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DIABLO est mon pseudo pour ce blog. J'ai 58 balais, j'ai des origines corréziennes, j'habite près de Paris mais on peut parfois me rencontrer en Normandie, entre Arromanches et Ouistreham. Je suis cadre administratif, syndiqué à la CGT, dans une multinationale faisant partie du CAC 40. Je me définis comme un patriote républicain, fervent défenseur de l'indépendance nationale et de la souveraineté populaire. Membre d'aucun parti, j'assume, par ailleurs, ma sensibilité communiste et me définis comme un "rêveur de mieux". Je pratique le dessin et la photo en amateur. J'anime ce blog et vous invite à commenter mes publications. Echangeons, débattons... Salut et fraternité
Quelques-unes de mes lectures :
Outre de nombreux livres, je lis régulièrement LE PARISIEN, L'HUMANITE-DIMANCHE, LE MONDE
DIPLOMATIQUE, parfois L'HUMANITE; mais aussi MARIANNE, OUEST-FRANCE et des revues comme SINE-HEBDO, LE SARKOPHAGE, LE PLAN B, CQFD ou
encore COMMUNE revue trimestrielle. Je lis très rarement LE MONDE, LE FIGARO ou LIBERATION et je boycotte CHARLIE-HEBDO. Je suis également abonné à
INITIATIVE COMMUNISTE, le mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France.






La révision du processus de privatisation de la poste qui s'étalait sur dix ans est la mesure emblématique du nouveau gouvernement Yukio Hatoyama. L'enjeu est plus que symbolique. La Japan Post, qui fut longtemps une compagnie géante, jouait un rôle social important, négligé par l'ex-Premier ministre Junichiro Koizumi. Ce débat est à l'œuvre dans nombre de pays, comme en témoigne le cas français ces jours-ci.
La victoire écrasante du Parti démocrate du Japon
(PDJ, centre gauche) aux législatives du 30 août dernier a mis fin à plus de cinquante-quatre ans de règne presque ininterrompu du Parti libéral-démocrate (PLD, droite). Pour autant, va-t-on
assister à un tournant historique des orientations de la politique économique japonaise ?
Dans l'article "Ma philosophie politique", publié dans "Voice" au mois d'août dernier, le futur Premier ministre Yukio Hatoyama soulignait sa volonté de
sortir des politiques du PLD, influencées par le "fondamentalisme de marché", pour aller vers des politiques au service de la vie des gens et créatrices de liens sociaux. Parmi les mesures
annoncées par le gouvernement Hatoyama, la révision du processus de privatisation de la poste apparaît donc comme la plus emblématique des politiques économiques que souhaite mener la nouvelle
majorité en s'opposant aux excès du libéralisme.
La privatisation de la poste a été le combat de toute la vie publique du Premier ministre Junichiro Koizumi et son plus grand chantier économique. Voté par
le Parlement en octobre 2005, après bien des blocages, la privatisation de la poste devait s'étaler sur dix ans (2007-2017). Japan Post était alors un géant par son nombre de salariés (271.000),
son réseau national de bureaux (25.000) et son poids financier assis sur la plus grande banque du monde (2.000 milliards de dollars, 30% de l'épargne des ménages) ainsi que la plus grande
compagnie d'assurance-vie du Japon (1.000 milliards de dollars, 40% des actifs d'assurance-vie des ménages).
Cette épargne était mise au service de l'Etat japonais via l'achat d'obligations publiques et permettait, notamment, de financer les dépenses
d'infrastructures. La poste représentait, pour ses défenseurs, le symbole de soutien à "l'Etat constructeur" ("doken kokka"), version japonaise de l'Etat providence et, pour ses détracteurs,
celui de la bureaucratie, de la corruption et de l'endettement public. Contrairement à de nombreux pays européens, l'élément moteur de la privatisation de la poste japonaise a été l'intégration
dans le giron privé du pôle financier public et non l'ouverture à la concurrence du secteur du courrier.
La privatisation de la poste a commencé par l'éclatement de Japan Post en quatre entités : la banque avec Japan Post Bank, l'assurance avec Japan Post
Insurance, le courrier avec Japan Post Service et les bureaux de poste avec Japan Post Network. Quatre filiales gérées par un holding (Japan Post Holdings) dont les capitaux étaient au départ à
100% publics. A l'horizon de fin septembre 2017, tous les titres de la Japan Post Bank et de la Japan Post Insurance devaient être vendus et l'État ne devait conserver qu'environ le tiers de
l'ensemble des titres gérés par la Japan Post Holdings. Toutefois, les mesures de privatisation de la poste se sont très vite traduites par des retombées négatives sur la vie des ménages. La
fermeture de plus de 300 bureaux de poste a fortement pénalisé les personnes âgées, privées de services courrier et paiement des retraites ou de collecte des dépôts d'épargne à domicile.
Pendant sa campagne électorale, Yukio Hatoyama a insisté sur le fait que la décision de privatiser la poste ne s'était basée que sur la logique du marché et
avait négligé le rôle traditionnel de lien social joué par le personnel de la poste au niveau local, porteur d'importantes valeurs communautaires. C'est pourquoi son gouvernement s'est tout de
suite attelé au dossier de la poste.
