce qu’il appelle le « syndicalisme rassemblé », c’est-à-dire la soi-disant « plate-forme commune » avec d’autres confédérations syndicales, telles que FO et la CFDT : « La conquête des droits des salariés, de la démocratie sociale de transformations sociales nécessite la construction et le renforcement d’un rapport de forces durable. C’est tout le sens des efforts réalisés par la CGT pour contribuer à la constitution d’un front uni des organisations syndicales, à tous les niveaux. Ainsi, les actions impulsées par les huit organisations syndicales de salariés, le contenu de leur plate-forme revendicative commune, les mobilisations impressionnantes réalisées témoignent de la capacité du monde du travail à se rassembler et agir sur des objectifs communs pour construire un rapport de forces durable et faire valoir que no us sommes la solution face à leur crise. »
Sous prétexte de conserver l’union la plus large des organisations syndicales, cette « plate-forme commune » est en fait un moyen de limiter les actions syndicales et les objectifs des mobilisations nationales à ce que veulent bien accepter les instances dirigeantes des autres confédérations. C’est « l’unité » sur le dénominateur commun le plus bas. Et on sait que chez des gens comme Chérèque et Mailly, ce dénominateur est vraiment très bas !
Bilan des journées d’action
Dans notre article Sommet social du 18 février : le piège de la "concertation", nous écrivions : « Nous ne sommes pas hostiles à toute négociation, en toutes circonstances, avec le gouvernement. Mais des négociations qui ne sont appuyées que par des manifestations ponctuelles – aussi massives soient-elles – n’aboutiront à rien, si ce n’est à épuiser les détachements les plus combatifs du mouvement. Pour des dirigeants syndicaux de la trempe de Chérèque ou Mailly, des journées comme celle du 29 janvier, ou comme celle qui a été annoncée pour le 19 mars prochain, ne servent précisément qu’à cela. Chérèque et Mailly, qui se considèrent, de toute évidence, comme des conseillers stratégiques de Sarkozy, l’ont constamment mis en garde contre le "danger" qu’il courrait en mettant à l’ordre du jour plusieurs réformes en même temps. Ils l’ont prévenu que cela risquait de coaliser les oppositions et donner lieu à une généralisation des luttes contre le gouvernement. Ils lui conseillaient de traiter les problèmes "dossier par dossier". Si, pour le 29 janvier, ces mêmes dirigeants ont finalement accepté l’organisation d’une mobilisation unitaire, c’était pour tenter de redonner du souffle à la mascarade de la concertation.
« La direction de la CGT, réputée plus combative, a cependant adopté une démarche similaire, dans la pratique. Le 29 janvier, 2,5 millions de personnes descendent dans la rue contre Sarkozy. Ensuite, on leur dit d’attendre ce que Sarkozy dira le 5 février. Le jour venu, l’intervention télévisée du Président n’indique aucun infléchissement de sa politique, mais les syndicats acceptent tout de même d’entrer dans le jeu des consultations du 18 février. Pour faire pression sur les pourparlers en question, une nouvelle journée de manifestations est annoncée pour le 19 mars. Et après ? Faudra-t-il attendre un nouveau passage de Sarkozy à la télévision, suivi d’autres pourparlers, suivis d’autres journées d’action ? Combien de temps cette valse futile va-t-elle encore durer ? »
La « valse futile » a continué, et elle a été marquée, comme nous l’avions prévu, par une participation de plus en plus faible aux journées d’action. La « stratégie » qui consiste à multiplier des journées d’action a fini par épuiser les militants. C’est à peu près son seul résultat tangible. Loin de créer un « rapport de forces durable » et plus favorable au mouvement syndical, cette stratégie l’a affaibli. Y a-t-il un seul militant de la CGT qui, aujourd’hui, après toutes ces journées d’action, imagine qu’on obtiendra quoi que ce soit par cette stratégie ?
