La préparation du congrès de la confédération mondiale des syndicats qui se tiendra en Autriche au mois de novembre 2006 se
prépare activement. Pour preuve, les décisions prisent par le comité confédéral national de la CGT. Tout cela se fait en dehors d'une large information des syndiqués de la
CGT.
VERS UNE
ACCELERATION DE LA RECOMPOSITION SYNDICALE ET LA MARCHE EN AVANT DANS LA GLOBALISATION SYNDICALE
Sans surprise, le CCN de la CGT du 27 Septembre 2006, s’est prononcé à l’issue d’un rapide débat qui a suivi l’intervention de Bernard Thibault sur
la participation au Congrès de la nouvelle C.S.I. et l’adhésion de la CGT à cette Confédération.
A 94,2 % des voix des organisations qui composent le CCN, la grande majorité des UD et Fédérations ont fait le choix de s’inscrire dans la logique de
la doctrine sociale de l’église catholique et de l’alliance capital travail.
Seule l’UD du Cantal s’est abstenue, suivie de La Meuse, La Vienne, Le Loiret, les UD de l’Indre et du Loir et Cher ont voté contre en argumentant
politiquement sur le fond, la position de leur C.E.
La Fédération du Bois, des Sociétés d’Etudes se sont abstenues.
La Fédération de l’Agroalimentaire, la première à intervenir, a voté contre en argumentant sa position ainsi que la Fédération de la
Chimie ;
Cette décision historique, le mot n’est pas trop fort, de la CGT ne va pas manquer d’avoir des répercussions lourdes sur le paysage syndical mondial
et celui français.
Il est fort à craindre que la stratégie de la négociation, du dialogue social et du basculement vers l’institutionnalisation du syndicalisme CGT
deviennent la dominante dans toute l’activité de la CGT.
Le rêve de nombreux réformistes dans les directions de la CGT, qui dans les années 70 et au début 80, espéraient obtenir un rapprochement fusion avec
la CFDT, est devenu concret depuis le 27 Septembre 2006. Le sens et l’orientation en avaient été fixés au 48ème Congrès de Lille, 27 ans après la tentative avortée du 40ème Congrès de la CGT à
Grenoble.
Après une heure et demi d’une succession d’interventions bien managée comme le 3 Février 2005 durant le CCN sur la Constitution Européenne, les plus
importantes Fédérations, PTT, Métallurgie, Santé rejointes par l’URIF, l’Aquitaine, les UD de la région parisienne se sont évertuées à montrer que malgré les questionnements posés dans leur
organisation, ils avaient décidé, à l’écrasante majorité de leurs organisations, de voter pour.
Après avoir connu dans les Congrès de la CGT, des intervenants appelant à refuser l’instrumentalisation des débats par des professionnels de la
politique, un CCN où la Coordination du Bureau Confédéral de la CGT a pris la responsabilité de diffuser des articles de presse à l’entrée de la séance du CCN du 4 Février 2005 le matin,
c’est cette fois le Secrétaire Général de l’UD de la Saône et Loire qui n’a pas hésité dans cette matinée du 27 Septembre 2006 à s’attaquer violemment dans les propos « aux manœuvres et
pressions de ces militants du Parti des Travailleurs sur la CGT ».
Cet argument massue qui confirme la fébrilité de nombreux dirigeants à débattre, va à nouveau fonctionner et conduire les plus hésitants à tout faire
pour ne pas être classé dans le camp trotskiste.
Cette curieuse pratique des débats montre également comment par l’aveuglement et l’alignement derrière les directions, on peut en être amené à
promotionner les organisations de l’extrême Gauche dans les réunions de la CGT.
A l’issue de ce débat, le Secrétaire Général de la CGT est à nouveau intervenu pour répondre aux arguments avancés en débutant son intervention par
une attaque en règle contre le Secrétaire Général de la Fédération CGT de l’Agro Alimentaire qualifiant sa position de caricature de la CGT et l’accusant de donner des contrevérités tant qu’aux
textes sur la constitution de la nouvelle CSI.
Pour répondre à l’intervention de l’UD CGT du Loir et Cher, il indique qu’il n’y a pas eu de délégation de la CGT mais a confirmé qu’un observateur
de la CGT était présent à La Havane au Congrès de la FSM dont les travaux confirmeraient selon Bernard Thibault ce que la CGT avait exprimé en 1995. (Il aura fallu neuf mois pour apprendre
officiellement dans la CGT, cette info dont personne n’avait eu connaissance… !).
Ce CCN confirme la transformation complète des modes de vie et de la culture du débat dans la CGT. Il n’est plus question d’échanger argument contre
argument et d’élever une position du plus haut niveau de classe possible mais bien de pilonner des positions pour obtenir l’alignement des organisations et dirigeants sur des objectifs déjà
quasiment arrêtés.
De nombreuses organisations sont intervenues pour additionner toutes les réserves qui avaient été formulées dans les débats rejoignant ceux qui se
sont abstenus ou ont voté contre mais pour au final voter pour.
La crainte d’être marqué comme opposant à la ligne du Bureau Confédéral en livrant sa propre réflexion, celles de ses organisations, a dominé sur les
nombreux positionnements émettant doutes et réserves tant qu’au processus engagé.
Il est certain que cette décision ne va pas manquer d’accélérer la recomposition syndicale et d’importants bouleversements de responsabilités dans la
CGT. La course aux places est déjà engagée et de nombreux réseaux et formations sont déjà entrés en position pour préparer les successions en préparation dans l’appareil confédéral de la
CGT.
La CGT ne manquera pas d’être intégrée au plus haut de cette C.S.I…. !
L’absence de débat d’idées, de confrontation des approches qui perdurent au plan confédéral, risque fort de devenir une culture, un nouveau concept
de la vie syndicale pour toute la CGT et d’un retour aux étiquetages et mises à l’écart de celles et ceux qui refusent d’entrer dans un mode de pensées syndical unique.
L’enjeu à relever maintenant pour les militants attachés aux valeurs fondatrices de la CGT et à ses caractères, est bien de procéder à la
reconstruction dans les entreprises, localités et départements, d’une CGT qui combat, construit, agit et décide en toute indépendance à partir d’une analyse, d’une stratégie et d’un
positionnement de classe.
L’expérience ne tardera pas à ouvrir un débat de fond dans toute la CGT, sur ce que mettra en œuvre la C.S.I., comment se comporte la F.S.M. et se
positionne la CGT. Tout reste ouvert après ce CCN à condition de donner aux adhérents de la CGT toutes les clés des débats et informations qui leur permettent de décider en toute connaissance de
cause.
votre point de vue