Selon les plans du gouvernement, les deux compagnies Japan Post Service et Japan Post Network seront intégrées dans la Japan Post Holdings. Cette nouvelle
configuration facilitera la coordination de leurs activités et améliorera les services rendus, services qui s'étaient dégradés depuis le cloisonnement des activités en 2007. Mais, surtout, elle
permettra de compenser la baisse attendue des profits de la Japan Post Service et de Japan Post Network par des financements basés sur les profits des entités financières postales. De leur côté,
la Japan Post Bank et la Japan Post Insurance devraient rester séparées et continuer d'être gérées par la Japan Post holdings.
Alors que dans le système actuel l'Etat devait vendre environ deux tiers des titres de la Japan Post holdings d'ici à 2017, le nouveau plan prévoit que
l'Etat devra posséder plus de deux tiers de ceux-ci, la Japan Post Holdings détenant également plus de deux tiers des titres de chacune des institutions financières. En exerçant un contrôle total
sur les trois services de la poste (courrier, banque, assurance), l'État peut ainsi assurer une qualité homogène de service sur l'ensemble du territoire et favoriser le financement d'activités
utiles à l'avenir de la collectivité. Ce dossier semble bien attester une orientation nouvelle de la politique économique japonaise.
économiste
source : « union des familles laïques »
Non, la bourse ce n'est pas la vie!
Ceux-là mêmes qui ne l'avaient pas vu venir voient dès maintenant se terminer la crise. Normal puisqu'ils en attribuent la cause dans la « crise de confiance » de la Bourse envers les capitaux à la recherche d'un rendement immédiat et massif (ou l'inverse!) quelques points gagnés par « le CAC 40 » ou le « stock-exchange » ou encore le « Tokyo S.E ».
Mais au moment où certains économistes fantasment sur une prétendue « sortie de crise », des dizaines, voire des centaines de milliers d'emplois sont déjà supprimés; on en attend encore autant d'ici fin 2010: c'est la réalisation de l'opération restructuration des entreprises en vue d'une baisse notoire des coûts du travail.
Remarquons ce que cette « hymne à la reprise » recèle de cynisme ou d'inconscience: voilà des gens qui reconnaissent la crise seulement dans ce qu'elle les touche sans même se soucier des terribles dégâts sociaux qu'elle provoque. La voilà l'immoralité du capital! Son fonctionnement est intrinsèquement immoral.
Mais s'en tenir à la condamnation « personnalisée » de quelques « patrons voyous » ou des « traders ivres de spéculation », c'est finalement « faire semblant de changer pour ne rien changer du tout ».
Ce qui frappe dans cette affaire c'est que personne ne pose la question: avons-nous besoin de la bourse pour vivre et travailler? La crise, qui n'a pas encore atteint son pic nous révèle qu'un divorce grandissant entre ce que les spécialistes appellent économie réelle et économie virtuelle. On arrive ainsi à des situations de plus haut comique. Le Luxembourg avec 500.000 habitants a une valeur ajoutée par salarié de 69.500 euros alors que l'Allemagne comme la France n'atteignent pas 29.000 euros! Autre exemple, en 1980 en France, 17% du profit total venait du système financier contre 40% aujourd'hui. Le maniement de l'argent devient une activité de plus importante dans l'économie nationale.
Alors supprimons la Bourse!
On nous dit « les entreprises ont besoin de fonds énormes pour se moderniser »: c'est oublier que les plus grandes réalisations économiques tels que Airbus, EDF, TGV ou les centrales nucléaires ont été financé par « emprunt public », donc sans passer par la bourse.
Tout l'accuse de la plupart des méfaits, oui on peut se passer de la Bourse.
Le travail au cœur du politique
Une partie grandissant de l'opinion publique accuse le capital financier de la crise globale, il faut s'en réjouir, mais peu remarquent qu'en cette affaire, les victimes sont toujours et partout des salariés atteint collectivement dans leur travail. Or là où il y a résistance des salariés de l'entreprise, elle est animée, éclairée par des militants qui ont généralement des analyses et propositions pertinentes. Problème: il n'y a nulle part, de structures politiques élues où ils peuvent en débattre et surtout les faire valoir juridiquement. Il n'y a pas de tels garde-fous parce que le droit de l'entrepreneur prime sur le droit du salarié dont le « contrat de travail implique subordination contre rémunération » (définition donné par le très officiel "Larousse" en 3 volumes).
Un tel garde-fou serait élu par les actifs (dont 90% sont des salariés) dans les circonscriptions où se situent leurs lieux de travail, l'élection serait soumise au scrutin de liste proportionnel à un tour en deux collèges ouvriers, employés et techniciens d'une part, cadres d'autre part; elle formerait avec l'Assemblée Nationale, le Parlement ce qui signifie: abolition du Sénat.
On peut même imaginer qu'une telle représentation du monde du travail pourrait décréter la distinction juridique entre « domicile familial » et domicile de l'entreprise. Véritable « nuit du 4 Août 1789 », cette loi ouvrirait la porte à quelques mesures qui peu à peu, sans précipitation, ni « centralisme étatique » verrait accéder des millions de salariés ouvriers et ingénieurs, employés et cadres aux responsabilités économiques. Ce serait aussi un pas vers la déprofessionnalisation de la politique, mettant un terme à cette perversion qui fait traiter les lois par 40% des médecins, un gouvernement qui compte un quart de « ministres-avocats d'affaires ».
De fait, les résultats d'une loi électorale qui exclut le travail et l'entreprise des lieux où s'exerce le pouvoir. Insidieusement la « compétence politique » est exigée. Mais ce n'est pas là le seul moyen de faire évoluer la société vers la démocratie avancée. Il faut que cette démarche s'appuie sur des bases de plus en plus solides par un encouragement à l'autogestion des entreprises.