Et pourtant, à la lecture de son texte et de ses résolutions de congrès, il est clair que la direction confédérale cherche précisément à faire entériner la poursuite de cette démarche. Selon sa manière de voir les choses, les actions ponctuelles dans un front syndical « large », autour de mots d’ordre acceptables par les dirigeants de la CFDT, de FO, etc., seraient en train de créer un « rapport de forces durable » qui finira par convaincre le gouvernement de prendre en compte les propositions des syndicats ! Et comme pour nous expliquer comment les choses se passent dans les « concertations » de haut niveau avec les réactionnaires qui nous gouvernent, le texte nous dit : « La valeur du travail, la valeur travail, le statut du travail, sont bien au coeur de l’affrontement pour une issue à la crise. Des visions de la société, de la place et du rôle du travail comme facteur de déve loppement et de progrès social, de lien social, et donc aussi des visions de la place du capital, s’affrontent. De ces conceptions, résultent des choix politiques, des normes, des règles qui, soit participent à la généralisation de l’insécurité sociale et au mal vivre, soit concourent, au contraire, à sécuriser les parcours de vie des salariés, de leurs familles. »
Ainsi, pendant que les salariés défilent toutes les 6 ou 8 semaines dans la rue, des « visions » et des « conceptions » sont en train de s’affronter et de fusionner, là-haut, dans les salons du gouvernement, pour devenir des « normes » et des « règles », bonnes ou mauvaises. Soit. Mais jusqu’à présent, toutes les « concertations » et négociations entamées avec ce gouvernement ont donné lieu à des reculs et à de nouvelles régressions. Le texte d’orientation ne présente aucun bilan sérieux de cette stratégie, qui est de toute évidence dans une impasse.
Malgré ses défauts, la Charte d’Amiens, adoptée par la CGT en 1906, avait au moins le mérite d’inscrire « l’expropriation générale » des capitalistes au centre des objectifs du mouvement syndical. Pourquoi cet objectif a-t-il été abandonné ? Les propositions du texte ne portent nullement atteinte à la propriété capitaliste. Elles reposent entièrement sur l’illusion qu’au moyen de diverses mesures fiscales et « régulatrices », il serait possible de faire en sorte que le capitalisme obéisse à une « logique » différente, dans l’intérêt des travailleurs. Mais en définitive, une direction syndicale qui ne veut pas lutter contre le capitalisme est condamnée à se plier à ses impératifs.
Personne ne propose – comme on le prétend parfois – de sous-estimer l’importance des luttes immédiates et d’attendre passivement l’avènement du socialisme. Il est bien évidemment nécessaire de lutter, ici et maintenant, contre toutes les conséquences du capitalisme, que ce soit le chômage et la précarité de l’emploi, les conditions de travail infernales, les salaires dérisoires ou les discriminations raciales, sexuelles, etc. Mais en même temps, il faut dire la vérité aux travailleurs. Il faut s’efforcer de leur faire comprendre qu’on ne peut pas résoudre les problèmes engendrés par le capitalisme sur la base du capitalisme. La CGT doit expliquer constamment et patiemment, à tous les travailleurs, que leurs luttes immédiates – même victorieuses – n’enlèvent rien à la nécessité impérieuse d’en finir avec le capitalisme. Il faut ouvrir les yeux des travailleurs sur le fait que, sur la base de ce système, tout ce qu’ils peuvent gagner par la lutte, souvent au prix d’énormes sacrifices, sera nécessairement miné et perdu par la suite, si les capitalistes conservent le contrôle de l’industrie et de la finance.
L’argument qui consiste à dire que ceci revient à « faire de la politique », et qu’un syndicat ne doit pas en faire, est totalement fallacieux. Dans une interview au Monde, en août dernier, le délégué CGT de Continental, Xavier Mathieu, y répondait en ces termes : « Mettre dos-à-dos les politiques et les syndicalistes, c’est de la connerie. Quand Thibault demande l’interdiction des licenciements ou la hausse du SMIC, ce n’est pas de la politique ? […] Comment on peut dire, si on est syndicaliste, qu’on ne fait pas de politique ? » C’est absolument correct. Expliquer qu’il faut lutter contre le capitalisme, c’est, en effet, une prise de position politique. Mais s’accommoder du capitalisme, en le considérant comme le seul système possible, c’est une position tout aussi « politique » !