Alors on en discute?
source: "forum rouges vifs"
Vous défendez l’idée selon laquelle les réformes successives de la retraite, depuis une vingtaine d’années, visent à rompre avec le principe au cœur du système construit après la guerre, celui d’une retraite considérée comme le « salaire continué ». Pouvez-vous tout d’abord préciser cette notion ?
Bernard Friot.
En effet, nos pensions ont été construites comme du salaire continué, socialisé, et non comme du salaire différé. Le salaire différé signifie une logique d’épargne : « J’ai
cotisé, j’ai droit. J’ai droit au différé de la cotisation ». Comme si j’étais dans de la prévoyance. La retraite comme salaire continué, c’est le cas de la Fonction publique, et ce depuis
1853 : les agents sont payés pour leur grade, et non pour leur poste, et lorsqu’ils entrent en retraite, ils continuent à être payés pour leur grade. Il y a bien continuation du traitement.
A partir du lendemain de la guerre, ce modèle s’est largement diffusé dans le secteur privé, qui a renoncé à l’épargne.
Jusqu’en 1941, c’était des livrets individuels d’épargne qui assuraient la pension. A la Libération, les cadres sont les premiers à entrer dans la logique des fonctionnaires : dès 1947, avec
l’Agirc (leur caisse spécifique, Ndr), ceux qui partent en retraite, partent avec une pension pleine s’ils ont eu une carrière complète, alors même que, par définition, ils n’ont jamais cotisé
pour un système de retraite qui n’existait pas encore. Il suffit tout simplement que les actifs cotisent à un taux suffisant pour payer toutes les retraites au fur et à mesure. On voit bien que
la retraite n’est pas la contrepartie des cotisations passées, mais fondamentalement d’abord la continuation du salaire, qui est certes financée par des cotisations actuelles. De même, dans les
entreprises publiques, le dispositif mis en place au lendemain de la guerre copie celui des fonctionnaires. Au point qu’à EDF, on appelle la retraite, le « salaire d’inactivité ».
Dans le privé même, deux mouvements vont accentuer cette tendance. D’abord, l’indexation des retraites sur les salaires, au lieu de l’indexation sur les prix : on affirme ainsi que la
pension est totalement liée au mouvement des salaires. Puis les lois Boulin, de 1971-1972, améliorent nettement le taux de remplacement (du salaire par la pension).
La génération 1930, la dernière à partir en retraite dans les conditions d’avant la réforme (1993), a bénéficié d’un taux de remplacement, en moyenne, de 84% du dernier salaire dans le privé pour
une carrière complète. A comparer à l’objectif de 66 % à l’horizon de la réforme Fillon de 2003.
Comment ce mouvement vers une retraite, continuation du salaire, a-t-il été rompu ?
Bernard Friot. En 1987, Philippe Seguin (ministre des Affaires
sociales dans le gouvernement Chirac, Ndr), maître à penser de François Fillon, décide l’indexation sur les prix. Une rupture majeure, sur le plan quantitatif : l’essentiel de la baisse du
taux de remplacement est dû à cette mesure. Et du point de vue symbolique, la pension est clairement coupée du salaire. La deuxième étape, c’est le gel des cotisations, à partir de 1991 dans le
régime général, de 1996 dans les régimes complémentaires : là encore, on rompt avec la logique salariale qui, jusqu’ici, accompagnait par une hausse du taux de cotisation la croissance de la
place des retraités dans la vie sociale.
Compte tenu de la montée des besoins, cela génère un espace pour la capitalisation. Troisième étape, c’est la distinction entre le contributif et le non-contributif, avec la mise en place, en
1993, du Fonds de solidarité vieillesse (FSV, financé par la CSG, qui prend en charge les cotisations retraite des chômeurs, Ndr). Jusque là, les aléas de carrière étaient couverts par la
cotisation socialisée. On ne stigmatisait pas, comme non-contributifs, des populations ou des avantages, comme on le fait pour les avantages familiaux maintenant. En distinguant le contributif du
non-contributif, on sort du salaire et on va du côté de la prévoyance. Le FSV, c’est de la solidarité nationale, pas de la solidarité salariale.
Dernière étape, en date, du changement de logique : la loi Fillon de 2003 substitue la durée de cotisation à l’âge comme critère fondamental du droit à la retraite. Ce n’est pas le salarié
qui, à tel âge, continue à toucher son salaire alors qu’il n’a plus de poste, c’est l’individu qui a cotisé pendant tant d’années et qui a droit à une pension strictement contributive. Le projet
de ces réformes, c’est que le mouvement de la pension ne soit plus celui du salaire.
Selon vous, la
suite de la réforme est déjà annoncée.
Bernard
Friot. Oui, c’est l’adoption du modèle suédois.
Comment fonctionne le système suédois ?
Bernard Friot. Chaque salarié se voit affecter un compte dans lequel sont comptabilisées toutes ses cotisations. Il n’y
a plus d’âge légal de départ. Lorsque le salarié liquide sa pension, on divise le compte, dit virtuel ou notionnel, par l’espérance de vie de la cohorte à laquelle il appartient, ceux qui, cette
année-là, ont 60 ans, par exemple : s’ils ont en moyenne 23 ans d’espérance de vie, on divise le montant du compte par 23 pour obtenir la rente annuelle. Avec ce système, toute hausse de
l’espérance de vie pousse les intéressés à retarder la liquidation de leur pension pour en conserver le montant. Le lien entre espérance de vie et durée de vie professionnelle est assuré de façon
systémique.
On est dans la stricte contributivité. L’objectif est que la somme des pensions soit strictement proportionnelle à la somme des cotisations.
En France, il y a déjà une proposition de réforme, avancée par Thomas Piketty, qui reprend cet exemple suédois. Tous les régimes actuels obligatoires en répartition (privé, public, indépendants,
agriculteurs) seraient remplacés par un « système public en répartition ». Avec un taux de cotisation fixé définitivement à 25 %, ce qui entraînerait à terme une baisse du taux de
remplacement et ouvrirait peu à peu de l’espace pour la capitalisation. Les cotisations versées seraient actualisées chaque année en fonction de la hausse moyenne des salaires, un rendement
garanti par l’Etat. Lorsque l’assuré liquiderait son compte, son « capital » ainsi accumulé serait divisé par l’espérance de vie de son groupe social pour établir sa pension
annuelle.
Quelle est la principale différence avec le système que nous connaissons
actuellement ?
Bernard
Friot. C’est la disparition de la référence au salaire. Alors que nous étions dans un mouvement qui rapprochait de plus en plus la pension
du salaire, le projet Piketty parachève une réforme qui veut rompre avec l’idée de salaire continué. On basculerait dans un système de prévoyance individuelle, garanti par l’Etat. Piketty parle
de « mécanisme d’épargne obligatoire garanti par l’Etat ». Certes, ce n’est pas de l’épargne rentière, on reste en répartition et ce sont toujours les cotisations qui financent les
pensions, sans accumulation financière. Mais on est bien dans une logique de patrimoine ; la pension ne s’inscrit plus dans le flux courant du salaire, mais comme un stock converti en rente.
Les ménages sont titulaires d’actifs, au titre du compte notionnel ; c’est un actif des ménages sur l’Etat.
Le but est de bâtir ainsi un « premier pilier » de retraite, public, assurant aux individus un revenu différé certes insuffisant mais assez élevé pour qu’ils se portent sur le marché
financier pour le « deuxième pilier ». Les projets européens, et le projet français qui s’inscrit dans ce cadre, ont tiré les leçons de l’échec du modèle anglais, celui d’un financement
massif de la pension par l’épargne financière. Les Britanniques ont constaté qu’avec une pension publique trop faible, les individus n’osent pas affronter le marché des capitaux. Donc, si l’on
veut –et c’est l’obsession des réformateurs une large pratique de l’épargne financière par la partie la plus payée des salariés (12 à 15 millions de personnes en France), il faut leur garantir
une pension publique dont l’horizon est clair, le niveau assuré, qui leur permet d’oser affronter le marché financier.
Face à cette menace, vous préconisez un prolongement du système de retraite comme salaire continué, en avançant l’idée d’un « salaire à la qualification à
vie ». Pouvez-vous vous expliquer ?
Bernard
Friot. Il s’agit de faire un pas de plus dans la sécurité sociale, comme le propose la CGT avec son projet de sécurité sociale
professionnelle, en disant que la qualification est un droit du travailleur, opposable en toutes circonstances, avec le salaire qui l’accompagne, et non un droit lié au poste. Les aléas du poste
ne doivent pas avoir d’incidence sur ce droit à la qualification. Dans l’immédiat, cela signifie qu’on ne passe pas par une période de chômage, qui est disqualifiante. On justifie ainsi le
maintien du salaire aux chômeurs.
Cela signifie aussi qu’à 60 ans, on se voit attribuer la qualification à laquelle on est parvenu. C’est la qualification, et non l’emploi, qui est le coeur des droits sociaux. Il reviendrait à la
caisse de sécurité sociale professionnelle, financée par une cotisation sociale nouvelle, d’assurer l’effectivité de ce droit d’amélioration constante, sans les aléas de l’emploi, de la
qualification et donc du salaire.
Pour vous, le retraité reste un salarié qualifié pendant toute sa
retraite…
Bernard Friot. Oui, et c’est pour cela que plus il y a de retraités, plus leur part dans la production de richesse est importante. L’argument démographique n’a strictement aucun fondement de
ce point de vue. La retraite n’est pas un moment de repos après le travail, comme on a pu l’appréhender au départ.
C’est du travail libre payé, même s’il est vrai qu’aujourd’hui cela vaut surtout pour les cadres, qui formalisent dans la sphère publique une poursuite de travail libre ; dans les catégories
populaires, c’est plus dans la sphère privée que cela s’opère. La retraite, c’est du temps conquis sur le capital, pas sur le travail. La responsabilité – énorme – des retraités, c’est de
contribuer à inventer des rapports nouveaux au travail, qui n’identifient pas discipline collective et subordination au capital. Et je ne vois pas pourquoi le retraité n’aurait pas, pendant sa
retraite (aujourd’hui deux décennies, demain trois), l’occasion d’améliorer sa qualification.
Le
« salaire à la qualification à vie », cela coûterait cher…
Bernard Friot. Nos capacités de travail ne doivent plus être des marchandises. Nous nous battons pour que l’eau ou la santé ne soient
pas des marchandises, et nous aurions des doutes sur l’urgence d’une bataille pour la qualification et le salaire comme droits de la personne ?
Evidemment, le financement de tels droits pose avec acuité la question de la répartition de la monnaie (récupérer les dix points de PIB perdus du fait de la « modération salariale »
donnerait au salaire près de 200 milliards de plus par an). Mais elle pose surtout la question de la création de la monnaie. Actuellement, celle-ci est totalement liée à l’anticipation par les
banques du prix qui va être attribué aux marchandises capitalistes.