Que les dirigeants de la CGT le veuillent ou non, une polarisation « politique » va se développer, au sein de la confédération, dans les années à venir. La crise du capitalisme et l’impasse du « syndicalisme de proposition » – qui propose de ne pas toucher à la propriété capitaliste –, provoquent une radicalisation croissante de la base militante de la CGT. Les responsables syndicaux qui y résisteront seront écartés et remplacés par des dirigeants plus combatifs. C’est inévitable – et c’est nécessaire. La CGT est la plus puissante organisation des travailleurs du pays. Elle a un rôle décisif à jouer dans la lutte pour en finir avec le système capitaliste. Mais pour cela, il lui faut un programme, des idées, une stratégie et des dirigeants à la hauteur de cet objectif !
Le 1er novembre 2009
Un cheminot, militant PCF et conseiller municipal de Choisy-le-Roi explique, sur son blog, pourquoi il n’a pas fait grève le 20 octobre… A LIRE ICI
En documents attachés les articles de
« L’Humanité » et du « Monde » du vendredi 16 octobre 2009 rendant compte de la conférence de presse de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et
du travail (Afset) sur les ondes électromagnétiques. L’un est intitulé « des ondes pas sans effet
» l’autre « aucune preuve convaincante d'un effet biologique ». Soit les journalistes n’ont pas écouté le même discours, soit l’un des deux essaye de faire cadrer le contenu de son article avec
un présupposé idéologique. L’article du « Monde »
est bien plus informatif sur les données de l’étude de l’Afset que celui de « l’Huma » qui relève du parti pris. En l’état actuel, il n’y aucune donnée concrète, malgré les nombreuses études, qui
permettent d’établir un lien entre les ondes électromagnétiques et une quelconque pathologie. Ce qui signifie que s’il y en a il n’a pas été démontré. Le rapport et c’est aussi son intérêt
souligne les insuffisances méthodologiques de nombre de ces études qui annulent leurs conclusions. Or, curieusement il y a une prévalence forte d’erreurs méthodologiques dans les études concluant
à un effet biologiques des ondes, comme si un présupposé idéologique intervenait dans la construction de l’étude. Que l’Homme se pose des questions sur les éventuelles conséquences des ondes
électromagnétiques pour la santé compte tenu de l’explosion des technologies de communications est normal. Mais le problème est que l’information véhiculée par les médias et la presse est
élaborée par des associations qui ont fait de la peur de la nouveauté leur fonds de commerce (Robin des toits,
CRIIREM, Fédération Nationale de l’Environnement…).
L’émotion sert de terrain favorable aux thèses préétablies. Le recours aux experts « indépendants »
autoproclamés aux titres ronflants est systématique en lieu et place des spécialistes du domaine qui travaillent effectivement sur le sujet. Et quand ces derniers sont sollicités c’est
pour être accusés d’être à la solde des multinationales.
Le discours anti-multinationale de surface sert à faire avaler l’idéologie de l’irrationnel et de
l’obscurantisme.
« Le Figaro » est le seul quotidien national qui
donne une information scientifique digne de ce nom. « Le
Monde » et « Libération »
jouent sur les deux tableaux, un peu de rationnel (d’information scientifique) et beaucoup d’opportunisme. Quant à « l’Humanité », l’opportunisme (l’inculture scientifique) règne en maitre. Dans l’article sur les ondes la journaliste parle
« d’essais cliniques in vitro » ! Les essais cliniques portent sur les malades, seuls les
médecins ont accès aux malades. Les essais in vitro (dans les tubes à essai, les boites de cultures) concernent les cellules isolées ou des explants tissulaires. C’est le domaine des chercheurs.
Visiblement la journaliste ne sait pas de quoi elle traite. Il est donc logique qu’elle conclut son article en citant « France Nature Environnement » et « Robins des Toits ».