Il faut engager une bataille politique sur la création monétaire explicitement liée à la reconnaissance des qualifications. Un travail politique sur le lien entre travail et création monétaire.
Et non une création monétaire pour sauver la mise des actionnaires des banques, comme aujourd’hui.
Alors qu’on nous rabâche qu’on ne peut pas créer de monnaie, les centaines de milliards créés depuis août dernier par les banques centrales, qui provoquent aujourd’hui l’inflation financière des
prix du pétrole et de l’agro-alimentaire, auraient été infiniment plus utilement, et sans inflation, consacrés à l’attribution à chacun d’une qualification et du salaire qui va avec. Car le
travail est aujourd’hui considérablement sous-évalué.
(*) Enseignant à l’IUT de Longwy, chercheur en économie au CNRS, auteur de « Et la cotisation sociale créera l’emploi », édition
La
Dispute.
par Filpac-CGT
source : "Ufal Flash n° 89"
"Si la France quitte l'euro, ne risque-t-elle pas d'être complètement isolée en Europe ?"
Cette interrogation, entretenue par les médias et
les partisans de la monnaie unique, est légitime. Beaucoup en effet ont bien compris les méfaits de l'euro, mais n'osent pas tirer jusqu'au bout les conclusions de leur réflexion, de crainte d'un
isolement dévastateur de notre pays en Europe.
Il faut les rassurer.
Pour quelles raisons ?
D'abord parce que l'Europe sans la France n'existe pas et ne peut pas exister. La France est en effet le 2ème pays le plus peuplé du continent (et le premier
dans 25 ans), elle est aussi le plus étendu et elle occupe une place absolument centrale dans la géographie européenne. D'un strict point de vue monétaire, la part pondérée du franc dans l'euro
s'élève à 25%. La sortie de la France de la zone euro ne se traduirait donc pas par autre chose qu'une disparition pure et simple de cette zone. Les économistes en sont bien conscients, et tout
dirigeant politique de bonne foi ne peut que l'admettre.
Par ailleurs, une sortie de la France de l'euro ne se ferait pas d'un coup, du jour au lendemain, à la surprise générale. Elle aura nécessairement été précédée d'une phase de plusieurs mois de discussions et de négociations, qui aura permis l'anticipation par l'ensemble des acteurs européens d'une possibilité que la France abandonne la monnaie unique. En économie, l'anticipation est fondamentale. Un événement anticipé n'en est plus un. Il n'y a donc pas à craindre une réaction brutale et imprévue des marchés par exemple.
Il faut également bien se rendre compte que les pays de l'Union européenne qui n'ont pas fait le choix de l'euro ne sont en rien isolés. Outre le fait que leurs économies se portent mieux que les nôtres, le Royaume-Uni, le Danemark ou la Suède obtiennent très souvent gain de cause à Bruxelles et ne sont pas considérés comme des parias. C'est mentir ou méconnaître profondément le fonctionnement de l'Europe que d'affirmer le contraire.
Enfin, une sortie programmée de la France de l'euro libérerait très vraisemblablement d'autres pays qui eux-aussi ont intérêt et souhaiteraient abandonner la monnaie unique. Une France annonçant sa volonté de retrouver une monnaie nationale verrait très certainement des pays comme l'Italie ou même l'Allemagne lui emboîter le pas. Il ne faut pas croire que seul notre pays a des problèmes avec l'euro. Le débat est même souvent plus libre et plus avancé ailleurs, notamment dans les deux pays cités précédemment.
Pour toutes ces raisons, il n'y a donc pas lieu de craindre l'apocalypse en cas d'abandon de la monnaie européenne...Un choix politique assumé et clair vaut de toute façon toujours mieux qu'une crise subie et provoquée par l'incapacité de prendre les décisions qui s'imposent en temps et en heure.
"Le franc ne peut pas lutter avec le dollar, alors que l'euro le peut. N'est-il donc pas dangereux de quitter la zone euro ?"
Cette interrogation pose en filigrane la question
de la puissance. Elle part du présupposé que plus une monnaie est attachée à un territoire vaste et peuplé, plus elle est forte au niveau international. Il faut rassurer les personnes
inquiètes à ce sujet. Ce raisonnement n'a en effet aucun sens en matière monétaire.
Pourquoi ?
-Tout d'abord parce que la force d'une monnaie ne réside pas dans la taille du pays où elle a cours légal. Elle se juge bien plus à sa capacité ou non à servir les intérêts économiques de ce
pays. Pour savoir si c'est le cas, il est inutile de regarder la taille du pays, mais il faut s'intéresser à sa valeur et aux taux d'intérêt qui lui sont liés. Ainsi, le franc suisse est attaché
à un petit pays mais il répond beaucoup mieux aux intérêts de la Suisse que l'euro ne le fait pour la zone euro et pour la France. Il n'est en effet par essence par possible d'adapter finement la
valeur de la monnaie unique aux intérêts de chacun des pays qui l'ont adoptée. Il y aura toujours des perdants et des gagnants. Force est de constater que depuis des années, la France est du côté
des perdants, souffrant d'un euro sur-évalué et de taux d'intérêt trop souvent revus à la hausse. Elle n'est cependant pas en mesure de faire valoir ses intérêts auprès d'une Banque Centrale de
Francfort jalouse de son indépendance absolue ;
- Pour cette raison, un franc bien piloté est bien plus profitable pour la France qu'un euro mal géré, quelle que puisse être la différence de poids entre les deux monnaies ;
-Il faut par ailleurs bien avoir en tête que l'euro ne s'est jamais imposé comme une grande monnaie internationale comparable au dollar, contrairement à ce que ses partisans nous avaient promis. Au niveau des transactions internationales, la monnaie unique représente en effet moins que la somme des anciennes monnaies nationales...Il n'y a donc pas eu création de valeurs avec l'euro, mais plutôt destruction.
L'argument de la grande monnaie synonyme de puissance opposé au retour du franc n'a donc aucun fondement.
"L'euro c'est la modernité. Le franc est ringard, archaïque"
Moderne, archaïque. Voilà des termes qu'on entend très rapidement dès qu'un débat sur l'euro, et l'Europe en général, est ouvert.
Cette petite musique lancinante, reprise à
longueurs d'ondes sur toutes nos chaînes de télévision et toutes nos stations de radio depuis des années, a profondément marqué les esprits. Dès qu'il s'agit de discuter de l'avenir de la monnaie
unique, beaucoup préfèrent ne pas entrer dans un débat argumenté, sous prétexte de modernité et de refus de l'archaïsme. Leur posture est souvent sincère, il s'agit donc de tenter d'y répondre
sereinement et le plus clairement possible.
- Il faut tout d'abord avoir bien à l'esprit que la modernité et l'archaïsme ne sont pas des critères pertinents pour juger une mesure économique. Ce qui compte, c'est son efficacité et sa
capacité à apporter plus de croissance, de prospérité et d'emplois. Et là, le prétendu "moderne" euro ne tient pas la route une seconde face aux monnaies nationales. Depuis son introduction en
effet, la zone euro a systématiquement un taux de croissance inférieur à celui des pays européens hors zone. Qui est donc le plus moderne ? L'euro qui nous vaut moins de croissance et moins de
pouvoir d'achat ou la livre sterling qui préserve le Royaume-Uni de ces maux ?...
- Il ne faut ensuite pas oublier que de nombreuses expériences de monnaies uniques ont déjà été menées dans l'histoire, sans qu'elles ne rencontrent jamais le succès escompté. Pensons à l'Union latine au XIXème siècle entre la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie, un échec. Pensons aussi au rouble soviétique, un échec. En revanche, le dollar, le yen, le yuan, le franc suisse ou la livre sterling, devises des Etats-Unis, du Japon, de la Chine, de la Suisse et du Royaume-Uni, ont prouvé leur solidité. Toutes sont des monnaies nationales, attachées à une nation, un pays, conscients de ses intérêts et relativement homogène. Où est donc la supposée modernité ? A bien y réfléchir, pas facile de répondre...
-Enfin, il faut bien se dire qu'une sortie de l'euro ne signifierait en aucune sorte un simple retour en arrière. Il s'agirait de rebâtir une monnaie nationale, plus apte à répondre à nos besoins, mais aussi un nouveau mode de gouvernance de cette monnaie, tenant compte des expériences du passé (comme les échecs de la Banque de France des années 1990 par exemple) et capable de répondre aux défis de demain. Un abandon de la monnaie unique serait d'abord un gain de souplesse, qui n'a aucune raison d'être taxé d'"archaïsme".
source : blog «sortirdeleuro.over-blog.com »
Les réformistes de tous poils, du PS à la CFDT, discourent sur l'idée du partage des richesses en trois tiers. Un pour les actionnaires, un pour l'entreprise, un pour les salariés.
Cette idée fait pourtant bondir d'indignation Madame Parisot et le MEDEF. Elle vient de déclarer dans un entretien au journal « les Echos » : "La question de la répartition de la valeur ajoutée et du profit distribuable appartient à l'entreprise. Seuls les actionnaires peuvent décider du partage des profits. C'est le principe essentiel du droit de propriété. Il n'est pas question d'en discuter."
Cette déclaration a au moins le mérite de mettre les points sur les i. On est loin des propos lénifiants sur les beautés du dialogue social, sur la nécessité pour les salariés de s'investir pour une bonne marche de l'entreprise, sur la communauté d'intérêt entre patrons et salariés.
Madame Parisot rappelle comme il se doit que seul le propriétaire des moyens de production est le maître. Du même coup elle rappelle une vérité première, à savoir que la société est divisée en classes qui n'ont aucun intérêt commun et que leurs rapports sont basés sur un rapport des forces qui s'établit à un moment donné.
Cela s'appelle la lutte de classe. Lutte de classe qui se déroule tous les jours dans les entreprises pour les salaires, l'emploi, les conditions de travail. Dans de grands mouvements qui marquent l'histoire avec d'importantes avancées sociales comme 1936, 1945, 1968.
Cette déclaration de Madame Parisot marque ce qu'on savait déjà, la volonté du patronat de ne rien concéder. Elle marque surtout une inquiétude devant la résistance des salariés qui refusent de faire les frais de la crise, des luttes qui se développent, de la journée du 19 mars qui se prépare partout.