« L’Humanité » est le seul quotidien national à
parler des luttes, mais en essayant de lier l’intérêt des salariés à cette idéologie ultraréactionnaire qu’est l’écologisme.
Il est particulièrement scandaleux qu’au nom de Jaurès, P Le Hyaric et sa
rédaction nous distille les idées d’Al Gore, J Bové, C Lepage, N Hulot, Yan Arthus Bertrand, Fabrice Nicolino et tant d’autres charlatans…
Le monde du travail a tout à y perdre.
Je recommande vivement « Ondes électromagnétiques mythes, peurs et réalités » 5 euros a
commander à l’Afis « association française pour l’information scientifique » 14 rue de l’Ecole polytechnique 75005 Paris
Le parti pris du titre « des ondes pas sans effets » paraissant trop évident et en décalage avec les conclusions de l’Afset, la rédaction de « l’Huma » a modifié le titre de la version web de l’article qui est devenu plus neutre « Antennes relais quel danger ? »
Frustrations et colères se sont accumulées au fil des mois. Dans la dernière période elles ont été nourries par la confiscation du pouvoir par SARKOZY, par l’arrogance et le comportement indécent des banques, du patronat, ainsi que par la dictature des actionnaires imposant délocalisations et fermetures d’entreprises. Voilà qu’éclate maintenant le scandale du management des entreprises publiques et privées par la terreur qui a dejà conduit des dizaines de travailleurs au suicide. Cette situation insupportable ne pourra pas durer éternellement. Comment ne pas voir que ces tensions créent les conditions d’une forte explosion sociale. L’histoire de notre pays est jalonnée de ces explosions que personne n’avait vu venir.
Les centrales syndicales se sont fixées comme mission de canaliser le mécontentement afin d’éviter une explosion sociale. Cette stratégie prédomina durant le premier semestre 2009. Elle conduisit au découragement et à l’échec d’un mouvement pourtant puissant et décidé. Les états majors syndicaux seront vite dépassés par les évènements s’ils n’opèrent pas une rupture avec les complaisances et les complicités qu’ils ont noué avec le pouvoir et le MEDEF, avec le Président de la République en particulier.
La CGT tient congrès dans quelques semaines. Le problème est de savoir si le 49e congrès servira de caisse de résonance des souffrances et des luttes du monde du travail et de la jeunesse. Sera-t-il le point de départ d’un ample mouvement interprofessionnel et intergénérationnel ? Verra t on la direction confédérale, qui craint l’analyse concrète de la situation, et l’action qui en découle, réussir à étouffer le débat, à museler la parole des délégués, en particulier celle des militants qui ont été à la tête des luttes de ces derniers mois ? Ce serait un véritable déni de justice, et de démocratie.
Pour éviter cette sombre perspective, plus que jamais les bouches doivent s’ouvrir, et leur force se transformer en bruit assourdissant.
Guy POUSSY
Syndiqué CGT depuis 1950
Dimanche 27 septembre, les électeurs allemands et portugais sont appelés aux urnes. La « couleur » du parti, ou de la coalition future, va-t-il découler de leurs choix ?. Lire ici le commentaire de mon ami Jean Lévy
L'hypocrisie de Mme Hillary Clinton
par José Reinaldo Carvalho
Utilisant la vieille méthode qui consiste à accuser la victime, la secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, s'est déclarée "préoccupée" par ce qu'elle considère être une "course aux armements" en Amérique du Sud (sic) et s'est référée expressément à l'achat d'armes par le Vénézuela. Dépassant les limites de la diplomatie, la secrétaire états-unienne a suggéré que le pays de Bolívar fournit des armes aux groupes insurrectionnels.
De telles tactiques de diversion, hypocrites, ont été utilisées par le président colombien Álvaro Uribe lorsqu'au dernier sommet de l'UNASUR il a essayé de brouiller les cartes et de présenter sur un pied d'égalité les achats d'armes par le Vénézuela, l'accord militaire entre le Brésil et la France et l'installation de sept bases militaires aux États-Unis en Colombie.