Au-delà des luttes quotidiennes indispensables, elle pose la question de l'existence du capitalisme. A cette question, nous répondons par la nécessité de l'abattre et de construire une société nouvelle, le socialisme.
source : « communistes »
source : « pcf béziers »
Peut-on davantage prendre les Français pour des c..... que ne l'a fait Sarkozy ? Ce personnage, que les idéologues du MEDEF comme Kessler félicitent de « démanteler le programme du Conseil national de la Résistance », ce chef de clan qui, poussé par toute l'UMP, privatise la Poste et EDF, désosse l'hôpital public et l'éducation nationale, brise le statut de la fonction publique et le code du travail, harcèle les chômeurs et démolit les remboursements Sécu, prétend désormais se poser en Zorro de la « régulation étatique » de l'économie ; reculant les limites du culot, il critique l'ultra-libéralisme, annonce (pour la galerie) des « sanctions » pour les spéculateurs (alors qu'il vient de renflouer Tapie en puisant à pleins seaux dans les fonds publics) et sermonne pour la frime les dirigeants du CAC 40 qu'il a gavés de cadeaux fiscaux et de subventions publiques !
Décidément, il faudrait être le dernier des naïfs pour croire encore cet illusionniste : son vrai but est aujourd'hui de masquer sous des discours « anti-libéraux » la gravité de la situation économique dans laquelle le système capitaliste, l'Union Européenne de Maastricht et la politique de « rupture » sarkozyste plongent la France, frappée par la récession et la remontée du chômage, la paupérisation de la classe ouvrière et d'une bonne partie des couches moyennes, les licenciements (Renault, Airbus, Grandange, Good Year), les coupes claires dans les services publics, la montée des inégalités « à l'américaine » : le « remède » proposé par Sarkozy, l'accélération de l'intégration européenne flanquée d'une politique xénophobe qui sape l'identité républicaine de la nation, n'est pas seulement pire que le mal : il est le mal lui-même car la politique de destruction des acquis et de désindustrialisation plongent notre pays dans le déficit chronique et sapent les bases de l'existence de la nation.
Au-delà des discours, la réalité s'impose : Sarkozy n'est ni « libéral », ni « étatiste » : il gère au mieux des intérêts des grands actionnaires, de ses amis, Bouygues, Bolloré, Dassault, Lagardère, Rothschild, Tapie. Car les monopoles capitalistes sont aujourd'hui à l'étroit dans le cadre national ; ils n'hésitent plus à saccager notre pays pour « euro-mondialiser » leurs dividendes . C'est pourquoi Sarko peut du même engager la privatisation de la Poste, dont le grand capital espère de substantiels profits, et promettre de « nationaliser » les banques privées menacées de faillite : derrière le bavardage social-libéral, c'est le retour affiché du capitalisme monopoliste d'Etat qui privatise les bénéfices (privatisation des autoroutes) mais socialise les pertes des financiers aux frais du contribuable en « nationalisant » les « canards boîteux », à l'instar de ce qu'a fait Bush aux Etats-Unis.
Sur le fond, il n'y a pas un atome de divergence entre Sarkozy et Strauss-Kahn, l'homme « de gauche » qu'il a lui même proposé comme directeur du FMI. Ne voit-on pas le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn prôner lui aussi (Le Monde, 23/24 septembre 2008) l'étatisation des dettes privées par les Etats, la remise à plat du système monétaire mondial dans le cadre néo-libéral, tout en annonçant comme Sarkozy qu'il faudra à l'avenir serrer encore plus fort la vis des dépenses publiques (merci pour les profs, les postiers, etc.) pour réduire la dette publique (cette dette que les Etats viennent massivement d'augmenter, en pulvérisant les critères de Maastricht, pour renflouer les banquiers sans même exiger en contrepartie que les banques annulent leurs créances sur les Etats !).
En réalité, les eurocrates de l'"UMPS", de Sarkozy à Strauss-Kahn , Royal et Delanoé, sans oublier Bayrou, s'accordent pour faire payer leur crise aux salariés, aux contribuables, aux assurés sociaux et aux retraités : à ceux qui vivent des fruits de leur travail échoit la totalité du « risque » ; au grand capital cette super-sécurité sociale qui leur permet de gagner à tous coups, soit qu'ils encaissent les bénéfices de leurs spéculations, soit que la collectivité les rembourse cash en cas de pépin ! Et ces coqs en pâte du capital osent accuser les salariés d'avoir peur du « risque » !
Non seulement le peuple français n'a rien à attendre de bon de « Sarko-MEDEF » et de ses fanfaronnades, mais il a tout à craindre du « tour de vis » géant qui se prépare contre l'ensemble de la population laborieuse, y compris contre une bonne partie des couches moyennes salariées et non salariées.
source : d'après le « pôle de renaissance communiste en France »
Après avoir nié son existence même, plus personne
ne minimise l'ampleur de la crise. Il est vrai qu'avec les faillites de deux des principales banques d'affaires aux USA, des nombreuses autres qui se préparent, des centaines de milliards de
fonds douteux détenus par les banques, d'une récession aux conséquences ravageuses pour l'emploi, il est bien difficile de nier l'évidence. Du coup, le débat se déplace sur l'origine et les
causes de cette crise. À en croire les « spécialistes » de l 'économie, ceux qui défendent bec et ongle le capitalisme, l'origine
de cette crise prend sa source dans le capitalisme financier cette verrue du capitalisme industriel qui aurait la fâcheuse tendance à réaliser des profits sur le dos des producteurs de
biens et de services. Ainsi Sarkozy, enfourchant cette thèse, vient de se livrer à l'ONU à un exercice de bravoure qui mérite d'être souligné. Il se prononce pour la moralisation du
capitalisme, l'adoption de règles universelles de bonne conduite et même pour des sanctions à l'encontre des responsables. Ainsi, il y aurait un bon capitalisme et un mauvais. En
stigmatisant le capital financier, qui en tremble d'effroi, il s'agit de sauver l'idée que la seule société c'est le capitalisme tout court qui ne peut être que bon. Cela nous ramène donc à la
question centrale : « quelle est l'origine de la crise, son ampleur et comment en sortir ? ».