Le gouvernement actuel de l'impérialisme américain n'a pas l'autorité morale lui permettant de se référer de façon critique à la "course aux armements" en Amérique latine ou ailleurs. La superpuissance états-unienne est le plus grand instigateur des guerres d'agression et du militarisme dans le monde aujourd'hui. Ses dépenses militaires s'élèvent à plus de 500 milliards de dollars. Ses bases militaires, plus de huit cents, sont réparties à travers tous les continents dans plus d'une centaine de pays. Sa branche armée en l'Europe et dans toute la zone de l'Atlantique Nord, l'OTAN, s'étend vers l'est et mène des campagnes de guerre en Asie centrale. Ses flottes navales naviguent sur toutes les mers, déployant sa puissance maritime en vue de la domination du monde. Ses commandements militaires, installés à des endroits stratégiques, continuent de jouer le rôle de proconsulats et de principaux protagonistes de la politique étrangère des États-Unis, qui se confond avec les politiques de sécurité et de défense. En fait, si Mme Clinton était vraiment multilatéraliste, comme le Parti démocratique se plaît à se présenter, elle protesterait contre ce phénomène qui donne au militarisme des proportions exorbitantes et discrédite la diplomatie. Quant aux armes nucléaires, les États-Unis continuent d'imposer au monde l'odieux monopole de celles-ci par un club privé et une inquiétante course vers la supériorité absolue, comprenant des plans d'installation du bouclier antimissile en Europe orientale. L'Irak et l'Afghanistan sont toujours à feu et à sang, massacrés par les forces armées des États-Unis.
L'arrogance de la déclaration de la responsable de la politique étrangère du gouvernement des États-Unis est encore plus évidente devant l'accroissement du militarisme en vue d'interventions militaires, représenté par la décision de déployer sept bases militaires en territoire colombien et par la remise en service de la Quatrième flotte de la Marine de guerre au moment où le gouvernement précédent quittait le pouvoir, et que le gouvernement du président Obama ne semble pas vouloir abroger.
C'est là que réside le danger pour l'Amérique latine, qui se trouve maintenant dans un nouveau contexte politique, qui se caractérise par l'avancement des processus démocratiques, populaires et anti-impérialistes. Les peuples latino-américains sont engagés dans la mise en oeuvre d'expériences politiques nouvelles, progressant dans l'obtention de conquêtes politiques et sociales, consolidant leur intégration et créant une situation difficile à inverser. Le monde a changé, et il n'y a maintenant plus de place ni pour la politique des canonnières de Washington ni pour des attitudes arrogantes ou hypocrites en matière de politique étrangère.
Les déclarations d'Hillary Clinton doivent constituer pour nous, anti-impérialistes et défenseurs de la cause de la paix, un signal d'alarme. Nous ne devons avoir aucune illusion. L'installation de bases militaires en Colombie et l'existence de la Quatrième Flotte sont des menaces concrètes à la souveraineté de tous les pays d'Amérique latine ainsi qu'une tentative d'intimider les processus révolutionnaires semblables à celui qui est en cours au Vénézuela.
Le Vénézuela, comme le Brésil, a le droit de rééquiper ses forces armées pour dissuader les menaces et assurer la défense nationale. Les processus d'intégration doivent développer la coopération également dans ce domaine dans le cadre du Conseil de défense de l'Amérique du Sud, qui vise à empêcher l'interventionnisme états-unien et la tentative d'utiliser le régime voyou de la Colombie comme tête de pont pour perpétrer des agressions dans notre région.
PS: La conception et la mise en œuvre de l'accord pour l'achat d'équipement militaire à la France et du transfert de technologie ont jusqu'à présent été positives pour le Brésil. Mais il faut se méfier de Sarkozy : ce n'est pas un défenseur de la paix ou d'un ordre international fondé sur l'égalité et la souveraineté des nations. C'est l'un des plus grands interprètes du droit européen, atlantiste et impérial.