L'origine de la crise, qui touche au cœur même du
système - les USA -, prend sa source dans la suraccumulation de capital qui ne trouve pas d'emploi à des taux de profit jugés suffisants par les détenteurs du capital. Ce phénomène qui a
pris une ampleur inconnue jusqu'alors n'est pas dans son principe nouveau. Le capitalisme en a déjà connu, rappelons la crise de 1929 et les conséquences tragiques qui en ont découlé. Le système
bancaire n'est qu'un instrument financier du capitalisme. Rechercher les causes dans ce segment du système revient à nier que le développement même du capitalisme repose sur l'exploitation du
travail salarié et demande pour réaliser la plus-value un système de marché dans lequel le capital est lui-même est une marchandise, sinon à quoi serviraient les bourses de
cotation ? La crise est donc intrinsèque ausystème, elle est une crise du système capitaliste dans son
ensemble.
Quelle en est la profondeur ? Cette question est difficile à apprécier. Si l'on en juge par les milliers de milliards qui sont en jeu, et cela semble bien-être la partie apparente de l'iceberg, par les tensions sur les cours des matières premières, par la récession qui touche de nombreux pays dont les USA, il est possible de dire que sans nul doute nous sommes à un moment d'approfondissement de cette crise. Ce processus est à l'œuvre dans le système économique mondial depuis plusieurs décennies et prend tout à coup une telle ampleur que des économistes américains (voir le journal « Les Echos » du 25-09-2008) prédisent une décélération drastique de l'activité économique mondiale avec les conséquences humaines que l'on peut imaginer. Pourtant dans le même temps, on assiste à un développement du capitalisme dans le monde et tout particulièrement en Asie. Cette crise dans un Monde où les tensions s'exacerbent pour le contrôle des sources d'énergie, d'eau et des matières premières est porteuse de dangers d'affrontement ce d'autant que l'impérialisme assoit sa puissance sur sa capacité militaire.
Face à cette situation, deux attitudes fondamentales sont possibles. La première qui va de Strauss-Khan directeur du FMI à G. W. Bush en passant par Sarkozy consiste à faire payer la note aux salariés par des plans de rigueur extrêmes. Certes les uns et les autres peuvent se différentier sur des aspects techniques du processus, mais tous veulent se porter au secours du capitalisme. Il en est de même de ceux qui pensent qu'un simple rééquilibrage de la répartition de la plus-value serait susceptible de redonner des marges de manœuvre. La seconde, c'est la nôtre, organiser la lutte à partir des besoins des salariés pour abattre le système capitaliste lui-même et lui substituer une société socialiste de coopération des producteurs capables de répondre aux besoins de l'ensemble de l'humanité.
source : «communistes»
La spéculation est le fait d'acheter ou de vendre, en général en
bourse, une quantité de marchandise. Cela peut-être de l'immobilier, des denrées alimentaires, des matières premières et même des produits financiers. En espérant que la valeur monétaire
augmentera afin de revendre le produit avec un substantiel profit. La spéculation peut se faire dans divers secteurs économiques. Dans le cas des denrées alimentaires, cela se passe dans les
bourses de commerce. La principale pour les céréales est celle de Chicago. C'est donc un véritable casino où le « trader » parie sur le coût futur des produits alimentaires. En faisant cela, les
spéculateurs augmentent artificiellement la demande par rapport à l'offre ce qui fait littéralement gonfler les prix.
Les fonds d'investissement et les fonds de pension ne trouvant plus de profit sur le marché des actions suite à la crise boursière, se sont tournés vers le marché dit des valeurs refuges : les matières premières et les produits agricoles. Après la crise de la bourse du mois d'août, afin de sauver leur capital, les vautours de la finance se sont transformés en affameurs. Deux géants financiers Goldman-Sachs et Marc Faber écrivaient dans un courriel datant du 16 août 2007 que les prix agricoles étaient « attractifs » et conseillaient à tous leurs clients d'investir dans les denrées alimentaires.
1. La spéculation était en route. Sur la télévision d'affaires Bloomberg, l'un d'eux a même déclaré avec un cynisme sans bornes « si nous vivons une récession mondiale, cela n'affectera pas l'alimentation car les gens mangent quand même »
2. En Belgique aussi, dès l'été dernier, Geert Naels de la
firme Petercam Equities Agrivalue conseillait les gros portefeuilles de se tourner vers l'alimentaire. Depuis la production alimentaire jusque y compris la vente au consommateur. Donc y
compris les entreprises qui exercent des activités utiles dans la chaîne alimentaire comme l'entreposage, le transport, l'emballage et le financement.
Ce type d'investissement contrôle donc toute la chaîne alimentaire et peut donc fixer les prix pour leur plus grand profit, quitte à affamer les travailleurs.
Karl Marx avait déjà observé ces phénomènes au 19ème siècle lors des grandes crises agricoles qui tuaient par la faim un grand nombre de travailleurs européens, c'est donc bien un fondement du système capitaliste. Ces pratiques sont dignes des « accapareurs », car c'est une véritable manipulation qui contribue à créer une pénurie artificielle.
source : « michel collon.info »
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