José Reinaldo Carvalho est le secrétaire des relations internationales et directeur du Parti Communiste du Brésil Cebrapaz.
Et pourquoi ne pas, à notre tour, établir le bilan criminel du capitalisme ?
En France, la bourgeoisie est aux commandes depuis 220 ans. Elle a gagné le pouvoir politique avec la Révolution française. Elle l’a fermement établi sous la dictature napoléonienne Après la tentative avortée de la noblesse de reconquérir ses privilèges, avec la Restauration, de 1815 à 1830, le capitalisme s’est développé sous deux pouvoirs autoritaires : d’abord,le « règne des banquiers », sous Louis-Philippe, et, ensuite, le Second Empire de Napoléon III, avec la première révolution industrielle.
Samedi et dimanche derniers, France Inter a fait la part belle, lors de ses infos du matin, à la « chute du Mur » et à ses conséquences politiques mondiales.
Faire de cet évènement, l’essentiel de l’actualité, deux mois avant la date anniversaire, pose question.
En utilisant l’histoire avec une hâte fébrile, la chaîne publique veut-elle mettre en alerte l’opinion face, à une menace que le Parti Communiste Français, avec ses actuels dirigeants, ferait peser sur notre société ?
Cela se saurait !
Le risque, c’est 1997 en pire. Oui à l’union à gauche, oui à un front de gauche anticapitaliste mais non à toute liste commune avec le PS au premier tour des élections régionales de mars 2010. La nature de l’actuelle crise du capitalisme nous dicte la nature de l’union à gauche que nous devons réaliser, dans notre action politique contre le capitalisme, sa crise et lors d’élections pour le changement de société. Faire l’erreur de répondre positivement aux appels lancés par un PS qui s’est converti ouvertement au capitalisme, c’est se condamner à revivre, en plus grave, le désastre de 2002.
Devant les luttes dispersées et désespérées contre les licenciements comme celle des Fabris à Châtellerault, où le responsable CGT de l’entreprise constatait amèrement l’absence des directions syndicales nationales, il y a urgence à construire une union sur des bases anticapitalistes. Urgence aussi à l’union la plus large contre les licenciements et la destruction de l’appareil productif menée tambour battant par le gouvernement Sarkozy-Fillon et le MEDEF, encadrés par les directives de l’Union européenne, urgence à proposer une grande initiative nationale pour l’interdiction des licenciements.
Parlons clairement : un vrai front de gauche anticapitaliste est une bonne orientation, mais la direction du PCF aurait du prendre l’initiative de l’élargissement du front de gauche à toutes les forces politiques à la gauche du PS, au lieu de maintenir l’ambiguïté de l’hypothèse d’une union électorale à courte vue et contre nature avec le PS. Au premier tour des élections régionales, nous sommes opposés au principe réformiste d’avoir des candidats communistes sur les listes du Parti socialiste.
Nous préconisons deux positions, des listes communistes ouvertes de large union ou des listes d’union la plus grande, à la gauche du Parti socialiste, dans le cadre du Front de gauche, selon la situation de chaque région.
Nous devons être précis sur le 2ème tour des élections régionales. OUI à l’union républicaine avec le PS au 2ème tour face à la droite, à condition de garder toute notre autonomie de pensée, de parole et d’action, y compris dans le cas d’une gestion commune. La direction du PCF doit arrêter de balancer entre une union opportuniste et une union de classe. Un vrai front de gauche anticapitaliste nécessite un parti communiste actif, renforcé et innovant.
Nous nous prononçons pour :
-l’union la plus large pour une grande initiative nationale contre les licenciements et la destruction du tissu industriel
-l’union dans un front de gauche anticapitaliste, sur un contenu et des perspectives de classes.
Cela nécessite un PCF actif, renforcé et innovant, sur des positions marxistes.
Le 1er septembre 2009
Caroline Andréani et Jean-Jacques Karman
membres du Conseil national du
PCF
Gauche Communiste
votre point de vue